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En Finlande, les journalistes en exil trouvent refuge mais peinent à exercer leur métier

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En Finlande, les journalistes en exil trouvent refuge mais peinent à exercer leur métier
En Finlande, les journalistes en exil trouvent refuge mais peinent à exercer leur métier

Classée sixième au dernier Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), la Finlande reste une référence en matière de protection des journalistes. Pourtant, un rapport publié par huit organisations finlandaises, dont la section nationale de RSF, révèle les limites du dispositif d’accueil réservé aux professionnels des médias contraints à l’exil.

Intitulée « When you arrive in Finland, you step into a dark room » (« Lorsque vous arrivez en Finlande, vous entrez dans une pièce sombre »), cette étude s’appuie sur 48 entretiens, dont 22 réalisés auprès de journalistes exilés installés dans le pays. Le constat est sévère : 64 % des journalistes interrogés sont sans emploi et seuls 14 % travaillent encore dans les médias.

Un refuge sûr, mais peu de perspectives professionnelles

Si la Finlande offre un environnement sécurisé, elle ne dispose ni de visa d’urgence pour les journalistes menacés, ni de mécanisme national structuré pour soutenir durablement les médias en exil. À l’inverse, des pays comme la Lettonie, la Lituanie, l’Allemagne ou la France ont développé de véritables écosystèmes d’accueil. À Riga, le Riga Media Hub accompagne ainsi près de 300 journalistes russes en exil grâce à des espaces de travail, un soutien psychologique et un accompagnement professionnel.

Face à ces lacunes, le rapport formule quinze recommandations destinées aux autorités, aux médias et aux organisations de la société civile. Parmi les principales mesures figurent la création d’un visa humanitaire, le développement de programmes de mentorat, la mise en place de bourses dédiées, le renforcement des formations professionnelles et la création de postes accessibles aux journalistes ne maîtrisant pas encore la langue finlandaise.

« Offrir la sécurité sans permettre l’exercice du métier revient, dans les faits, à réduire ces journalistes au silence », alerte Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF. Pour l’organisation, soutenir les journalistes en exil ne relève pas seulement d’une politique d’intégration, mais constitue un enjeu démocratique majeur dans la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères.

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