Charles Alloncle débouté face à Paris Match et condamné à verser 1 500 euros
Le député UDR Charles Alloncle a été débouté de son action contre Paris Match après la publication, au mois de mai, de photographies le montrant avec sa collaboratrice parlementaire Shéhérazade Khandani. Le juge des référés a estimé que l’article contribuait à un débat d’intérêt général sur la probité de l’élu. Charles Alloncle devra verser 1 500 euros au magazine.
L’affaire avait débuté le 21 mai dernier. Paris Match avait publié des photographies de Charles Alloncle en compagnie de Shéhérazade Khandani, alors présentée comme sa « compagne ». L’hebdomadaire avait ensuite remplacé ce terme par « amie ». Or, cette dernière figure parmi les collaborateurs parlementaires du député de l’Hérault, ce qui avait rapidement suscité des interrogations au regard des règles encadrant l’emploi des proches par les parlementaires.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait alors saisi le déontologue du Palais-Bourbon. Charles Alloncle avait de son côté contesté tout concubinage avec sa collaboratrice et dénoncé des « photos volées », estimant que leur publication constituait une atteinte à sa vie privée.
Le déontologue avait écarté tout manquement
Quelques jours plus tard, le déontologue de l’Assemblée nationale avait conclu à l’absence de manquement aux obligations du député et de sa collaboratrice. Selon les informations alors publiées, les deux intéressés n’étaient liés ni par un mariage, ni par un Pacs, ni par une situation de concubinage au sens des règles applicables aux collaborateurs parlementaires.
Cette conclusion n’avait toutefois pas mis fin au volet judiciaire concernant la publication des photographies. Charles Alloncle avait engagé une procédure contre Paris Match pour atteinte à sa vie privée.
La justice retient l’intérêt général de l’article
Dans sa décision, le juge des référés a retenu que les informations publiées participaient à un débat dépassant la seule curiosité autour de la vie privée du député. Selon les éléments rapportés, le tribunal a considéré que la publication avait contribué à un débat d’intérêt général relatif à la probité d’un élu.
Le magistrat a notamment relevé que la publication avait conduit la présidente de l’Assemblée nationale à saisir le déontologue. Dans ces conditions, le tribunal n’a pas retenu l’argument selon lequel l’article aurait eu pour seul objectif de satisfaire la curiosité du public.
Charles Alloncle a donc été débouté et condamné à verser 1 500 euros à Paris Match. Cette décision intervient plusieurs mois après une séquence très médiatisée autour du député, alors rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à la neutralité, au fonctionnement et au financement de l’audiovisuel public.
Une affaire née en pleine exposition médiatique
Charles Alloncle avait acquis une forte visibilité au printemps 2026 grâce à ses travaux sur l’audiovisuel public. Cette exposition avait placé le député UDR au cœur de nombreux débats médiatiques, avant que la publication de Paris Match n’ouvre un nouveau front, cette fois autour de sa vie privée et des règles déontologiques applicables aux élus.
Le jugement ne remet pas en cause la conclusion du déontologue de l’Assemblée concernant sa situation avec Shéhérazade Khandani. Il tranche en revanche le conflit opposant le député au magazine sur la légitimité de la publication des photographies : pour le juge, l’enjeu d’intérêt général justifiait que l’information puisse être portée à la connaissance du public.




