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Écarté de France Inter, Thomas Legrand accuse sa direction de l’avoir sacrifié

Par Noé Tifault Publié le 27 Août 2026 à 11h20 3 min de lecture
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Écarté de France Inter, Thomas Legrand accuse sa direction de l’avoir sacrifié
Écarté de France Inter, Thomas Legrand accuse sa direction de l’avoir sacrifié

Un an après la polémique provoquée par une vidéo enregistrée à son insu avec des responsables socialistes, Thomas Legrand ne retrouvera pas l’antenne de France Inter. Dans une tribune publiée par « Le Monde », le journaliste affirme avoir « servi de fusible » et reproche à Radio France d’avoir cédé aux pressions extérieures.

Une absence désormais « totale et durable »

Suspendu après le déclenchement de l’affaire Legrand-Cohen en septembre 2025, Thomas Legrand espérait revenir sur France Inter à l’occasion de la rentrée. Le journaliste assure toutefois avoir appris qu’aucune place ne lui serait accordée dans la nouvelle grille de la station publique.

« In fine, la réponse de la présidence de Radio France, un an après, aura été mon invisibilisation totale et durable de l’antenne », écrit-il dans sa tribune. Il estime que cette décision constitue l’aboutissement d’une campagne qu’il qualifie de « mensongère et manipulatrice ».

Selon lui, son éviction envoie un signal préoccupant à ceux qui avaient réclamé son départ. « Lorsqu’une campagne extérieure aboutit à l’effacement de celui qu’elle visait, quelles que soient les intentions de ceux qui ont pris la décision, elle adresse un message clair à ceux qui l’ont menée : cela fonctionne », dénonce-t-il.

« Dès le début, j’ai servi de fusible »

Thomas Legrand avait été filmé à son insu dans un restaurant en compagnie de Patrick Cohen et de deux responsables du Parti socialiste. Diffusée par le magazine « L’Incorrect », la vidéo avait alimenté les accusations de proximité entre certains journalistes du service public et la gauche.

L’affaire avait rapidement pris une dimension politique et médiatique majeure. CNews, Europe 1 et le « JDD » avaient largement relayé la séquence, tandis que France Télévisions et Radio France avaient engagé une procédure pour « dénigrement » contre plusieurs médias. Une audience est prévue le 2 septembre devant le tribunal des activités économiques de Paris.

Le journaliste considère aujourd’hui que Radio France l’a sacrifié afin de protéger l’institution. « En réalité, dès le début, j’ai servi de fusible », affirme-t-il. Dans un courrier adressé à Sibyle Veil, il reproche également à la présidente de Radio France de l’avoir « personnellement laissé tomber dans la tourmente » et d’avoir capitulé face aux pressions de l’extrême droite.

La directrice de France Inter lui répond sèchement

Céline Pigalle, directrice de France Inter, rejette la méthode employée par Thomas Legrand pour tenter de retrouver l’antenne. « J’entends que Thomas Legrand soit déçu de ne pas être sur l’antenne de France Inter. Il exige, il réclame, mais ce n’est pas comme ça qu’on obtient quelque chose de moi », a-t-elle déclaré au « Monde ».

La polémique dépasse désormais le cas personnel du journaliste. Elle ravive les tensions autour de l’impartialité de l’audiovisuel public, déjà examinée par une commission d’enquête parlementaire. Thomas Legrand entend pour sa part placer son éviction sur le terrain de l’indépendance rédactionnelle et de la liberté de la presse, tandis que Radio France présente son absence comme un choix de programmation.

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Noé Tifault

Noé Tifault

Noé Tifault est journaliste pour TVMag.info, le média qui décrypte les médias. Ayant débuté dans l'actualité internationale, il a collaboré avec Opinion Internationale et le magazine Entrevue avant de rejoindre la rédaction. Passionné de podcasts, il suit de près l'évolution des nouveaux formats audio et l'actualité du paysage médiatique français.

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