Pierre Ménès : entre minimisation, règlements de comptes et attaques contre Marie Portolano
Invité par Public, Pierre Ménès voulait parler de sa carrière, de Canal+, de sa nouvelle vie et de ses ennuis judiciaires. Mais l’entretien du 9 octobre 2026 laisse surtout l’image d’un homme qui règle ses comptes avec son ancien univers professionnel et qui, lorsqu’il aborde les accusations de Marie Portolano, oscille entre déni, relativisation et attaques personnelles. Une séquence d’autant plus sensible que l’ancien consultant de Canal+ doit comparaître le 16 novembre à Nanterre dans une procédure distincte portant sur les faits dénoncés par la journaliste.
Pierre Ménès commence pourtant par assurer qu’il ne souhaite pas revenir à la télévision et qu’il mène désormais une vie plus calme à La Baule. Mais dès que Canal+ est évoqué, le discours se durcit considérablement. Il affirme ne plus regarder le « Canal Football Club », estime que l’émission « n’apporte rien » et juge ses audiences inquiétantes. Interrogé sur un éventuel retour sur le plateau, il répond : « Retrouver les tronches de tous les mecs qui m’ont laissé tomber, mais plutôt crever. Jamais, jamais. » Il assure ne plus être rancunier tout en dénonçant quelques secondes plus tard « la lâcheté » et « l’indifférence » de ses anciens collègues. Difficile, dans ces conditions, de voir uniquement le recul apaisé qu’il revendique.
Sur Marie Portolano, une défense qui passe par la relativisation
La séquence la plus problématique intervient lorsqu’il aborde l’affaire Marie Portolano. Pierre Ménès rappelle qu’il doit être jugé le 16 novembre, puis déclare : « Même si c’est vrai, même si c’était vrai, on parle quand même de trucs. Une jupe soulevée. Je ne suis pas en train de minimiser, mais je ne suis pas un égorgeur d’enfants ni un violeur. » La construction parle d’elle-même : annoncer que l’on ne minimise pas avant de comparer les faits reprochés à des crimes infiniment plus graves revient précisément à en relativiser la portée. Il ajoute que la sanction professionnelle qu’il subit depuis 2021 lui paraît déjà disproportionnée.
Son discours devient encore plus offensif quelques minutes plus tard. À propos de Marie Portolano, il répète « Où sont les preuves ? », affirme ne se souvenir de rien, puis lance : « Elle a fait son buzz avec ça. C’est le fait d’arme de sa carrière. » Pierre Ménès _ sa carrière, … Cette formulation dépasse la simple contestation judiciaire : elle revient à prêter une motivation médiatique à la journaliste. Or, lors du procès en diffamation du 7 septembre, Marie Portolano a maintenu sa version devant le tribunal et son avocat a fait état de trois témoignages directs, dont celui d’Hervé Mathoux, ainsi que d’éléments issus de l’Inspection du travail. Le jugement dans cette procédure sera rendu le 4 novembre.
Une condamnation définitive dans une autre affaire
L’entretien est d’autant plus délicat qu’il intervient quelques jours après une autre information judiciaire majeure concernant Pierre Ménès. Sa condamnation à deux mois de prison avec sursis pour agression sexuelle, prononcée en avril 2023 à propos de faits concernant une vendeuse d’un magasin parisien, est devenue définitive depuis le 1er septembre 2026, faute de pourvoi en cassation. Cette condamnation concerne une affaire distincte de celle impliquant Marie Portolano et ne permet évidemment pas de préjuger du procès du 16 novembre.
Pierre Ménès revendique pourtant tout au long de l’entretien une forme de franc-parler intact. Il affirme être « blacklisté », considère qu’il reste « bankable », vante les audiences de ses passages chez Cyril Hanouna et compare les performances de sa chaîne YouTube à celles du « Canal Football Club ». Il s’en prend également à plusieurs anciennes connaissances du milieu télévisuel, tout en présentant Cyril Hanouna comme doté d’une « forme de génie ». Au final, l’interview devait raconter une nouvelle vie loin de Paris. Elle montre surtout que, cinq ans après son départ de Canal+, Pierre Ménès reste profondément occupé par son ancien monde, ses anciens collègues et les affaires qui ont précipité sa sortie du paysage audiovisuel.




