Sacem Play : Deezer et la Sacem veulent simplifier la musique d’ambiance dans les commerces indépendants
La Sacem et Deezer renforcent leur collaboration avec le lancement de Sacem Play, une nouvelle solution de diffusion musicale destinée aux commerces indépendants. Prévue pour être progressivement déployée d’ici au début de l’année 2027, elle combinera la relation commerciale de la Sacem avec les professionnels et la technologie, le catalogue et l’expertise éditoriale de Deezer.
Sacem Play doit permettre aux boutiques, restaurants et autres commerces de disposer d’une programmation musicale adaptée à leur activité, avec un parcours présenté comme plus simple à activer et à utiliser. L’offre sera commercialisée sous la marque Sacem, tandis que Deezer fournira l’infrastructure musicale. Elle ne remplace pas Deezer for Professionals, qui reste la solution privilégiée pour les entreprises disposant notamment de plusieurs zones de diffusion.
Deezer développe de plus en plus son activité B2B
Le projet s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs mois par Deezer. En mars 2026, la plateforme a regroupé ses offres professionnelles au sein de « Deezer for Business », avec cinq activités : partenariats, Music as a Service, publicité, musique pour les espaces professionnels et détection de contenus générés par intelligence artificielle. Deezer for Professionals vise spécifiquement les entreprises souhaitant utiliser la musique comme une composante de leur expérience client.
La plateforme avait déjà commencé à travailler avec des enseignes comme UGC, Converse ou Dunkin’ pour fournir une programmation musicale dans des cinémas, boutiques ou espaces commerciaux. L’objectif est de proposer un catalogue licencié et des playlists éditorialisées sans obliger chaque entreprise à construire elle-même sa solution musicale.
Des données de diffusion plus précises pour les auteurs
Pour la Sacem, l’intérêt de Sacem Play est aussi lié à la gestion des droits. Les données produites par le service permettront de connaître plus précisément les titres réellement diffusés dans les commerces partenaires. Jean-Félix Choukroun, directeur marketing, relation client, digital et grands comptes de la Sacem, explique que ces informations doivent permettre d’améliorer la répartition des droits aux créateurs.
Le sujet est important pour la société de gestion collective. La diffusion de musique dans un commerce nécessite une autorisation au titre du droit de représentation, et la Sacem applique déjà des règles spécifiques aux magasins et commerces de détail. Son rapport annuel 2024 indiquait par ailleurs que 84 % des droits étaient alors répartis sur la base de données précises plutôt que par analogie ou sondage, un taux que l’organisation cherche à améliorer avec la collecte de nouvelles données numériques.
Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Deezer et la Sacem
Sacem Play n’est pas la première collaboration entre les deux entreprises. Elles ont déjà travaillé sur un modèle de rémunération « Artist Centric », destiné à mieux valoriser certains artistes et à limiter le poids des contenus frauduleux ou artificiels. La Sacem utilise également la technologie développée par Deezer pour identifier les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle.
Pour Deezer, cette diversification intervient alors que l’entreprise cherche à faire croître ses revenus au-delà des abonnements grand public. Le groupe a atteint la rentabilité en 2025 avec un chiffre d’affaires de 534 millions d’euros et cite désormais Deezer for Professionals parmi ses nouveaux relais de croissance.
Un marché discret mais stratégique
La musique diffusée dans un magasin, un restaurant ou un hôtel reste un marché moins visible que celui du streaming destiné au grand public, mais il représente un usage professionnel récurrent. Les enseignes cherchent de plus en plus à adapter leur ambiance sonore à leur identité, tandis que les détenteurs de droits veulent disposer de données plus précises sur les œuvres réellement jouées.
Avec Sacem Play, la Sacem et Deezer cherchent donc à réunir dans une même offre la diffusion, l’éditorialisation et une meilleure traçabilité des titres. Le lancement progressif prévu d’ici début 2027 permettra de mesurer si cette formule peut séduire les milliers de petits commerces qui n’ont ni les moyens ni le besoin d’une solution musicale complexe.




