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Disney+ menacé de poursuites judiciaires en France : Que Choisir réclame des comptes pour les abonnés Premium

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Disney+ menacé de poursuites judiciaires en France : Que Choisir réclame des comptes pour les abonnés Premium
Disney+ menacé de poursuites judiciaires en France : Que Choisir réclame des comptes pour les abonnés Premium

Disney+ pourrait bientôt faire face à une procédure judiciaire en France. L’association de défense des consommateurs Que Choisir Ensemble menace de saisir la justice après la dégradation de la qualité d’image de l’abonnement Premium, pourtant commercialisé à 15,99 euros par mois. En cause : la disparition de plusieurs technologies, dont le Dolby Vision et le HDR, sans réduction tarifaire ni compensation généralisée. Plus d’un mois après une première mise en demeure, l’association dénonce l’absence de réponse satisfaisante de la plateforme américaine et réclame des mesures concrètes pour les abonnés concernés.

Le bras de fer entre Disney+ et Que Choisir Ensemble franchit une nouvelle étape. Dans une prise de position publiée lundi 26 octobre 2026, Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association, déplore l’absence de réponse circonstanciée de la plateforme de streaming depuis la mise en demeure adressée le 23 septembre dernier. Le différend concerne l’abonnement Premium, la formule la plus chère de Disney+, dont plusieurs fonctionnalités techniques ont été progressivement supprimées au cours de l’année. Les abonnés ont d’abord perdu l’accès au Dolby Vision, une technologie permettant d’améliorer la restitution des couleurs et des contrastes, avant de constater la disparition du HDR. La diffusion en 4K Ultra HD a également été affectée durant l’été, avant d’être partiellement rétablie grâce à une technologie alternative. Selon Que Choisir, cette nouvelle solution ne permet toutefois pas à tous les équipements compatibles de retrouver la qualité d’image initialement proposée. Malgré ces modifications, Disney+ a maintenu le prix de son offre Premium à 15,99 euros mensuels, soit cinq euros de plus que son abonnement Standard à 10,99 euros. Une situation que l’association considère comme préjudiciable aux consommateurs ayant précisément choisi la formule supérieure pour bénéficier d’une meilleure expérience audiovisuelle.

À l’origine de cette dégradation figure un conflit commercial et juridique entre Disney et InterDigital, une entreprise américaine spécialisée dans les technologies de compression et de transmission vidéo. Cette dernière détient plusieurs brevets utilisés dans les systèmes de diffusion haute définition. Après l’échec de négociations portant sur leur exploitation, InterDigital a engagé différentes procédures judiciaires contre le groupe Disney. Plusieurs décisions ont conduit la plateforme à modifier les technologies employées pour distribuer ses contenus dans certains pays européens, dont la France. Disney+ a notamment remplacé une partie de son dispositif technique par le codec VP9, permettant de proposer à nouveau des contenus en 4K sur certains appareils. Mais cette solution ne garantit pas une compatibilité équivalente avec l’ensemble des téléviseurs et équipements auparavant pris en charge. Pour Que Choisir, les difficultés rencontrées par Disney avec un fournisseur de technologies ne justifient pas que les abonnés supportent seuls les conséquences de cette situation. L’association reproche également à la plateforme de ne pas avoir suffisamment informé ses clients des changements apportés à leur abonnement. Certaines restrictions apparaissent désormais dans les conditions commerciales du service, mais les consommateurs déjà abonnés n’auraient reçu, selon elle, qu’une information tardive et insuffisamment détaillée.

Une possible action en justice et des demandes d’indemnisation

Face à cette situation, Que Choisir Ensemble formule plusieurs exigences. L’association demande à Disney+ de rétablir les fonctionnalités initialement comprises dans son offre Premium ou, à défaut, d’en réduire le prix pour tenir compte de la dégradation du service. Elle réclame également une information plus transparente sur les caractéristiques techniques réellement disponibles, ainsi que l’arrêt des communications commerciales susceptibles d’induire les consommateurs en erreur. Surtout, elle souhaite la mise en place d’une indemnisation automatique et équitable pour l’ensemble des abonnés lésés. Jusqu’à présent, certains clients auraient obtenu des gestes commerciaux après avoir contacté individuellement le service client, mais aucune politique de compensation générale n’aurait été instaurée. Pour Marie-Amandine Stévenin, les abonnés ne doivent pas découvrir après coup qu’un service facturé au prix fort ne présente plus toutes les caractéristiques promises lors de la souscription. La présidente de l’association indique désormais se réserver la possibilité d’engager une action judiciaire si Disney+ ne présente pas rapidement des engagements concrets. À ce stade, aucune procédure judiciaire n’a toutefois été annoncée en France. La mobilisation dépasse par ailleurs les frontières françaises, plusieurs associations européennes de consommateurs ayant entrepris des démarches comparables pour obtenir des explications et des compensations.

Cette affaire soulève une question importante pour l’ensemble du marché de la vidéo à la demande par abonnement : jusqu’où une plateforme peut-elle modifier les caractéristiques techniques de son service sans revoir ses tarifs ? Dans un secteur marqué par la multiplication des offres et des augmentations de prix, les fonctionnalités audiovisuelles constituent désormais de véritables arguments commerciaux. La 4K, le HDR ou le Dolby Vision permettent notamment aux plateformes de justifier des abonnements plus coûteux auprès des utilisateurs équipés de téléviseurs haut de gamme. Leur disparition peut donc remettre en question la valeur perçue d’une formule Premium, indépendamment de la richesse du catalogue proposé. Pour Disney+, l’enjeu dépasse la seule résolution d’un différend technique avec InterDigital. Le groupe doit également préserver la confiance de ses abonnés dans un environnement concurrentiel où Netflix, Prime Video, Apple TV et d’autres services cherchent à fidéliser les consommateurs. Une éventuelle procédure judiciaire pourrait aussi contribuer à préciser les obligations des plateformes concernant les modifications de service et l’information contractuelle. En attendant une réponse de Disney+, Que Choisir Ensemble maintient la pression et demande que les abonnés concernés ne soient pas contraints d’entreprendre individuellement des démarches pour obtenir réparation. L’issue de ce conflit pourrait ainsi avoir des conséquences sur les pratiques commerciales de l’ensemble des plateformes de streaming présentes en France.

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