Audiovisuel public : Jérémie Patrier-Leitus relance le projet d’une entreprise unique
Le chantier de l’organisation de l’audiovisuel public revient dans le débat. Dans un entretien publié le 23 septembre par la Revue Politique et Parlementaire, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, qui a présidé la commission d’enquête sur le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, se prononce en faveur de la création d’une entreprise unique. Son idée est de dépasser l’organisation actuelle par médias séparés pour structurer davantage le service public autour de grandes missions comme l’information, la culture, le sport, le divertissement ou la transmission des savoirs. Il estime qu’un regroupement pourrait également améliorer la lisibilité de la gouvernance, les procédures de gestion et le contrôle exercé par le Parlement.
La proposition réactive un dossier qui avait déjà occupé le Parlement ces dernières années. Un précédent texte consacré à la réforme de l’audiovisuel public avait envisagé la création de « France Médias » et, dans certaines versions examinées à l’Assemblée nationale, la fusion de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et de l’INA au sein d’une même société. Cette organisation n’est pas celle en vigueur aujourd’hui : France Télévisions, Radio France et France Médias Monde restent notamment trois sociétés nationales distinctes, tandis que l’INA conserve son statut propre. Le périmètre exact d’une éventuelle nouvelle réforme devra donc être précisé si une initiative législative est relancée.
Gouvernance et financement au cœur du prochain débat
Jérémie Patrier-Leitus avance également une évolution du mode de nomination des dirigeants. Il juge contestables aussi bien une désignation directe par le président de la République que le système actuel, dans lequel les présidents de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde sont nommés pour cinq ans par l’Arcom. Il propose plutôt que les conseils d’administration choisissent les dirigeants, avec un avis des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat. Cette position constitue à ce stade une proposition du député et non un dispositif adopté. Il souhaite également que la réflexion commence par une redéfinition des missions confiées au service public avant de déterminer son organisation et le niveau de ressources correspondant.
La question financière devrait peser lourd dans les discussions. Depuis la suppression de la contribution à l’audiovisuel public en 2022, les sociétés concernées sont principalement financées par une fraction des recettes de TVA, un mécanisme pérennisé par une loi organique en 2024. Le budget prévu pour l’audiovisuel public atteignait 3,878 milliards d’euros en 2026, en baisse de 1,8 % par rapport à 2025, avec un effort principalement supporté par France Télévisions. Jérémie Patrier-Leitus ne fixe pas à ce stade de montant cible : il considère que le niveau de financement doit découler des missions que l’État choisira de maintenir. Le sujet devrait ainsi mêler dans les prochains mois trois questions étroitement liées : le périmètre d’une éventuelle entreprise commune, le mode de nomination de sa direction et la trajectoire budgétaire de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et des autres organismes publics.




