Propos sexistes de Daniel Bravo : l’Arcom intervient auprès de beIN Sports après la polémique
Plus de six mois après les propos tenus par Daniel Bravo lors de Paris FC-OM, l’Arcom a rendu sa décision. Le régulateur considère que les déclarations du consultant étaient susceptibles de véhiculer des stéréotypes sexistes et rappelle beIN Sports à ses obligations. La chaîne avait déjà suspendu son consultant, qui avait présenté ses excuses à Gaëtane Thiney.
La séquence avait provoqué une vive polémique au début de l’année. Le 31 janvier 2026, lors de la retransmission sur beIN Sports de la rencontre entre le Paris FC et l’Olympique de Marseille, Daniel Bravo avait commenté une apparition de Gaëtane Thiney, directrice sportive de la section féminine du Paris FC, en lançant notamment qu’elle ne semblait « pas très attentive », avant d’évoquer la « lingerie » puis les « vêtements ». Une remarque immédiatement relevée par son collègue Christophe Josse à l’antenne.
Face aux réactions, beIN Sports avait rapidement pris ses distances avec les déclarations de son consultant. La chaîne avait publiquement regretté les propos prononcés pendant la retransmission et Daniel Bravo avait été suspendu d’antenne. L’ancien international français avait ensuite pris la parole, affirmant ne pas se reconnaître dans ses propres déclarations, les regretter profondément et avoir présenté personnellement ses excuses à Gaëtane Thiney.
L’Arcom estime que les propos véhiculaient des stéréotypes sexistes
Saisie après la diffusion de la séquence, l’Arcom a publié sa décision le 5 août 2026. L’autorité rappelle que la législation française lui confie notamment la mission de veiller au respect des droits des femmes dans les programmes audiovisuels et de lutter contre les stéréotypes, les préjugés sexistes et les représentations dégradantes.
Le régulateur souligne également que la convention de beIN Sports 1 impose à l’éditeur de contribuer à cette lutte. Après examen de la séquence, l’Arcom a considéré que les déclarations de Daniel Bravo étaient « susceptibles de véhiculer des stéréotypes sexistes », caractérisant ainsi un manquement aux obligations concernées.
Les excuses et la suspension prises en compte
L’autorité n’a cependant pas ignoré la réaction de beIN Sports après la polémique. Elle indique avoir pris acte des excuses formulées a posteriori, aussi bien par la chaîne que par Daniel Bravo, ainsi que des mesures disciplinaires décidées par le diffuseur. La suspension rapide du consultant a donc été intégrée à l’appréciation globale de l’affaire.
Ces mesures n’ont toutefois pas empêché l’Arcom d’intervenir auprès de beIN Sports. Le régulateur a rappelé à la chaîne son obligation de lutter contre les stéréotypes sexistes dans ses programmes, plaçant ainsi la responsabilité éditoriale du diffuseur au centre de sa décision.
Une vigilance particulière pour les émissions en direct
L’affaire illustre également la difficulté particulière des retransmissions sportives en direct. Contrairement à un programme enregistré, les commentaires sont prononcés instantanément et ne peuvent pas faire l’objet d’une vérification avant diffusion. Les diffuseurs doivent donc s’appuyer sur leurs journalistes et consultants pour respecter leurs obligations éditoriales tout au long de l’antenne.
Pour beIN Sports, l’intervention de l’Arcom constitue désormais un rappel formel à la vigilance. Si la chaîne avait immédiatement condamné les propos et sanctionné Daniel Bravo, le régulateur estime que ces réactions postérieures ne font pas disparaître le problème posé par leur diffusion. Une décision qui rappelle aux chaînes sportives que les obligations en matière de représentation des femmes s’appliquent aussi aux commentaires spontanés prononcés au cœur d’une rencontre.
La rédaction
L'actualité des médias en France : télévision, radio, presse, numérique et business. Audiences, coulisses, nominations... L'essentiel chaque jour !
Voir tous les articles de La rédaction →