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Maxime Haulbert, de la télévision locale au journalisme engagé : le parcours d’un visage qui veut remettre la nuance au centre

Par Aimé Kaniki Publié le 09 Août 2026 à 14h48 6 min de lecture
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Maxime Haulbert, de la télévision locale au journalisme engagé : le parcours d’un visage qui veut remettre la nuance au centre
Maxime Haulbert, de la télévision locale au journalisme engagé : le parcours d’un visage qui veut remettre la nuance au centre

Il appartient à cette génération de journalistes qui ne considère plus la télévision comme l’unique horizon. Maxime Haulbert, né en 1996, s’est construit entre télévision, production, réseaux sociaux, interviews et formats numériques. Présentateur et journaliste indépendant, il revendique aujourd’hui une ligne éditoriale beaucoup plus personnelle : combattre les simplifications du débat public et défendre la nuance. Une évolution assez spectaculaire pour celui qui rêvait, très jeune, de faire de la télévision.

Son parcours professionnel commence véritablement au milieu des années 2010. Dès ses premières années, Maxime Haulbert expérimente différents exercices : information, météo, débats, interviews et magazines. Il passe notamment par LMTV Sarthe, au Mans, avant d’apparaître sur Non Stop People, chaîne alors distribuée dans l’univers Canal+. En 2018, la presse locale le présente comme un ancien journaliste de LMTV Sarthe devenu présentateur sur Non Stop People. Une polyvalence qu’il revendique encore aujourd’hui, son profil professionnel mentionnant quatre années de présentation pour des chaînes locales et nationales entre 2016 et 2020.

Du Mans aux médias nationaux

Le passage par Le Mans occupe une place particulière dans son parcours. En septembre 2018, il y lance « L’Œil du Mans », média entièrement numérique consacré à l’actualité locale. Le concept entend mettre davantage en avant les personnalités, commerçants, artisans et initiatives de la ville. L’expérience trouve rapidement son public : un peu plus d’un mois après son lancement, sa page Facebook approche déjà les 5 000 abonnés. À seulement 22 ans, Haulbert ne se contente donc plus de présenter : il commence à fabriquer ses propres médias.

Cette fibre entrepreneuriale va progressivement devenir l’autre fil rouge de son parcours. Son activité professionnelle indépendante remonte à 2015 et son activité déclarée couvre aujourd’hui les fonctions de conférencier, présentateur et journaliste indépendant ainsi que les interventions éditoriales. Il dirige également MH Production, société créée en 2022. Autrement dit, Haulbert s’est progressivement éloigné du modèle classique de l’animateur attendant qu’une chaîne lui confie une émission : il cherche à produire et développer lui-même ses projets.

« Inspire-Moi Si Tu Peux », le projet personnel

Cette volonté prend une nouvelle dimension avec « Inspire-Moi Si Tu Peux ». Le projet mûrit pendant plusieurs années avant de véritablement se concrétiser. En 2023, Maxime Haulbert annonce ainsi avoir tourné une première émission avec l’ancien champion de natation Camille Lacourt. Il racontera plus tard que son parcours entrepreneurial n’a pas été linéaire, évoquant notamment un projet initial contrarié par un conflit avec un ancien associé avant de parvenir à développer son émission depuis son propre espace de production.

Mais « Inspire-Moi Si Tu Peux » finit lui-même par évoluer. Le journaliste décide de donner au programme une dimension sociétale et politique beaucoup plus affirmée. Son objectif revendiqué : partir des faits, interroger les discours et permettre au public de construire son opinion. Haulbert résume désormais sa philosophie par une formule devenue sa signature : « Le populisme séduit, la nuance protège ». Une ligne qui tranche avec les formats de motivation ou d’interviews de personnalités auxquels le nom du programme pouvait initialement faire penser.

Le populisme comme nouveau terrain de travail

C’est probablement là que se situe la transformation la plus importante de son parcours. Maxime Haulbert a fait du populisme, de la polarisation et des mécanismes de simplification du débat public ses principaux sujets de réflexion. Il explique vouloir analyser les discours qui exploitent des problèmes réels, jouent sur les émotions et désignent des responsables faciles. Il applique également cette réflexion au traitement médiatique de sujets particulièrement sensibles, notamment l’immigration. Sa démarche est assumée comme engagée : il ne prétend plus simplement présenter des sujets, mais entend déconstruire certains mécanismes de discours.

En 2026, le journaliste développe également des conférences destinées aux entreprises autour du populisme, des biais cognitifs et de la polarisation. Il explique avoir commencé à tester ce format dès 2025 et pose notamment cette question : l’entreprise peut-elle elle-même devenir un terrain favorable aux mécanismes populistes ? Une manière d’étendre son travail journalistique aux problématiques de dialogue interne, de prise de décision et de responsabilité collective.

Un journaliste devenu créateur de sa propre audience

Son évolution illustre aussi une transformation beaucoup plus vaste du métier. Là où un jeune présentateur devait autrefois essentiellement accumuler les passages sur les antennes avant d’espérer obtenir sa propre émission, Maxime Haulbert construit directement une communauté sur Internet. Son compte Instagram affiche 391 000 abonnés, tandis que son profil LinkedIn dépasse les 14 000 abonnés. Cette audience lui permet théoriquement de ne plus dépendre entièrement d’une chaîne traditionnelle pour diffuser ses contenus.

Et pourtant, la télévision reste manifestement présente dans son imaginaire. Dans une prise de parole publiée en 2026 autour d’un financement participatif, il explique avoir toujours voulu concevoir une télévision qui permette de comprendre et cite notamment l’influence de programmes de vulgarisation ainsi que des émissions satiriques américaines. Il défend l’idée de remettre à l’écran une forme de satire politique capable de conjuguer humour et explication, particulièrement à l’approche d’une échéance présidentielle.

De présentateur à auteur de sa propre ligne éditoriale

Le parcours de Maxime Haulbert raconte finalement moins l’ascension traditionnelle d’un animateur que la transformation d’un professionnel de l’antenne. Télévision locale, Non Stop People, média local numérique, production indépendante, interviews, réseaux sociaux, voix off, conférences : à mesure que les expériences se sont accumulées, son métier s’est élargi. Son profil professionnel le présente aujourd’hui simultanément comme présentateur, journaliste et voix off, capable d’intervenir en télévision, radio, vidéo numérique ou événementiel.

À 30 ans en 2026, Maxime Haulbert se trouve donc dans une phase assez différente de ses débuts. Il ne cherche plus seulement à devenir un visage de télévision : il tente de construire un univers éditorial identifiable autour de la pédagogie, du débat et de la nuance. Reste à savoir jusqu’où cette stratégie pourra le conduire. À une époque où les journalistes deviennent parfois leurs propres producteurs, diffuseurs et marques médiatiques, son parcours est surtout révélateur d’une nouvelle génération : celle qui n’attend plus nécessairement qu’une grande chaîne lui donne une émission pour commencer à fabriquer son propre média.

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Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

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