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Canal+ face à un surcoût fiscal de 200 millions : le cinéma français sous pression

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Canal+ face à un surcoût fiscal de 200 millions : le cinéma français sous pression
Canal+ face à un surcoût fiscal de 200 millions : le cinéma français sous pression

Le projet de budget 2027 pourrait profondément modifier l’équation économique de Canal+ en France. Bercy envisage de faire passer de 10 % à 20 % la TVA applicable aux services de télévision payante, une mesure qui représenterait environ 200 millions d’euros de coût supplémentaire annuel pour le groupe. À ce stade, cette évolution reste une piste budgétaire et devra passer par le processus parlementaire.

Le dossier est particulièrement sensible pour Canal+, qui avait obtenu en septembre 2025 la confirmation du taux réduit de 10 % applicable à ses services de télévision linéaire, tandis que les services non linéaires relevant notamment de la vidéo à la demande restent soumis au taux normal de 20 %. Selon The Media Leader, reprenant des informations de Satellifacts et des Échos, Bercy souhaite désormais supprimer cette différence en considérant que la frontière entre télévision linéaire et contenus à la demande devient « de plus en plus artificielle ». Pour une offre facturée 29 euros, le passage au taux normal représenterait un peu moins de trois euros supplémentaires par mois si la hausse était intégralement répercutée au consommateur. Une telle répercussion ne pourrait cependant pas nécessairement être appliquée immédiatement aux abonnés déjà engagés.

Canal+ pourrait donc devoir arbitrer entre plusieurs leviers : absorber une partie de la hausse, relever progressivement ses tarifs ou diminuer certaines dépenses. Selon les informations publiées ces derniers jours, le groupe étudierait notamment une réduction de ses coûts et de ses investissements dans le cinéma français. Rien n’est cependant arrêté à ce stade. L’hypothèse intervient seulement quelques mois après la signature, le 27 juillet, d’un accord majeur entre Canal+ et les organisations du cinéma prévoyant 980 millions d’euros d’investissements sur cinq ans à compter de 2028. Cet engagement concerne Canal+ et Ciné+ OCS et garantit notamment au groupe la possibilité de continuer à proposer des films français, européens et internationaux six mois après leur sortie en salles.

Un nouvel épisode dans les relations fiscales entre Canal+ et l’État

Le scénario inquiète d’autant plus la filière que, selon les informations rapportées par The Media Leader, l’accord conclu cet été comporterait une disposition permettant à Canal+ de revoir ses engagements en cas de changement de TVA. Le groupe reste l’un des principaux financeurs privés du cinéma français : les données sectorielles recensées par Satellifacts font état de 156 millions d’euros consacrés au cinéma, derrière France Télévisions sur l’ensemble de la création audiovisuelle et cinématographique. Une réduction de cette contribution aurait donc des conséquences directes pour les producteurs et distributeurs, même si l’ampleur exacte dépendrait des arbitrages finalement retenus par Canal+.

Cette possible réforme intervient enfin moins d’un an après la résolution d’un long contentieux fiscal entre Canal+ et l’administration. Fin 2025, le groupe avait accepté de verser 363 millions d’euros au fisc dans le cadre d’un accord mettant fin à un différend portant notamment sur son régime de TVA. La nouvelle évolution envisagée par Bercy relance donc un dossier que Canal+ pensait largement stabilisé. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté à la fin du mois de septembre avant son examen au Parlement : le passage de la TVA à 20 % n’est donc pas encore acquis. Pour Canal+ comme pour la filière cinéma, les prochaines semaines détermineront si cette piste reste un outil de négociation budgétaire ou devient une réforme fiscale susceptible de modifier durablement le financement du cinéma français.

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