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Julien Fébreau, la voix qui a fait entrer la Formule 1 dans une nouvelle dimension en France

Par Aimé Kaniki Publié le 09 Août 2026 à 11h20 5 min de lecture
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Julien Fébreau, la voix qui a fait entrer la Formule 1 dans une nouvelle dimension en France
Julien Fébreau, la voix qui a fait entrer la Formule 1 dans une nouvelle dimension en France

Il suffit parfois de quelques mots pour identifier une voix. Pour des millions d’amateurs français de Formule 1, celle de Julien Fébreau est devenue indissociable du départ d’un Grand Prix. Né le 26 décembre 1982 à Rennes, le journaliste sportif accompagne la F1 sur Canal+ depuis 2013, le plus souvent avec Jacques Villeneuve. Treize ans plus tard, en 2026, il demeure l’un des principaux visages (et surtout l’une des principales voix) du dispositif automobile de la chaîne cryptée.

Cette passion ne naît pas derrière un micro. Julien Fébreau grandit en Bretagne et passe une partie de son enfance dans l’univers du rallycross, notamment autour du circuit de Lohéac. Son père, Christian Lefeuvre, a lui-même été pilote et champion de France de rallycross en 1992. Le jeune Julien découvre parallèlement la Formule 1 et se passionne notamment pour Michael Schumacher. Après sa scolarité à Quimper, il rejoint le Studio École de France à Boulogne-Billancourt et se forme au journalisme.

De stagiaire à RMC à commentateur de la Formule 1

Son histoire professionnelle commence très modestement. En juillet 2002, Julien Fébreau entre à RMC comme stagiaire. Il monte alors les reportages envoyés par les correspondants avant d’être engagé après sa formation. Il devient producteur des programmes consacrés à la Formule 1 et travaille également sur l’émission DKP d’Alexandre Delpérier. Dès 2005, il franchit une nouvelle étape en devenant reporter sur les Grands Prix pour RMC. Il se retrouve alors au cœur du paddock qu’il observait jusque-là en passionné.

Le grand tournant intervient à la fin de l’année 2012. Après vingt ans de Formule 1 sur TF1, Canal+ récupère les droits du championnat à partir de 2013 et doit construire une nouvelle équipe. Julien Fébreau est choisi pour assurer les commentaires, accompagné du champion du monde 1997 Jacques Villeneuve. Le duo va progressivement imposer son style : Fébreau raconte et transmet l’intensité de la course tandis que Villeneuve apporte son regard de pilote et son analyse technique. Une complémentarité qui deviendra l’une des signatures de la couverture F1 de Canal+.

« Montez le volume et rendez-vous au premier virage » : une phrase devenue culte

Julien Fébreau développe surtout une manière de commenter immédiatement reconnaissable. Au départ des Grands Prix, son désormais célèbre « Montez le volume et rendez-vous au premier virage » est devenu un rituel pour les abonnés. Après cette phrase, les commentateurs laissent généralement parler pendant quelques secondes les moteurs et les images du départ avant de reprendre leur récit. Cette petite mise en scène sonore a contribué à transformer Fébreau en personnalité à part entière auprès de la communauté française de Formule 1.

Certaines courses ont définitivement installé sa voix dans la mémoire collective. Le Grand Prix d’Italie 2020, remporté à Monza par Pierre Gasly, constitue probablement l’exemple le plus célèbre. Son commentaire extrêmement enthousiaste du dernier tour et de la première victoire du Français en Formule 1 avait largement circulé au-delà de Canal+. Il a également dû commenter des moments beaucoup plus angoissants, notamment le spectaculaire accident de Romain Grosjean à Bahreïn en 2020. Fébreau est d’ailleurs personnellement très proche du pilote français, ce qui avait rendu la séquence particulièrement éprouvante.

Derrière le commentateur, un véritable pilote

Sa particularité est aussi de ne pas seulement connaître la compétition automobile depuis une cabine de commentaires. Julien Fébreau pilote lui-même en compétition et a notamment participé à des épreuves de rallycross ainsi qu’au Trophée Andros. Cette expérience lui donne une compréhension concrète des sensations, des trajectoires, de l’adhérence ou encore de la pression ressentie dans une voiture de course. Il n’est évidemment pas un ancien pilote de Formule 1 comme Jacques Villeneuve ou Romain Grosjean, mais cette pratique nourrit sa manière de raconter ce qui se passe en piste.

Son territoire s’est d’ailleurs parfois étendu au-delà de la F1. Fébreau a participé à différentes émissions de Canal+ et a commenté d’autres disciplines sportives, notamment lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, où il avait couvert des épreuves d’aviron, de canoë et de kayak. Mais c’est bien la Formule 1 qui a façonné sa notoriété. En 2026, à 43 ans, il continue d’accompagner le championnat pour Canal+ et s’est installé dans une position assez rare : celle d’un journaliste dont la popularité dépasse son métier de commentateur.

Une voix devenue une partie du spectacle

L’ascension de la Formule 1 auprès d’un public plus jeune, notamment avec les réseaux sociaux et la série Drive to Survive, a encore renforcé cette proximité. Les commentaires de Julien Fébreau circulent sous forme d’extraits, de montages et de références entre passionnés. Certains téléspectateurs associent désormais autant les grandes victoires françaises à ses réactions qu’aux images elles-mêmes. Un phénomène qui rappelle combien un commentateur sportif peut participer à la fabrication du souvenir d’un événement.

De stagiaire chargé de monter des reportages chez RMC à voix française de la Formule 1, Julien Fébreau a donc construit sa carrière sans véritable rupture, en restant presque constamment au contact du sport automobile. Sa connaissance du paddock, son expérience de pilote et surtout son enthousiasme très identifiable ont fait de lui une figure singulière du paysage sportif français. Et lorsque les cinq feux rouges s’allument avant un départ, sa voix fait désormais partie du cérémonial : pour une génération de téléspectateurs, un Grand Prix commence vraiment lorsque Julien Fébreau leur demande de monter le volume.

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Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

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