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Arnaud Dal-Mas : « À Medi1, j’ai une liberté de création qui n’est pas négligeable »

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Arnaud Dal-Mas : « À Medi1, j’ai une liberté de création qui n’est pas négligeable »
Arnaud Dal-Mas : « À Medi1, j’ai une liberté de création qui n’est pas négligeable »

Installé au Maroc depuis janvier 2025, Arnaud Dal-Mas, 25 ans, alterne entre les rédactions de Medi1 Radio et de Medi1 TV, où il intervient dans la matinale présentée par Rachid M’Barki. Du journalisme sportif à ses décryptages sur l’Asie, il revient pour TVMag.info sur son parcours, ses premiers reportages et les opportunités qui l’ont conduit à Tanger.

Aimé Kaniki: Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir journaliste ?

Arnaud Dal-Mas: Au départ, je voulais faire du journalisme sportif. Je ne viens pas d’une famille qui connaît ce milieu, mais j’étais très fan de football. J’avais ce rituel de regarder le Canal Football Club avec mes parents le dimanche, ou Téléfoot le matin. J’aimais aussi la liberté que semblait offrir ce métier : parler de l’actualité, découvrir des sujets très différents, pouvoir passer du sport à la géopolitique. J’ai intégré une école de journalisme directement après le bac. Un professeur nous avait expliqué que nous étions nombreux à vouloir travailler dans le sport, mais qu’avant d’être journaliste sportif, il fallait apprendre à être journaliste. Cette remarque m’a marqué. Quelques mois après mon arrivée à l’école, il y a eu le confinement. Je me suis rendu compte que mes connaissances en football étaient plutôt bonnes, mais que je me sentais plus limité sur d’autres sujets. J’ai beaucoup lu pendant cette période. Paradoxalement, elle n’a pas été uniquement négative pour moi : elle m’a permis de me cultiver et d’élargir mes centres d’intérêt.

Comment l’opportunité de rejoindre Medi1 au Maroc s’est-elle présentée ?

Par une offre publiée sur LinkedIn et relayée par mon école. J’avais déjà connu différentes expériences, notamment dans le web et la création de contenu, mais je voulais vraiment lancer ma carrière. Jusque-là, j’avais surtout eu des contrats d’alternance et des stages. Se faire une place dans ce métier n’est pas simple. Ma famille ne m’a jamais freiné dans cette ambition, mais elle m’avait prévenu : nous n’avions pas de réseau et il faudrait beaucoup travailler. J’avais aussi envie de prendre mon indépendance et de montrer que je pouvais réussir. Je ne connaissais pas le Maroc et je n’y étais jamais allé. Si vous m’aviez demandé auparavant où je souhaitais travailler à l’étranger, j’aurais plutôt répondu l’Italie, mon pays d’origine, ou l’Asie, sur laquelle j’avais déjà beaucoup travaillé. Mais le projet de Medi1, le contact avec l’équipe et la manière dont le recrutement s’est déroulé m’ont plu. Je me suis dit : pourquoi pas.

Qu’avez-vous trouvé à Medi1 qui vous a donné envie de rester ?

La possibilité d’acquérir beaucoup d’expérience. On peut travailler à la radio et, dans certains cas comme le mien, faire aussi de la télévision. Il y a des opportunités et des parcours très différents : certains restent un an, d’autres dix ans. Ce qui m’a plu, c’est aussi de me dire que je pouvais essayer sans avoir à décider immédiatement de toute la suite de ma vie. Je pouvais rester trois mois, six mois, un an, et revenir en France si cette expérience ne me convenait pas. Cette liberté correspond assez bien à mon caractère. Trois mois avant de venir au Maroc, je n’aurais jamais imaginé y travailler. Finalement, je suis là depuis plus d’un an et demi et je m’y plais.

Comment avez-vous commencé à intervenir dans la matinale de Medi1 TV avec Rachid M’Barki ?

Je continue également à travailler pour Medi1 Radio : j’alterne entre les deux rédactions, à la radio et à la télévision. On m’a proposé, vers la fin du mois de mai ou le début du mois de juin, de tenir une chronique hebdomadaire. Rachid M’Barki souhaitait faire intervenir des journalistes de la rédaction francophone dans la matinale, pour alimenter la rubrique « L’Autre regard ». Ma responsable a pensé que mon intérêt pour l’Asie pouvait apporter quelque chose à cette rubrique. Ce n’était donc pas une idée que j’avais proposée moi-même au départ, mais je l’ai trouvée bonne. J’avais auparavant travaillé pour des magazines français consacrés au Japon et à la Corée du Sud. J’avais réalisé des piges et couvert des événements liés à ces pays à Paris. Ces expériences figuraient sur mon CV, et elles ont contribué à cette proposition.

