BIS TV : l’avenir du bouquet satellite sur Hot Bird reste incertain après 2027
Le bouquet satellite BIS TV, propriété du groupe Mediawan, traverse une période d’incertitude concernant son avenir sur Hot Bird. En quelques jours, plusieurs informations contradictoires ont circulé sur la poursuite de sa diffusion après 2027. Entre annonce d’un accord avec Eutelsat, évocation d’un arrêt définitif et absence de confirmation officielle, les abonnés ne savent toujours pas s’ils pourront continuer à recevoir leurs chaînes à partir de 2028. Une situation qui soulève des interrogations sur la stratégie de distribution du bouquet historique.
L’incertitude a commencé le 23 octobre 2026, lorsque le revendeur suisse Avmat a annoncé la conclusion d’un accord avec Eutelsat permettant à BIS TV de poursuivre sa diffusion sur la position orbitale Hot Bird. Cette première communication semblait rassurer les abonnés du bouquet, particulièrement ceux qui utilisent cette position satellite pour accéder à leurs programmes. Mais quatre jours plus tard, le 27 octobre, le discours a radicalement changé : une nouvelle information faisait état d’un arrêt définitif de la diffusion à la fin de l’année 2027. Le lendemain, mercredi 28 octobre, la date annoncée a finalement disparu des communications du revendeur, qui a reconnu ne pas disposer de certitudes concernant la situation après 2027. Ces annonces successives, rapportées par Serge Surpin, ont créé une confusion sur l’avenir du service. À ce stade, aucune communication officielle de Mediawan ne permet de confirmer un maintien ou un arrêt du bouquet sur Hot Bird à partir de 2028. Il convient donc de distinguer les informations diffusées par le revendeur des décisions qui pourraient être prises par l’éditeur du bouquet.
Cette incertitude concerne un acteur historique de la télévision payante française. BIS TV trouve ses origines dans les activités audiovisuelles d’AB Productions, fondée par Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, deux figures notamment associées au succès du « Club Dorothée » sur TF1. En 1996, les deux producteurs avaient lancé AB Sat, un bouquet satellite destiné à concurrencer les offres existantes, notamment TPS, dont TF1 était actionnaire. Cette rivalité commerciale avait marqué les relations entre AB Productions et la première chaîne. Jean-Luc Azoulay a d’ailleurs établi un lien entre cette concurrence et la décision de TF1 d’arrêter le « Club Dorothée » en août 1997, une interprétation contestée par d’anciens responsables de la chaîne. En décembre 2007, AB Groupe avait ensuite lancé BIS TV, avec une offre initiale de 25 chaînes commercialisée à partir de 4,90 euros par mois. À cette époque, TF1 détenait paradoxalement 33,5 % du capital d’AB Groupe. Depuis 2017, le bouquet appartient à Mediawan, groupe audiovisuel devenu un acteur majeur de la production et de la distribution de contenus.
Des conséquences possibles pour les abonnés et la distribution satellite
Aujourd’hui, BIS TV propose un ensemble de chaînes gratuites et thématiques, parmi lesquelles RTL9, AB1, Action, Mangas, Automoto, Toute l’Histoire et Science & Vie TV. Le bouquet est notamment distribué sur Hot Bird, une position orbitale largement utilisée en Europe, mais également sur Eutelsat 5 West B. Cette présence sur plusieurs satellites permet de toucher des foyers disposant d’installations différentes. Le service est aussi accessible sur Internet grâce à BIS TV Online, dont les offres débutent à 6,99 euros par mois. Cette distribution numérique n’est pas concernée, à ce stade, par les informations relatives à Hot Bird. L’éventualité d’un arrêt sur cette position orbitale ne signifierait donc pas nécessairement la disparition de BIS TV. Elle pourrait toutefois modifier les conditions d’accès au bouquet pour une partie de ses abonnés, notamment ceux dont les équipements sont exclusivement orientés vers Hot Bird. Une migration vers un autre satellite nécessiterait, selon les installations, une intervention technique, une modification de l’orientation de la parabole ou l’adaptation du matériel de réception.
Au-delà des questions techniques, cette situation intervient alors que la distribution satellitaire continue d’occuper une place dans les stratégies de certains opérateurs audiovisuels. Canal+ a notamment prolongé sa présence sur Astra jusqu’en 2040, témoignant de la volonté de maintenir ce mode de réception sur le long terme. Pour BIS TV, les interrogations portent davantage sur les conditions économiques et contractuelles de sa présence sur Hot Bird, sans qu’il soit possible, en l’absence d’explications officielles, d’identifier précisément les raisons des annonces contradictoires. La diffusion par satellite implique des coûts de capacité et de distribution, tandis que les offres accessibles par Internet permettent aux éditeurs de proposer leurs contenus sans dépendre des mêmes infrastructures. Ces évolutions peuvent conduire les opérateurs à réexaminer leurs accords, mais rien ne permet actuellement d’affirmer que Mediawan a décidé d’abandonner Hot Bird pour privilégier exclusivement la distribution numérique. Pour les abonnés qui doivent renouveler leur contrat ou envisager des investissements dans leur installation, l’absence de visibilité après 2027 constitue néanmoins une difficulté concrète. La clarification attendue de Mediawan sera donc déterminante pour connaître l’avenir de BIS TV sur Hot Bird et permettre aux téléspectateurs de préparer, si nécessaire, une évolution de leur mode de réception.



