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Naj Harfouch transforme Ibiza en plateau et « Being Her » en événement

Par Éléonore kervadec Publié le 14 Sep 2026 à 15h41 2 min de lecture
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Naj Harfouch transforme Ibiza en plateau et « Being Her » en événement
Naj Harfouch transforme Ibiza en plateau et « Being Her » en événement

À Ibiza, certaines ouvertures se visitent. D’autres se racontent. « Being Her », première opération de Naj Harfouch sur l’île, à la InBetween Gallery, relève clairement de la seconde catégorie. Déjà identifiée à Paris et à Dubaï pour des pop-up et des accrochages où artistes, collectionneurs et personnalités se croisent sous les projecteurs, la commissaire importe ici une recette qu’elle maîtrise : faire d’une exposition un rendez-vous. Le thème, la féminité racontée par des femmes, donne le cadre. Le casting et l’adresse médiatique font le reste.

Autour d’elle, quatre signatures pensées pour retenir l’œil. Yulia Zinshtéin travaille l’identité comme une scène. Aidha Badr convoque le symbolisme et une mythologie personnelle. Poppy Faun brouille les portraits au profit de la mémoire et de l’émotion. Miranda Makaroff mise sur le jeu, le plaisir et la métamorphose. Quatre univers distincts, assez contrastés pour nourrir le récit, assez cohérents pour tenir une ligne éditoriale. « Being Her » ne se présente pas comme un manifeste opaque. C’est une proposition lisible, photographiable, partageable.

Quand la galerie devient un studio de visibilité

Naj Harfouch n’a pas seulement accroché des toiles. Elle a ouvert la galerie à une partie de la scène la plus visible d’Ibiza, transformant le vernissage en circulation de regards et de noms. Son métier, tel qu’elle le pratique déjà ailleurs, dépasse le commissariat classique. Il s’agit d’installer une température, de provoquer la rencontre, de faire exister l’exposition au-delà des cimaises. Dans « Being Her », souvenir et imagination, réalité et fantasme restent volontairement flous. Ce flou n’empêche pas la clarté du dispositif : les femmes n’y sont pas seulement représentées, elles y sont mises en récit par celles qui les incarnent.

Pour une première ibizienne, le positionnement est net. L’île n’est plus seulement un décor estival. Elle devient un relais de plus dans une trajectoire qui relie déjà les capitales de l’art et de l’influence. « Being Her » réussit le double exercice : tenir une proposition artistique et fonctionner comme un moment médiatique. Naj Harfouch n’impose pas une leçon. Elle orchestre un plateau, et c’est précisément ce qui rend l’opération efficace.

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Éléonore kervadec

Éléonore kervadec

Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.

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