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Presse régionale

Le SNJ signe un accord salarial, une première depuis quinze ans dans la presse quotidienne régionale

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Le SNJ signe un accord salarial, une première depuis quinze ans dans la presse quotidienne régionale
Le SNJ signe un accord salarial, une première depuis quinze ans dans la presse quotidienne régionale

Le Syndicat national des journalistes a signé cet été un nouvel accord salarial dans la presse quotidienne régionale. Entré en vigueur le 1er septembre, le texte revalorise surtout les plus bas niveaux de la grille conventionnelle, devenus inférieurs au SMIC. Un accord de branche de cette nature n’avait plus été conclu depuis environ quinze ans.

Les négociations avaient débuté en avril dans un contexte devenu difficile à maintenir pour la branche. Avec la revalorisation du SMIC au 1er juin à 1 867,02 euros brut, plusieurs coefficients de la grille des journalistes de PQR, notamment les indices 95, 100 et 107, se retrouvaient dépassés par le salaire minimum légal. Le nouvel accord vise donc d’abord à remettre ces premiers niveaux en cohérence avec la réalité salariale.

Le compromis reste toutefois limité. Les représentants des employeurs n’ont pas souhaité étendre les augmentations au-delà du coefficient 120. Le SNJ avait pourtant demandé une revalorisation plus large, notamment pour les coefficients compris entre 120 et 160, eux aussi affectés par l’inflation et l’augmentation du coût de la vie.

Un accord surtout symbolique pour la branche

Dans de nombreuses entreprises de presse quotidienne régionale, les salaires réels sont déjà supérieurs aux minima conventionnels. L’effet direct du nouvel accord sur les rémunérations devrait donc rester limité pour une partie importante des journalistes.

Le SNJ considère néanmoins cette signature comme un signal adressé aux employeurs. Le syndicat estime que les minima de branche ne peuvent pas continuer à se rapprocher mécaniquement du SMIC sans réaction collective. Il appelle désormais les rédactions à utiliser cet accord comme point d’appui lors des négociations salariales menées au niveau de chaque entreprise.

Les classifications doivent désormais être revues

La signature du SNJ était également liée à l’engagement des organisations patronales d’ouvrir une négociation sur les classifications. L’actuelle grille doit notamment être adaptée à l’évolution des métiers et intégrer davantage les fonctions apparues avec le développement du numérique dans les rédactions.

Ce chantier pourrait être important pour la PQR, où les métiers de journaliste se sont fortement diversifiés : vidéo, réseaux sociaux, data, édition numérique ou encore production multimédia font désormais partie du fonctionnement quotidien de nombreuses rédactions sans toujours disposer d’une reconnaissance précise dans les classifications historiques.

Toujours pas d’accord sur le tarif des piges

Un autre dossier reste en revanche bloqué : celui des journalistes pigistes. Les négociations n’ont pas permis d’aboutir à un barème commun au feuillet. Les employeurs auraient proposé un montant maximal de 52 euros le feuillet, niveau que le SNJ juge insuffisant et qui serait, selon le syndicat, le plus faible parmi les différentes formes de presse.

Le SNJ proposait de son côté une progression par étapes permettant d’atteindre 60 euros le feuillet sur plusieurs années. Cette proposition n’a pas été retenue. Le syndicat regrette également de ne pas avoir obtenu de données précises sur les montants actuellement pratiqués par les différents éditeurs de PQR.

L’accord entré en vigueur le 1er septembre ne règle donc pas l’ensemble des questions salariales du secteur. Mais après quinze années sans compromis comparable à l’échelle de la branche, sa signature marque une reprise du dialogue sur les rémunérations. Les prochaines discussions sur les classifications et les piges permettront de mesurer si cette première avancée ouvre réellement une nouvelle séquence sociale dans la presse quotidienne régionale.

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