New York Times contre OpenAI : un cadre de Microsoft dénonce la copie de millions d’articles
La bataille judiciaire entre le New York Times, OpenAI et Microsoft prend une nouvelle dimension après la publication de documents internes versés au dossier. Dans un message communiqué à la justice américaine, Brent Hecht, directeur des sciences appliquées de Microsoft, a qualifié la copie de millions d’articles du quotidien utilisée pour développer les modèles d’intelligence artificielle de « vol stupéfiant de proportions sans précédent ». Le document a été produit dans le cadre de la procédure engagée fin 2023 par le New York Times pour violation présumée de ses droits d’auteur.
Les pièces judiciaires comprennent également des échanges internes portant sur les conséquences de l’intelligence artificielle générative pour les médias. Un responsable de ChatGPT estimait notamment que ces nouveaux outils pouvaient représenter une menace majeure pour les éditeurs, en permettant aux utilisateurs d’obtenir directement des informations sans consulter les sites qui les produisent. Depuis le début de la procédure, plusieurs écrivains et groupes de médias ont rejoint les actions engagées devant la justice fédérale à Manhattan.
Microsoft prend ses distances avec les propos de son cadre
Microsoft a toutefois contesté l’interprétation donnée à ces échanges. Un porte-parole du groupe a indiqué que les propos de Brent Hecht relevaient de son point de vue personnel et ne constituaient pas la position officielle de l’entreprise. Microsoft entretient pourtant depuis plusieurs années un partenariat étroit avec OpenAI. Le groupe américain est devenu dès 2019 l’un de ses principaux investisseurs et lui fournit notamment des capacités informatiques utilisées pour développer ses modèles d’intelligence artificielle. Microsoft intègre également les technologies d’OpenAI dans plusieurs de ses produits.
Au cœur du litige se trouve la question de l’utilisation des contenus protégés par le droit d’auteur pour entraîner les modèles d’IA. OpenAI et Microsoft estiment que cette pratique peut relever du « fair use », le régime américain d’usage loyal qui autorise certaines utilisations d’œuvres protégées sans l’accord préalable de leurs auteurs. Les deux entreprises soutiennent également que l’entraînement des modèles transforme les contenus utilisés. Le New York Times conteste cette analyse et réclame que l’utilisation de ses articles soit soumise aux règles applicables à la propriété intellectuelle.




