Charles Alloncle accuse Delphine Ernotte de parjure, France Télévisions dénonce une « fumisterie »
Plus d’un mois après la publication de son rapport sur l’audiovisuel public, le député UDR Charles Allocnle accuse désormais Delphine Ernotte de parjure devant la commission d’enquête parlementaire qu’il a pilotée. En cause : les déclarations de la présidente de France Télévisions, qui avait assuré que le groupe n’avait pas sollicité de cabinet privé pour préparer ses auditions.
Charles Alloncle s’appuie sur une enquête de Marianne affirmant que France Télévisions aurait échangé à deux reprises avec le cabinet Forward Global pendant les travaux de la commission. Sur X, le député a rappelé que le parjure devant une commission d’enquête parlementaire pouvait être puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, avant d’interpeller directement Delphine Ernotte.
⚠️ Delphine Ernotte a affirmé sous serment, lors de son audition, qu’aucune entreprise n’avait été sollicitée pour préparer les salariés de France Télévisions entendus par la commission d'enquête.
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) June 9, 2026
Marianne révèle aujourd’hui que c’est faux. Un cabinet privé a bien été mandaté… https://t.co/QRGn1zyTNy pic.twitter.com/A30YvWDZz5
France Télévisions conteste fermement
La réponse du groupe audiovisuel public a été immédiate. Auprès du Figaro, Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions, a dénoncé une « fumisterie de plus ». Selon lui, le groupe n’a jamais payé ni mandaté de cabinet de conseil pour préparer les 55 personnes auditionnées au cours des six mois de travaux parlementaires.
France Télévisions reconnaît toutefois un déjeuner avec Forward Global, mais affirme qu’il s’agissait seulement d’un échange d’expérience sur le fonctionnement des commissions d’enquête, comme cela a pu être fait avec d’anciens ou actuels parlementaires. Le groupe rappelle aussi travailler avec ce cabinet depuis 2022 sur des sujets juridiques, notamment la cybersécurité et la protection des données.
Cette nouvelle passe d’armes intervient dans un climat déjà tendu autour de l’avenir de l’audiovisuel public. Le rapport Alloncle préconise notamment plus d’un milliard d’euros d’économies, la suppression de France 4, la fusion de France 2 et France 5 ou encore un rapprochement entre franceinfo et France 24. Des propositions vivement contestées par France Télévisions, qui y voit une remise en cause profonde du service public audiovisuel.




