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France Télévisions précise les raisons du retrait du replay d’Adèle Haenel

Par Noé Tifault Publié le 19 Sep 2026 à 09h49 4 min de lecture
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France Télévisions précise les raisons du retrait du replay d’Adèle Haenel
France Télévisions précise les raisons du retrait du replay d’Adèle Haenel

Stéphane Sitbon-Gomez revient sur la décision de France Télévisions de retirer temporairement le replay de « La Grande Librairie » après la carte blanche d’Adèle Haenel. Le directeur des antennes et des programmes assure qu’il ne s’agissait pas de supprimer les propos de la comédienne, mais d’une mesure conservatoire prise après de nombreuses saisines de l’Arcom.

La séquence avait été diffusée intégralement en direct le 9 septembre sur France 5. Invitée dans l’émission d’Augustin Trapenard pour présenter son livre Viser juste, Adèle Haenel avait profité de la traditionnelle carte blanche de fin d’émission pour évoquer les violences sexuelles avant d’aborder la situation à Gaza et de formuler plusieurs prises de position politiques. Quelques heures après la diffusion, le replay de l’émission avait été retiré de France.tv.

Une décision liée aux saisines de l’Arcom

Interrogé par le médiateur de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez affirme que le groupe n’a pas remis en cause la liberté de parole accordée à Adèle Haenel. Selon lui, la séquence avait été diffusée sans modification et le retrait concernait uniquement sa disponibilité en replay.

Le dirigeant explique que France Télévisions doit assurer ce qu’il appelle la « maîtrise de l’antenne », notamment lorsqu’une intervention porte sur un sujet controversé. Le groupe a reçu « énormément de recours et de saisines de l’Arcom », selon ses déclarations, certaines estimant que la séquence n’offrait pas suffisamment de contextualisation ou de pluralité des points de vue. France Télévisions indique avoir alors appliqué une procédure conservatoire dans l’attente de l’examen du dossier par le régulateur.

Cette justification avait déjà été donnée par le groupe le 11 septembre. France Télévisions expliquait alors que les propos avaient abordé un sujet géopolitique sensible « sans offrir les conditions nécessaires de mise en perspective et d’expression d’une diversité de points de vue » prévues par son cahier des charges.

Une procédure que France Télévisions veut revoir

Stéphane Sitbon-Gomez reconnaît toutefois que la décision a suscité une incompréhension importante auprès du public. Il indique que le groupe réfléchit désormais à une évolution de ses règles de dépublication, précisément pour éviter qu’une mesure présentée comme technique soit interprétée comme une volonté de supprimer une prise de parole.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a également annoncé la saisine du comité d’éthique du groupe. Elle souhaite qu’une doctrine « plus claire, opposable et explicable » soit définie et a annoncé que les règles de dépublication seraient rendues publiques dans les prochaines semaines.

Cette évolution intervient alors que la carte blanche d’Adèle Haenel a provoqué plusieurs réactions publiques, certains responsables politiques ayant dénoncé une censure. De son côté, l’actrice avait estimé que le retrait du replay renforçait paradoxalement le message qu’elle avait voulu faire passer. Ces critiques restent distinctes de la procédure réglementaire engagée autour de la séquence.

Le débat sur la liberté de parole du service public

La controverse met surtout en lumière une difficulté particulière pour France Télévisions : permettre à des artistes et écrivains de disposer d’un espace de parole libre tout en respectant les obligations applicables au service public audiovisuel.

Augustin Trapenard avait lui-même défendu cette logique dans l’émission du 16 septembre, en rappelant que les cartes blanches permettent aux auteurs de s’exprimer « dans les limites de la loi ». Stéphane Sitbon-Gomez assure de son côté que France Télévisions entend continuer à défendre la liberté d’expression sur ses antennes.

L’enjeu dépasse donc désormais le seul cas d’Adèle Haenel. Avec la publication prochaine de nouvelles règles de dépublication et l’examen du dossier par l’Arcom, France Télévisions doit surtout clarifier la frontière entre une mesure de précaution destinée à respecter ses obligations et une décision pouvant être perçue par le public comme une intervention éditoriale sur une parole déjà diffusée.

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Noé Tifault

Noé Tifault

Noé Tifault est journaliste pour TVMag.info, le média qui décrypte les médias. Ayant débuté dans l'actualité internationale, il a collaboré avec Opinion Internationale et le magazine Entrevue avant de rejoindre la rédaction. Passionné de podcasts, il suit de près l'évolution des nouveaux formats audio et l'actualité du paysage médiatique français.

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