D’où vient cet intérêt pour l’Asie et comment nourrit-il vos chroniques ?

Pendant le Covid, j’ai beaucoup lu sur le Japon. Nous avions des livres à la maison et mon père avait eu l’occasion de s’y rendre. De fil en aiguille, je me suis intéressé à cette partie du monde, puis j’ai collaboré avec des magazines qui m’ont permis d’approfondir ces sujets. Je ne suis pourtant encore jamais allé en Asie. Mon intérêt s’est construit à travers les lectures, le travail journalistique et les événements que j’ai couverts. Dans mes chroniques, je m’intéresse surtout aux dimensions géopolitiques, historiques et culturelles. Il faut aussi faire attention à ne pas parler de l’Asie comme d’un ensemble uniforme : la Chine et le Japon, par exemple, sont deux univers différents.

Quel reportage vous a le plus marqué depuis votre arrivée au Maroc ?

Au début de l’année 2026, j’ai été envoyé à Ksar El Kébir pour couvrir les importantes inondations qui avaient touché le Maroc. La ville avait été évacuée. Je suis parti avec une équipe de la rédaction arabophone et j’étais le seul journaliste francophone de cette équipe. Nous avons travaillé dans des conditions difficiles, au plus près de ce que vivaient les habitants. Cela a été très formateur, autant pour ma vision du journalisme que sur le plan personnel. J’intervenais régulièrement en direct dans les différentes tranches de la journée. Je me souviens de choses très simples qui prenaient soudain une importance énorme. À Larache, j’avais acheté un savon avec quelques dirhams : à ce moment-là, c’était presque un luxe. En rentrant chez moi, prendre une douche chaude m’a paru extraordinaire. Ce reportage m’a vraiment marqué parce qu’il nous plaçait au contact direct de la réalité.

Vous évoquez également votre entretien avec Boualem Sansal comme un moment important. Pourquoi ?

C’était l’aboutissement d’un travail de plusieurs mois. Pendant sa détention, j’avais régulièrement travaillé sur son dossier et interrogé des membres de son comité de soutien. Des liens professionnels s’étaient créés. Arnaud Benedetti m’a finalement transmis son numéro. Cette marque de confiance m’a beaucoup touché. Mais avoir le numéro ne suffisait pas : il a fallu réussir à le joindre, puis trouver le bon moment. Entre mon départ en reportage et mes vacances, la préparation s’est étalée dans le temps. Un détail a aussi facilité le contact : il donnait une conférence dans ma ville natale, dans le Sud-Ouest, et mes grands-parents m’en avaient parlé. Cela a permis de créer un échange plus chaleureux. Pour moi, qui accorde aujourd’hui beaucoup de place aux livres et qui avais été touché par son emprisonnement pour ses écrits et ses idées, cet entretien représentait quelque chose de fort. Après l’avoir écouté, ma responsable m’a parlé d’une « très belle complicité intellectuelle » entre nous. C’est un compliment qui m’a particulièrement marqué.

Avez-vous un objectif précis pour la suite de votre carrière ?

J’ai beaucoup d’envies, mais je ne veux pas me fixer un parcours trop rigide. Lors de ma première alternance dans un magazine de musique, un collègue, devenu depuis un ami, m’avait expliqué qu’il préférait construire aujourd’hui pour voir où cela le mènerait demain. J’ai trouvé cette idée très juste. Je fonctionne un peu comme cela. Je me lève avec des idées, j’essaie de les mettre en place et je regarde ce qu’elles donnent. Si cela marche, tant mieux. Sinon, j’adapte ou je passe à autre chose. Bien sûr, interviewer un président ou un dirigeant serait extraordinaire. Mais j’ai surtout envie de voir jusqu’où je peux aller, sans prétendre savoir aujourd’hui où cela me mènera.

Un retour dans une rédaction française reste-t-il envisageable ?

Tout à fait, mais cela dépendrait de l’opportunité. À Medi1, j’ai une liberté dans ma création de contenu qui n’est pas négligeable. Je n’ai pas envie de revenir en France si c’est pour avoir le sentiment de rétrograder. Il pourrait aussi y avoir des raisons personnelles ou familiales qui me donnent envie de rentrer. Je ne ferme aucune porte. Une proposition qui me plaît peut changer les choses, mais je souhaite tenir compte de ce que j’ai aujourd’hui et de la liberté dont je bénéficie.

Propos recueillis par Aimé Kaniki

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