La DH, Sudinfo, La Libre, LN24 et RTL portent plainte contre la RTBF
Cinq médias francophones belges ont annoncé une plainte commune devant le Conseil de déontologie journalistique contre la RTBF. Ils reprochent au groupe audiovisuel public d’avoir associé plusieurs de leurs journalistes au Mouvement réformateur dans un sketch diffusé lors de sa conférence de rentrée.
La polémique est née mercredi 26 août 2026, pendant la présentation de la nouvelle grille de la RTBF. L’humoriste Pierre Scheurette y a dévoilé un montage réunissant « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux », récemment nommé directeur de l’Information et des Sports du groupe public.
Ce tableau faisait référence à la contestation de cette nomination par le Mouvement réformateur. Plusieurs journalistes travaillant pour des médias concurrents de la RTBF apparaissaient cependant parmi les personnalités présentées, aux côtés de responsables politiques et de figures particulièrement controversées.
Des journalistes assimilés au MR
Le montage comprenait notamment les journalistes de RTL Martin Buxant et Michael Miraglia, l’ancien directeur de l’information Laurent Haulotte, le rédacteur en chef de « La Libre » Dorian de Meeûs et le directeur de l’antenne et des programmes de LN24, Thibaut Roland.
Des représentants de Sudinfo et de « La Dernière Heure » figuraient également dans la sélection. Leurs rédactions estiment que cette présentation pouvait les faire apparaître comme des soutiens du MR et remettre en question leur indépendance journalistique.
Un montage aux associations très controversées
La sélection réunissait parallèlement Georges-Louis Bouchez, plusieurs responsables libéraux, mais aussi Vladimir Poutine, Vincent Bolloré, Pascal Praud, Gianni Infantino ou encore Xavier Dupont de Ligonnès. Ce mélange de personnalités sans liens directs entre elles a renforcé le sentiment d’amalgame dénoncé par les médias concernés.
La DH, Sudinfo, La Libre, LN24 et RTL ont donc décidé de saisir le Conseil de déontologie journalistique. Cette instance d’autorégulation devra déterminer si la séquence a enfreint les règles déontologiques, notamment en matière d’identification, d’indépendance et de respect des confrères.
La RTBF reconnaît un trait d’humour maladroit
La RTBF assure que cette séquence de quelques minutes devait uniquement être comprise comme un trait d’humour au sein d’une conférence de presse de près d’une heure et demie. Sa porte-parole, Isabelle Bastaits, affirme qu’aucune volonté de nuire aux journalistes représentés n’animait la chaîne publique.
Le groupe reconnaît néanmoins que certains professionnels ont pu se sentir injustement associés à une orientation politique. Thomas Gadisseux doit rencontrer les rédacteurs en chef des médias concernés afin d’apaiser les relations, tandis que le CDJ devra désormais examiner la recevabilité et le fond de la plainte.
La rédaction
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