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Les télévisions françaises saisissent Bruxelles pour lever l’interdiction des publicités promotionnelles de la grande distribution

Par Aimé Kaniki Publié le 07 Juil 2026 à 19h37 3 min de lecture
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Les télévisions françaises saisissent Bruxelles pour lever l’interdiction des publicités promotionnelles de la grande distribution
Les télévisions françaises saisissent Bruxelles pour lever l'interdiction des publicités promotionnelles de la grande distribution

Les groupes audiovisuels français passent à l’offensive. Réunis au sein de l’ADMTV, les régies publicitaires de la télévision ont annoncé le dépôt d’une plainte auprès de la Commission européenne afin de contester l’interdiction, propre à la France, de diffuser à la télévision des publicités portant sur des promotions temporaires de la grande distribution. Une règle héritée de 1992 que le secteur juge désormais obsolète.

Cette initiative intervient quelques mois après « l’affaire Lidl », qui avait remis le sujet sur le devant de la scène. Le distributeur avait renoncé à communiquer à la télévision après avoir été condamné pour avoir fait la promotion d’offres commerciales limitées dans le temps, en violation de la réglementation française.

Une règle jugée dépassée face à la concurrence du numérique

À l’origine, cette interdiction visait à protéger les revenus publicitaires de la presse écrite et de la radio. Plus de trente ans plus tard, les chaînes estiment que cet objectif n’a plus lieu d’être. « Cette interdiction n’a plus de raison d’être », affirme le président de l’ADMTV, François Pellissier, qui considère qu’elle prive les télévisions d’une ressource essentielle au profit des plateformes numériques et des réseaux sociaux.

La démarche est soutenue par plusieurs organisations de la filière audiovisuelle, parmi lesquelles la SACD, LaScam, l’USPA, AnimFrance et le SPI.

Un enjeu économique majeur pour les chaînes

L’ADMTV souligne que le marché publicitaire a profondément évolué. En 2025, les investissements publicitaires numériques ont atteint 12,4 milliards d’euros en France, en hausse de 11 %, dont plus de 9,4 milliards d’euros captés par les grandes plateformes comme Google, Meta ou TikTok. Dans le même temps, les recettes publicitaires nettes de la télévision ont reculé de 8,1 %, à 3,24 milliards d’euros.

Selon les télévisions, les investissements de la grande distribution ne se sont pas reportés vers les médias que la réglementation était censée protéger, mais vers les plateformes numériques. Résultat : un affaiblissement du financement de l’audiovisuel français sans bénéfice pour la presse ou la radio.

Jusqu’à 200 millions d’euros supplémentaires par an

Les chaînes estiment que la levée de cette interdiction pourrait générer entre 150 et 200 millions d’euros de recettes publicitaires supplémentaires chaque année. Selon l’ADMTV, ces ressources permettraient de financer une centaine d’heures de fictions, de documentaires ou de programmes d’animation, tout en contribuant au maintien de 4.000 à 5.000 emplois directs et indirects dans la filière audiovisuelle.

Parallèlement à la procédure engagée devant la Commission européenne, les télévisions demandent également au gouvernement français de modifier rapidement le décret par voie réglementaire. La décision appartient désormais au ministère de la Culture et à Bercy, tandis que Bruxelles devra se prononcer sur la compatibilité de cette réglementation française avec le droit européen.

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Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

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