Cancer, désir et liberté : Pascal Bataille livre dans le magazine Lui sa nouvelle philosophie de vie
Dans un entretien accordé au magazine Lui et réalisé par la journaliste Flore Cherry, Pascal Bataille se confie sur son nouveau livre, Petit Traité de la jouissance à l’usage de ceux qui veulent aimer la vie. Après avoir consacré un ouvrage au silence, l’animateur et auteur défend cette fois une philosophie du plaisir qui dépasse largement la sexualité. Marqué par un cancer du poumon et par son engagement auprès des personnes atteintes de la maladie de Charcot, il explique avoir appris à regarder autrement la fragilité de l’existence et la nécessité de mieux habiter le présent.
L’animateur-producteur reconnaît avoir longtemps eu du mal à savourer pleinement les moments heureux, toujours tenté d’anticiper ce qui allait venir ensuite. La maladie a profondément modifié cette manière de vivre. Diagnostiqué d’un cancer du poumon à un stade avancé, il dit avoir été très bien soigné et être aujourd’hui en rémission, « peut-être même guéri ». Son expérience auprès de personnes touchées par la maladie de Charcot l’a également impressionné : malgré une pathologie extrêmement lourde, certaines continuent, raconte-t-il, à regarder la vie avec une forme de gourmandise et de gratitude.
Une jouissance qui dépasse largement la sexualité
Pascal Bataille insiste sur le fait que la jouissance qu’il défend ne se résume ni au sexe ni à une accumulation de plaisirs. Elle peut naître d’une conversation, d’un morceau de musique, d’un paysage, d’une relation ou simplement du sentiment d’être pleinement présent. Il aborde également la liberté sexuelle, le consentement et le poids persistant des normes sociales, estimant qu’aucune pratique entre adultes consentants ne devrait être moralement condamnée. Pour lui, la véritable liberté consiste aussi à pouvoir choisir de ne pas avoir d’enfant, de vivre seul ou de construire sa vie en dehors des modèles traditionnels.
L’animateur vedette de l’émission Y’a que la vérité qui compte explique enfin à Flore Cherry qu’il essaie désormais de verbaliser davantage les moments heureux. Lorsqu’un instant avec ses proches lui semble précieux, il prend le temps de le dire : « Qu’est-ce qu’on est bien ! ». Un réflexe simple qui résume la philosophie développée dans son livre. À ses yeux, le bonheur ne doit plus être constamment repoussé à demain, après une réussite, un projet ou une étape supplémentaire. « Parfois, dire les choses, c’est les faire exister », résume-t-il dans Lui, convaincu que jouir de la vie peut aussi devenir une manière de résister à l’angoisse, aux injonctions et au temps qui passe.




