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Vincent Dedienne dans « À la régulière » : « Au cinéma, c’est vraiment l’art de la frustration »

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Vincent Dedienne dans « À la régulière » : « Au cinéma, c’est vraiment l’art de la frustration »
Vincent Dedienne dans « À la régulière » : « Au cinéma, c’est vraiment l’art de la frustration »

Invité de Mehdi Maïzi dans « À la régulière » sur France Inter, Vincent Dedienne est revenu sur son rapport au théâtre, au cinéma et à la comédie, alors qu’il interprète Figaro dans une mise en scène de Beaumarchais. Le comédien évoque aussi ses nouveaux projets, son goût pour les rôles inattendus et la préparation de la 52e cérémonie des César.

Vincent Dedienne ne cache pas son goût pour l’exigence du théâtre. Jouer une pièce de plus de deux heures, parfois deux fois dans la même journée, ne l’effraie pas : c’est même cette difficulté qui lui rappelle qu’il exerce un véritable métier. « Moi, ce métier, c’est une telle passion et un tel plaisir que chaque fois que ça se transforme, que ça ressemble un peu à un travail […] j’adore », explique-t-il. Pour lui, le principal défi de la pièce repose sur son rythme, qui oblige toute la troupe à fonctionner presque comme un ensemble musical, sans qu’un acteur puisse ralentir les autres.

Cette recherche du rythme s’accompagne d’un important travail de répétition. La troupe a bénéficié de onze semaines pour préparer le spectacle, une durée que Vincent Dedienne considère désormais comme un luxe. Il défend d’ailleurs cette méthode au-delà du théâtre. « Le secret du travail au théâtre, c’est la répétition, c’est le fait de chercher, de se planter, de revenir 45 fois sur la même phrase », raconte-t-il, regrettant que cette pratique soit beaucoup plus rare au cinéma. Selon lui, répéter ne détruit pas nécessairement la spontanéité : cela peut au contraire permettre d’aller plus loin dans le jeu.

Théâtre et cinéma, deux frustrations très différentes

Sur scène, Vincent Dedienne apprécie la possibilité de reprendre son travail soir après soir. Il reconnaît que le théâtre impose une forme de vérité immédiate puisqu’il n’existe pas de seconde prise, mais souligne aussi qu’un acteur peut corriger ce qui ne lui convient pas le lendemain. À l’inverse, il voit dans le cinéma une pratique beaucoup plus définitive. « Au cinéma, je trouve que c’est vraiment l’art de la frustration », résume-t-il. Il raconte notamment avoir tourné avec Isabelle Huppert et avoir constaté que même une actrice de cette expérience pouvait quitter une scène en pensant qu’elle aurait pu faire mieux.

Cette saison, Vincent Dedienne retrouve justement les planches dans le rôle de Figaro, personnage qu’il connaissait finalement assez peu avant d’accepter le projet. « Pour moi, Figaro, c’était un journal de droite et le chat de Pinocchio », plaisante-t-il. En travaillant le texte, il a toutefois compris pourquoi certains imaginaient naturellement ce rôle pour lui : Figaro est insolent, spirituel, ironique et utilise les mots pour se sortir de situations délicates. L’acteur relève également un point plus intime : comme le personnage de Beaumarchais, il a lui-même été abandonné à la naissance.

De Canal+ aux César, le refus de rester dans une case

Vincent Dedienne revendique surtout une grande liberté dans ses choix. Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de Saint-Étienne, il rappelle avoir commencé par le théâtre classique avant d’être largement identifié grâce à ses chroniques humoristiques sur Canal+ puis « Quotidien ». Ce parcours lui a parfois valu d’être regardé avec méfiance lorsqu’il est revenu sur scène. Il raconte ainsi que Jacques Weber lui avait avoué être venu voir l’un de ses spectacles avec des réserves sur « un chroniqueur qui s’attaque à Marivaux », avant d’être finalement surpris par son travail.

Le comédien continue parallèlement à multiplier les expériences. Il évoque « L’Espèce explosive », dans lequel il joue un gendarme qu’il décrit comme très éloigné de lui, après avoir initialement envisagé de refuser le rôle. Il prépare également la 52e cérémonie des César, dont il a déjà commencé à imaginer le ton. L’exercice l’impressionne d’autant plus qu’il doit succéder à Benjamin Lavernhe, qu’il juge excellent lors de l’édition précédente. « J’ai commencé. Je suis au début, mais j’ai commencé. Je réfléchis. Je vais me promener et puis je réfléchis pour l’instant », confie-t-il. Une nouvelle étape pour celui qui assure se considérer toujours, malgré ses passages par l’humour, la télévision, la chanson ou la présentation, comme un comédien avant tout.

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