« Nova le soir » : Charline Roux transforme l’interview culturelle en test de personnalité
Chaque soir de la semaine, Radio Nova mise sur une autre manière de recevoir artistes, comédiens et personnalités culturelles. Animé par Charline Roux, « Nova le soir » délaisse en partie l’interview promotionnelle classique pour explorer ses invités à travers leurs goûts musicaux, leurs obsessions et leur parcours, dans un format d’une heure où la musique reste au centre du dispositif.
Diffusée du lundi au vendredi de 21 heures à 22 heures, l’émission s’inscrit pleinement dans l’ADN culturel de Radio Nova. La station présente le rendez-vous comme un « test de personnalités » permettant de découvrir chaque invité à travers différents chapitres : son enfance, ce qui l’a fait connaître, son domaine d’expertise ou encore son actualité. La mécanique permet surtout à Charline Roux de s’éloigner du traditionnel enchaînement de questions-réponses. L’invité choisit régulièrement son propre environnement musical et l’entretien s’autorise des détours par des souvenirs, des références culturelles ou des anecdotes personnelles. Radio Nova assume ainsi un programme où la promotion d’une actualité constitue le point de départ plutôt que l’unique objectif.
La liste des invités de ces dernières semaines illustre cette volonté de mélanger cinéma, humour et musique. Paul Mirabel était ainsi reçu le 1er octobre à l’occasion de l’arrivée de Paul, la série sur Prime Video. Quelques jours auparavant, Charline Roux avait accueilli le comédien Finnegan Oldfield pour Melpomène, Judith Godrèche à l’occasion de son film Mémoire de fille, adaptation d’Annie Ernaux, ou encore Jain, venue présenter son nouvel univers musical autour de l’album Soul System. Plus tôt dans l’année, l’émission avait également reçu Camille Cottin, Jonathan Cohen, Jean-Pascal Zadi, Camille Chamoux, Guillaume Diop, Paloma ou encore Sébastien Tellier. La plateforme de podcasts de Nova recense désormais près de 450 épisodes rattachés au programme.
Une interview où l’actualité devient presque secondaire
Le ton constitue l’une des principales particularités de « Nova le soir ». Plutôt que de multiplier les questions strictement liées à une sortie de film, un album ou un spectacle, Charline Roux cherche ce que les références choisies disent de la personnalité de son interlocuteur. Avec Paul Mirabel, par exemple, le programme promettait de découvrir ce qui l’inspire, ce qui le fait rire ou l’agace, jusqu’à évoquer avec humour sa routine capillaire. Avec Finnegan Oldfield, l’entretien interrogeait son attirance pour les univers étranges. Jain était, elle, abordée à travers un registre annoncé comme « féroce, hypnotique, club et rock ». Ces intitulés résument une émission qui privilégie la conversation et la complicité plutôt qu’un entretien institutionnel.
La musique joue dans ce dispositif un rôle beaucoup plus important qu’un simple habillage sonore. Radio Nova explique vouloir découvrir ses invités « au prisme de leur musique » et leur propose régulièrement de choisir eux-mêmes certains morceaux. C’est une manière pour la station de prolonger son identité historique, construite autour du « Grand Mix » et du décloisonnement des genres. Un acteur peut ainsi parler d’un morceau associé à son enfance avant d’évoquer son dernier rôle, tandis qu’un musicien peut passer de ses influences à des sujets beaucoup plus personnels. Certains passages accueillent également des prestations live, comme cela a été le cas avec Yoa, Ibeyi ou Jorja Smith. L’émission conserve ainsi une dimension de découverte musicale tout en élargissant son terrain à la conversation culturelle.
Un format pensé autant pour la radio que pour le podcast
Le choix d’une durée proche de 55 minutes pour la plupart des derniers épisodes permet également à « Nova le soir » de fonctionner comme un véritable programme de podcast. Les émissions consacrées à Paul Mirabel, Finnegan Oldfield ou Judith Godrèche dépassent toutes les 55 minutes. Ce temps long contraste avec les interviews très segmentées proposées dans certaines matinales ou émissions de divertissement. Nova peut ainsi exploiter le rendez-vous sur plusieurs supports : diffusion linéaire à 21 heures, écoute à la demande sur son propre site et distribution sur les principales plateformes de podcasts. L’émission appartient d’ailleurs aux catégories « Culture et société » et « Musique », signe d’un positionnement volontairement hybride.
Avec « Nova le soir », Radio Nova mise donc moins sur une succession de séquences très produites que sur une incarnation forte et une identité éditoriale reconnaissable. Charline Roux utilise l’actualité des invités comme une porte d’entrée vers leurs goûts, leurs influences et parfois leurs contradictions. Dans une grille où Nova développe parallèlement des rendez-vous très identifiés comme « Nova le matin », « La dernière », « Nova Club » ou « Nova Lova », ce programme occupe un espace particulier : celui de la grande conversation culturelle quotidienne. La diversité récente des invités montre également la volonté de la station de ne pas limiter le rendez-vous aux seuls musiciens. Cinéma, humour, littérature et création musicale s’y croisent, avec cette idée constante que la playlist d’une personnalité peut parfois raconter davantage qu’une interview promotionnelle traditionnelle.




