Patrick Bruel : Mediapart accuse à tort CNews et Guillaume Genton de l’avoir trompé sur un documentaire
Diffusé le 9 juin sur RTL TVI en Belgique puis le 12 juin en prime time sur CNews en France, le documentaire « Patrick Bruel : de séducteur à prédateur ? » est au cœur d’une vive controverse médiatique. Le film, produit par la société de production de Guillaume Genton, revient sur les accusations de comportements déplacés et d’agressions sexuelles visant le chanteur depuis 2019 à travers des archives, des documents judiciaires et plusieurs témoignages inédits.
Mais depuis sa diffusion sur CNews, Mediapart accuse la production d’avoir utilisé certains témoignages sans avoir clairement informé les intervenants qu’ils pourraient être diffusés sur la chaîne d’information du groupe Canal+. Des accusations fermement rejetées par Guillaume Genton, qui affirme disposer d’autorisations de diffusion signées par l’ensemble des personnes interrogées.
Le documentaire retrace le parcours de Patrick Bruel, l’une des plus grandes stars de la chanson française depuis plus de trente ans. Longtemps considéré comme une personnalité populaire et consensuelle, le chanteur a vu son image profondément fragilisée à partir de 2019 après plusieurs accusations de comportements déplacés et d’agressions sexuelles présumées formulées par plusieurs femmes en France et en Belgique. À travers des témoignages, des documents judiciaires et l’intervention de journalistes spécialisés, le film revient sur cette affaire qui a marqué le monde du spectacle.
Mediapart dénonce des méthodes « contraires à l’éthique »
Dans un communiqué particulièrement virulent, Mediapart affirme avoir découvert « avec stupéfaction » que sa journaliste Marine Turchi, à l’origine des révélations publiées sur les accusations visant Patrick Bruel, apparaissait dans le documentaire diffusé sur CNews. Le média explique que l’interview avait été accordée fin mai à une équipe présentée comme travaillant pour RTL Belgique.
Le journal dirigé par Carine Fouteau affirme n’avoir jamais été informé d’une diffusion future sur CNews. Mediapart estime que ses propos ont été utilisés sans consentement éclairé et dénonce une méthode qu’il juge contraire aux règles déontologiques du journalisme. Le média va jusqu’à évoquer la possibilité de poursuites judiciaires.
Plusieurs autres intervenants tiennent un discours similaire. Sabine Langaret, qui accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle, affirme qu’elle n’aurait jamais participé au projet si elle avait su qu’il serait diffusé sur CNews. Même position du côté de l’avocate Myriam Guedj Benayoun ou encore de Jean-Michel Aubry Journet, cofondateur du collectif #MusicToo, qui assurent avoir répondu favorablement à une demande présentée comme destinée à RTL Belgique.
Cette polémique intervient dans un contexte particulièrement sensible autour du documentaire. Le sujet Patrick Bruel reste extrêmement médiatisé et les débats autour du traitement journalistique des accusations visant des personnalités publiques continuent d’alimenter de fortes tensions entre médias, associations et défenseurs des différentes parties.
Guillaume Genton produit les autorisations de diffusion
Face aux accusations, Guillaume Genton réfute catégoriquement toute tromperie. Dans un communiqué diffusé vendredi, le producteur rappelle que le documentaire a bien été commandé et réalisé pour RTL TVI Belgique, où il a été diffusé une première fois le 9 juin. Selon lui, aucune diffusion française n’était prévue ou actée au moment des tournages.
Le producteur affirme surtout que l’ensemble des intervenants ont signé des autorisations de diffusion portant clairement l’en-tête de Genton Productions. Selon des documents consultés par TVMAG.info, ces autorisations prévoyaient non seulement une diffusion sur RTL TVI mais également une exploitation sur « toutes autres chaînes de télévision et plateformes de streaming ».
Guillaume Genton assure également que ses équipes ne se sont jamais présentées sous une fausse identité. Selon lui, le documentaire a suivi un parcours classique de commercialisation internationale après sa première diffusion belge. C’est dans ce cadre que CNews aurait ensuite acquis les droits de diffusion pour la France.
Le producteur estime que les critiques formulées aujourd’hui relèvent davantage d’un refus de certains intervenants d’apparaître sur CNews que d’un véritable problème juridique ou contractuel. « Nous contestons avec la plus grande fermeté les accusations de tromperie, d’abus ou de manipulation », affirme-t-il, dénonçant une présentation des faits qu’il juge mensongère.
Au-delà de la polémique, le documentaire a rencontré un important succès d’audience lors de sa diffusion sur CNews. Cette performance a permis à la chaîne d’information de s’imposer largement en tête des chaînes info ce soir-là.
Éléonore kervadec
Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.
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