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« Journalisme de cour… » : Edwy Plenel étrille « Paris Match » après ses unes sur Emmanuel Macron et Raphaël Glucksmann

Par La rédaction Publié le 16 Août 2026 à 12h30 6 min de lecture
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« Journalisme de cour… » : Edwy Plenel étrille « Paris Match » après ses unes sur Emmanuel Macron et Raphaël Glucksmann
« Journalisme de cour… » : Edwy Plenel étrille « Paris Match » après ses unes sur Emmanuel Macron et Raphaël Glucksmann

Les images estivales publiées par « Paris Match » n’ont pas franchement amusé Edwy Plenel. Après la couverture montrant Emmanuel Macron en jet-ski pendant ses vacances au fort de Brégançon, le fondateur de Mediapart a dénoncé un « journalisme de cour ». Il a ensuite renouvelé ses critiques après la publication de photographies de Raphaël Glucksmann et Léa Salamé en vacances, estimant que cette mise en scène permanente des responsables publics participe à une forme de « décadence politique et médiatique ».

Une couverture estivale devenue hautement politique. Comme lors de précédents séjours au fort de Brégançon, Emmanuel Macron a été photographié pendant ses vacances dans le Var. Cette fois, c’est une image du président de la République installé sur un jet-ski, lunettes de soleil sur le visage et cheveux plaqués en arrière, que « Paris Match » a choisi de mettre particulièrement en avant. Une photographie qui aurait pu rester dans le registre traditionnel des images de vacances présidentielles, mais dont le contexte a rapidement alimenté la polémique : la France traverse une période de fortes chaleurs et les incendies continuent de mobiliser les pompiers dans plusieurs territoires.

L’image a donc été largement commentée sur les réseaux sociaux, notamment par plusieurs responsables politiques de gauche qui y voient le symbole d’un décalage entre la communication présidentielle et les préoccupations d’une partie de la population. Marine Tondelier a ainsi dénoncé un « été apocalyptique » tout en accusant le chef de l’État de s’offrir un « publireportage sur ses vacances ». Olivier Faure a lui aussi ironisé sur le contraste entre un pays confronté à la canicule et aux incendies et les photographies du président pratiquant le jet-ski à Brégançon. Au-delà de la critique politique, la séquence a également ouvert un débat sur le traitement médiatique de la vie privée et des vacances des personnalités publiques.

Edwy Plenel dénonce un « journalisme de cour »

Edwy Plenel a choisi de concentrer ses critiques directement sur « Paris Match ». Le fondateur de Mediapart a qualifié cette manière de traiter les vacances présidentielles de « journalisme de cour », estimant qu’elle serait elle-même le symptôme d’un problème beaucoup plus profond. Selon lui, cette pratique « n’est que le reflet d’une décadence plus essentielle, celle de la politique ». Une attaque particulièrement sévère contre l’hebdomadaire, qu’il conclut par une formule sans détour : « La France mérite mieux ».

La critique dépasse donc largement la seule photographie d’Emmanuel Macron sur un jet-ski. Ce qu’Edwy Plenel remet en cause est la place prise par la personnalisation de la politique et par des images empruntant parfois davantage aux codes de la presse people qu’à ceux de l’information politique traditionnelle. Les vacances présidentielles ont certes toujours suscité l’intérêt des médias, et les séjours des chefs de l’État à Brégançon sont depuis longtemps photographiés et commentés. Mais la puissance des réseaux sociaux transforme désormais chacune de ces images en objet politique susceptible d’être détourné, critiqué ou utilisé par les oppositions.

Glucksmann et Salamé également photographiés

La colère d’Edwy Plenel ne s’est pas arrêtée au président de la République. Le lendemain, le journaliste s’est de nouveau emporté en découvrant des photographies de Raphaël Glucksmann et Léa Salamé, montrés en vacances dans la Méditerranée. Le responsable politique et la journaliste apparaissent notamment en maillot de bain et échangeant un baiser, faisant entrer leur vie de couple dans le récit médiatique estival. Là encore, Edwy Plenel a estimé que ces images illustraient une confusion croissante entre vie politique, exposition personnelle et traitement people.

Le fondateur de Mediapart a alors évoqué un « spectacle de décadence politique et médiatique », dans lequel il inclut désormais ce « potentiel candidat président » et « la journaliste la plus en vue du service public télévisuel ». Une formulation particulièrement offensive alors que la situation de Léa Salamé et Raphaël Glucksmann fait déjà l’objet d’une attention médiatique importante en raison de leurs activités respectives. La perspective de l’élection présidentielle de 2027 renforce encore cette exposition, Glucksmann étant régulièrement cité parmi les personnalités susceptibles de jouer un rôle dans le prochain scrutin.

La « peopolitique » de nouveau mise en accusation

Pour Edwy Plenel, le problème ne réside donc pas uniquement dans le choix éditorial d’une couverture ou dans quelques photographies de vacances. Son coup de colère vise plus largement ce que certains observateurs qualifient depuis plusieurs années de « peopolitique », c’est-à-dire l’utilisation des codes de la presse consacrée aux célébrités pour raconter les responsables politiques. Vacances, couples, loisirs, tenues vestimentaires et scènes de vie privée deviennent alors des éléments du récit politique, parfois au même niveau que les idées, les programmes ou les décisions publiques.

Edwy Plenel a d’ailleurs relayé un billet publié par « Libération » appelant précisément à mettre un terme à cette « peopolitique ». Le texte critique aussi bien l’image d’Emmanuel Macron en jet-ski que celle de Raphaël Glucksmann embrassant Léa Salamé et considère que cette personnalisation excessive finit par nuire au débat politique. Pour ses détracteurs, cette mécanique fonctionne cependant dans les deux sens : les médias publient ces images parce qu’elles attirent l’attention, tandis que certaines personnalités politiques acceptent elles-mêmes de mettre en scène une partie de leur vie privée ou de leur quotidien.

Des images de vacances devenues objets politiques

La polémique illustre surtout la difficulté croissante à séparer communication, information et divertissement lorsqu’il est question des principales personnalités politiques françaises. Une photographie apparemment légère peut désormais provoquer en quelques heures une confrontation politique nationale. Dans le cas d’Emmanuel Macron, l’image du jet-ski a immédiatement été replacée dans le contexte des incendies et de la canicule, permettant à ses opposants de construire un contraste particulièrement efficace entre les vacances présidentielles et les difficultés rencontrées par certains Français.

Avec ses messages, Edwy Plenel choisit toutefois de déplacer le débat : plutôt que de reprocher seulement à Emmanuel Macron ou Raphaël Glucksmann de se laisser photographier, il interroge la responsabilité des médias qui transforment ces moments en événements éditoriaux. En parlant de « journalisme de cour » puis de « décadence politique et médiatique », l’ancien président de Mediapart formule ainsi une critique beaucoup plus générale de la spectacularisation de la vie publique. Une offensive qui montre qu’en cet été 2026, même une virée en jet-ski ou un baiser au bord de la Méditerranée peuvent rapidement devenir des affaires politiques.

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