« La Fureur » et « À prendre ou à laisser » : Jean-Louis Blot veut ressusciter deux émissions cultes d’Arthur
Jean-Louis Blot, président d’Endemol France et producteur de la « Star Academy », envisage de redonner vie à deux divertissements emblématiques de la télévision française. Dans un entretien publié le 24 octobre 2026, il évoque son ambition de transformer « La Fureur » en spectacle musical participatif et confirme travailler au retour d’« À prendre ou à laisser ». Deux projets qui témoignent de l’intérêt persistant des producteurs pour les grandes marques télévisuelles des années 1990 et 2000, même si aucun lancement n’a encore été officialisé.
Les émissions cultes continuent d’inspirer les producteurs français. Après les retours de la « Star Academy », du « Bigdil », du « Maillon faible » ou encore de « La Roue de la fortune », Jean-Louis Blot aimerait remettre au goût du jour deux programmes associés à la carrière d’Arthur. Le président d’Endemol France, filiale du groupe Banijay, a notamment exprimé son intérêt pour « La Fureur », le divertissement musical lancé sur France 2 le 31 décembre 1995, avant son arrivée sur TF1 en 1996. Créée et animée par Arthur, l’émission réunissait deux équipes de personnalités autour d’épreuves musicales, de reconnaissances de chansons et de séquences de karaoké. Son succès reposait autant sur les performances des invités que sur l’ambiance festive du plateau. Des personnalités comme Michèle Bernier, Patrick Bosso ou Maureen Dor figuraient parmi les participants réguliers. Après plusieurs années sur TF1, le programme avait également connu une nouvelle version sur W9 entre 2007 et 2008, avec Alexandre Devoise à la présentation. Arthur avait lui-même évoqué, en mars 2026, son envie de retrouver ce format qui avait contribué à installer sa notoriété à la télévision.
Mais Jean-Louis Blot ne souhaite pas nécessairement faire revenir « La Fureur » sous sa forme traditionnelle. Le producteur privilégie aujourd’hui une adaptation destinée aux salles de spectacle, avec un public directement associé aux performances musicales. « J’aimerais bien faire revenir La Fureur, mais pas à l’antenne. Je voudrais la faire en spectacle », explique-t-il. Son idée consisterait à réunir des artistes et d’anciennes personnalités du programme dans des Zéniths, autour d’un karaoké géant auquel les spectateurs pourraient participer. Le dirigeant imagine également une formule associant d’anciens candidats de la « Star Academy » dans une grande salle comme l’Accor Arena, à Paris. Cette orientation répond à une évolution du marché du divertissement : les programmes musicaux ne se limitent plus à leur diffusion télévisuelle et peuvent donner naissance à des tournées, des concerts ou des expériences collectives. La « Star Academy » a déjà démontré l’intérêt commercial de ce modèle avec ses tournées réunissant plusieurs candidats des différentes promotions. Jean-Louis Blot estime par ailleurs qu’un retour classique de « La Fureur » à la télévision serait plus difficile à rentabiliser, notamment parce que le format se prête davantage à des soirées événementielles qu’à une programmation régulière.
« À prendre ou à laisser » pourrait retrouver le chemin des plateaux de télévision
Contrairement à « La Fureur », dont le producteur imagine principalement une déclinaison scénique, « À prendre ou à laisser » pourrait revenir directement à la télévision. Jean-Louis Blot confirme que ses équipes cherchent à relancer le jeu popularisé par Arthur sur TF1 à partir de 2004. « On fait tout pour que ça revienne un jour », assure le président d’Endemol France. Adapté du format international « Deal or No Deal », le programme repose sur un mécanisme particulièrement simple : un candidat doit éliminer progressivement des boîtes contenant différentes sommes d’argent, tout en évaluant les propositions formulées par un mystérieux banquier. Le suspense repose sur la capacité du participant à prendre des risques, accepter une offre ou poursuivre la partie dans l’espoir de décrocher un gain supérieur. Après son succès sur TF1, le jeu avait connu plusieurs nouvelles versions, notamment sur D8 puis sur C8, avec différents animateurs. Sa dernière diffusion remonte à 2021. À ce stade, aucun accord avec une chaîne, aucune date de lancement et aucun présentateur ne sont annoncés. Le retour d’Arthur à l’animation demeure donc une possibilité, mais pas un engagement confirmé.
Ces ambitions traduisent une stratégie de plus en plus présente dans l’industrie audiovisuelle : exploiter la notoriété de formats historiques pour limiter les risques liés au lancement de créations entièrement nouvelles. Pour les diffuseurs, une marque connue permet de bénéficier d’une reconnaissance immédiate auprès du public et de concentrer les investissements promotionnels sur un concept déjà identifié. Les jeux de plateau présentent également certains avantages économiques, notamment la possibilité d’enregistrer plusieurs numéros sur une période limitée et de développer des partenariats commerciaux autour d’un programme récurrent. Mais le retour d’une émission ancienne ne garantit pas son succès. Les habitudes des téléspectateurs ont évolué, la concurrence des plateformes numériques s’est intensifiée et les nouvelles générations n’entretiennent pas nécessairement le même rapport aux formats des années 1990 et 2000. Le projet imaginé pour « La Fureur » illustre précisément cette nécessité d’adaptation, avec une transformation du programme télévisé en événement participatif. De son côté, « À prendre ou à laisser » pourrait bénéficier d’un mécanisme toujours facilement compréhensible, mais devrait trouver une nouvelle incarnation pour se distinguer de ses précédentes versions. Pour Endemol France, ces deux projets représentent donc des pistes de développement complémentaires : l’une dans le spectacle vivant, l’autre dans la production audiovisuelle traditionnelle. Reste désormais à savoir si les intentions de Jean-Louis Blot se concrétiseront et quels partenaires accepteront de les accompagner.



