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Christophe Hondelatte se confie sur les affaires criminelles qui l’ont le plus marqué dans « LEGEND »

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Christophe Hondelatte se confie sur les affaires criminelles qui l’ont le plus marqué dans « LEGEND »
Christophe Hondelatte se confie sur les affaires criminelles qui l'ont le plus marqué dans "LEGEND"

Invité de Guillaume Pley dans un nouvel épisode de « LEGEND », Christophe Hondelatte revient sur plusieurs décennies consacrées aux affaires criminelles. De l’affaire Christian Ranucci au meurtre de la journaliste Kim Wall, en passant par les frères Menendez, le journaliste partage les histoires qui l’ont le plus bouleversé. Il évoque également son départ du journal de 13 heures de France 2, ses problèmes de voix et les raisons qui l’ont conduit à privilégier le podcast.

Avec environ 1 400 affaires criminelles racontées au cours de sa carrière, Christophe Hondelatte possède une expérience singulière du récit judiciaire. Face à Guillaume Pley, le journaliste revient sur les douze années passées à la présentation de « Faites entrer l’accusé », ainsi que sur les quelque 1 200 histoires qu’il a ensuite racontées sur Europe 1. Pourtant, il reconnaît ne pas avoir été particulièrement attiré par les faits divers à ses débuts. Formé à Sciences Po, il envisageait initialement une carrière dans la magistrature avant de se tourner vers la radio. Lorsqu’on lui a proposé de présenter une émission consacrée aux crimes sur France 2, il rêvait davantage de grand reportage et de journalisme international.

Cette orientation professionnelle est finalement devenue sa signature. Christophe Hondelatte explique s’intéresser particulièrement aux crimes commis par des individus qui semblent mener une existence ordinaire. À ses yeux, les affaires les plus troublantes ne sont pas nécessairement celles impliquant des criminels particulièrement violents, mais celles dans lesquelles des personnes apparemment intégrées basculent dans l’irréparable. Il cite notamment le meurtre de Léa Demany, jeune femme de 23 ans tuée dans une affaire impliquant son compagnon et l’épouse de celui-ci. Une histoire qui l’interroge sur les mécanismes conduisant certains individus à choisir le meurtre plutôt qu’une séparation.

De Christian Ranucci à Kim Wall, des affaires qui continuent de le bouleverser

Au cours de l’entretien, Christophe Hondelatte revient longuement sur l’affaire Christian Ranucci, condamné à mort pour le meurtre de Marie-Dolorès Rambla et guillotiné en 1976. Le journaliste, qui a également consacré un spectacle à cette histoire, évoque les controverses apparues après la publication du livre « Le Pull-over rouge » de Gilles Perrault. Il conteste plusieurs éléments avancés par l’écrivain pour défendre l’innocence du condamné et insiste sur les conséquences de cette affaire pour la famille de la victime. Son analyse rappelle combien certains dossiers criminels continuent de diviser l’opinion publique plusieurs décennies après les faits.

Autre histoire marquante : celle de Kim Wall, journaliste suédoise assassinée en 2017 au Danemark par l’inventeur Peter Madsen, qu’elle souhaitait interviewer à bord de son sous-marin. Christophe Hondelatte raconte les circonstances de cette rencontre et s’interroge sur la personnalité du meurtrier, condamné à la réclusion à perpétuité. Il évoque également Lisa Montgomery, exécutée aux États-Unis en 2021 pour le meurtre d’une femme enceinte dont elle avait enlevé le bébé, ainsi que l’affaire des frères Menendez. Ces récits lui permettent d’aborder la responsabilité pénale, la place des expertises psychiatriques et les différences entre les systèmes judiciaires français et américain.

Son départ brutal du 13 heures de France 2 et ses problèmes de voix

L’entretien prend également une dimension plus personnelle lorsque Christophe Hondelatte revient sur son passage à la présentation du journal de 13 heures de France 2 en 2004. Une expérience qui n’aura duré que cinq mois. Il raconte avoir quitté son poste un matin, à 9 heures, incapable de supporter davantage la surexposition médiatique liée à cette fonction. Le journaliste explique avoir particulièrement mal vécu l’attention de la presse people et le manque de liberté éditoriale qu’il ressentait dans la présentation d’un journal télévisé. Il reconnaît aujourd’hui posséder un caractère difficile, tout en estimant que sa personnalité lui a permis de traverser les évolutions du paysage audiovisuel.

Christophe Hondelatte se confie aussi sur ses problèmes de santé, notamment un important polype sur une corde vocale qui a profondément modifié sa voix. Opéré à trois reprises, il explique avoir traversé une période de dépression lorsqu’il a craint de ne plus pouvoir exercer son métier. Paradoxalement, cette voix devenue immédiatement reconnaissable constitue aujourd’hui l’un des éléments essentiels de son succès auprès des auditeurs. Certains lui confient même écouter ses récits criminels pour s’endormir. Le journaliste raconte avoir appris à maîtriser sa respiration et à échauffer quotidiennement sa voix pour continuer à enregistrer.

Pourquoi Christophe Hondelatte a choisi la liberté du podcast

Après ses années sur Europe 1, Christophe Hondelatte a décidé de poursuivre son activité de manière indépendante avec « 100 % Hondelatte », un podcast consacré principalement aux histoires criminelles. Il explique avoir fait ce choix pour retrouver une liberté de narration difficilement compatible avec les contraintes de la radio traditionnelle. Sans grille horaire imposée ni interruptions publicitaires à respecter, il peut désormais consacrer 35 ou 50 minutes à une affaire selon sa complexité. Il revendique également une plus grande liberté dans le choix des sujets et dans les mots employés. Une évolution qui illustre la place croissante du podcast dans les parcours des grandes voix de la radio.

Le journaliste porte néanmoins un regard préoccupé sur l’avenir du récit judiciaire. Selon lui, les difficultés économiques de la presse quotidienne régionale risquent de faire disparaître une partie de la couverture des procès, privant les journalistes spécialisés de précieuses sources d’information. Il s’interroge aussi sur les transformations des enquêtes criminelles avec les progrès de l’ADN et de l’intelligence artificielle. Malgré ces évolutions, sa passion pour le récit demeure intacte. À chaque nouvelle affaire, il affirme retrouver le sentiment de raconter l’histoire la plus passionnante de sa carrière. Une conviction qui explique, en partie, la longévité d’un journaliste devenu l’une des voix les plus identifiables du récit criminel en France.

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