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Reporterre, le média de l’écologie qui mise sur les dons plutôt que sur la publicité

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Reporterre, le média de l’écologie qui mise sur les dons plutôt que sur la publicité
Reporterre, le média de l’écologie qui mise sur les dons plutôt que sur la publicité

Reporterre occupe une place singulière dans le paysage médiatique français. Entièrement consacré aux questions écologiques, le média en ligne revendique un modèle sans actionnaire, sans publicité et largement financé par ses lecteurs. À l’heure où de nombreux titres cherchent à diversifier leurs revenus, Reporterre continue de défendre une ligne fondée sur l’accès libre et l’indépendance éditoriale.

Reporterre se définit comme un média indépendant consacré à l’écologie sous toutes ses formes. Il est édité par La Pile, une association d’intérêt général à but non lucratif. Le journal ne possède donc pas d’actionnaire et indique refuser les subventions publiques, la publicité et les opérations de « brand content ». Son fondateur est le journaliste Hervé Kempf, passé notamment par Courrier International, La Recherche et Le Monde. La direction de la rédaction est aujourd’hui assurée par Amélie Mougey.

Le média fonctionne avec une équipe professionnelle relativement importante pour un pure player spécialisé. Au 1er mai 2025, Reporterre indiquait employer 24 journalistes permanents titulaires de la carte de presse, auxquels s’ajoutaient six salariés chargés des fonctions support et une quinzaine de contributeurs réguliers.

Un modèle financé presque entièrement par les lecteurs

La particularité de Reporterre tient surtout à son financement. Le média indique que 98 % de ses revenus proviennent des dons de ses lecteurs, les 2 % restants venant principalement de droits de reproduction et de certaines ventes éditoriales. Le site reste pourtant entièrement accessible sans abonnement obligatoire et sans publicité.

En 2023, Reporterre a enregistré 2,55 millions d’euros de revenus. Cette année-là, 39 315 donateurs et donatrices ont soutenu le média. Reporterre précise également ne pas dépendre de grands mécènes : son plus important don individuel en 2023 s’élevait à 2 500 euros, soit environ 0,1 % de ses recettes annuelles.

L’essentiel des dépenses consacré à la rédaction

Le poids de la rédaction se retrouve dans la structure des dépenses. En 2023, 77 % des charges étaient consacrées aux salaires, traitements et dépenses associées, contre 5 % pour les bureaux et 18 % pour les achats et charges externes, dont les frais de reportage et différentes prestations. Reporterre indique également maintenir un écart salarial limité : le salaire le plus élevé reste inférieur au double du salaire le plus faible.

Ce modèle s’est progressivement consolidé. En 2020, les dons représentaient déjà 97 % du budget et Reporterre revendiquait alors plus de 37 000 donateurs. Deux ans plus tard, son rapport d’activité 2022 faisait état de 13 millions de visiteurs sur l’année, illustrant la capacité d’un média spécialisé à toucher un public bien plus large que son seul cercle de donateurs.

Une ligne éditoriale clairement identifiée

Sur le plan éditorial, Reporterre traite aussi bien du climat et de la biodiversité que des luttes environnementales, de l’agriculture, de l’énergie ou des politiques publiques. Le titre ne cherche pas à masquer son positionnement : il considère l’écologie comme un sujet central d’information et affirme vouloir renforcer la couverture médiatique de la crise climatique, des inégalités et des mouvements écologistes.

Ce positionnement très marqué constitue à la fois sa force et sa différence avec les rubriques environnement des médias généralistes. Reporterre ne traite pas l’écologie comme une verticale parmi d’autres : elle constitue l’ensemble de son projet éditorial.

Un pure player qui a trouvé son propre modèle

Reporterre démontre ainsi qu’un média spécialisé peut construire une rédaction professionnelle sans passer par un abonnement payant classique ou une forte dépendance publicitaire. Son fonctionnement repose néanmoins sur une contrainte évidente : convaincre chaque année suffisamment de lecteurs de contribuer volontairement à son financement.

Dans un secteur où l’indépendance économique est devenue l’un des principaux enjeux des rédactions, Reporterre a fait un choix radical : rendre l’intégralité de ses articles accessible gratuitement tout en demandant à une partie de son audience de financer l’information pour les autres. Un modèle atypique, mais désormais solidement installé dans le paysage français de la presse en ligne.

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