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« Rendons enfin la paix désirable » : Omar Harfouch défend la musique comme espace de dialogue

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« Rendons enfin la paix désirable » : Omar Harfouch défend la musique comme espace de dialogue
« Rendons enfin la paix désirable » : Omar Harfouch défend la musique comme espace de dialogue

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, Omar Harfouch publie dans Entrevue une tribune où la musique accompagne une réflexion sur la guerre et la déshumanisation. Sans lui attribuer le pouvoir de résoudre les conflits, il y voit une manière de préserver l’écoute et la possibilité de vivre ensemble malgré les différences.

La musique ne demande ni passeport, ni religion, ni préférence politique. C’est à partir de cette idée qu’Omar Harfouch développe une partie de son plaidoyer publié le 21 septembre 2026 dans Entrevue. Dans un texte consacré à la banalisation du langage guerrier, il oppose aux logiques de séparation la possibilité d’une expérience commune : entendre les mêmes notes, partager une émotion et reconnaître chez l’autre autre chose qu’un adversaire.

L’auteur écarte toutefois toute promesse miraculeuse. Il ne prétend pas qu’un morceau de piano puisse arrêter une guerre, pas plus qu’il ne présente l’art comme un substitut à la diplomatie. La place qu’il accorde à la musique est différente : elle peut contribuer à maintenir un espace de rencontre lorsque les appartenances nationales, les blessures historiques ou les désaccords politiques éloignent les individus.

L’harmonie ne suppose pas l’uniformité

« Pour faire une harmonie, il n’est pas nécessaire que toutes les notes soient identiques. Elles doivent simplement apprendre à exister ensemble. » Cette métaphore constitue l’un des passages centraux de la tribune. Omar Harfouch s’en sert pour défendre une conception de la coexistence qui ne demande pas l’effacement des différences, mais la recherche d’une manière de les faire tenir ensemble.

Cette réflexion répond à une autre inquiétude exprimée dans son texte : le moment où une population entière cesse d’être regardée comme un ensemble de femmes, d’hommes et d’enfants pour devenir seulement « l’ennemi ». À cette réduction, il oppose l’écoute. Non pour abolir les désaccords, mais pour empêcher qu’ils ne fassent disparaître toute reconnaissance d’une humanité commune.

Des « respirations » musicales face à la violence

La construction de la tribune traduit elle-même cette intention. Entre les passages consacrés aux guerres mondiales, à l’Ukraine ou au coût humain des décisions militaires, Omar Harfouch insère plusieurs « respirations » faisant appel à des figures de la musique, parmi lesquelles Pablo Casals, Leonard Bernstein, Daniel Barenboim et Yehudi Menuhin. Ces références accompagnent sa réflexion sur la capacité de l’art à consoler, à rapprocher et à proposer une réponse à la violence qui ne soit pas une nouvelle violence.

La musique n’efface cependant pas les réalités politiques dans son propos. L’auteur reconnaît explicitement l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les souffrances qu’elle a provoquées et la nécessité pour les États de protéger leur population. Son appel au dialogue ne repose donc pas sur l’idée que les menaces seraient imaginaires. Il vise à maintenir la recherche de la paix au premier plan, y compris lorsque les tensions rendent cette recherche difficile.

Au fil du texte, la vie humaine demeure le point de référence. Omar Harfouch refuse qu’elle devienne un simple chiffre ou une « perte acceptable », et s’inquiète de voir la paix passer pour une aspiration naïve. La musique prend alors le sens d’un rappel : il reste possible de chercher ce qui rapproche sans prétendre que tout nous rassemble déjà. La conclusion de sa tribune en formule l’ambition : « Arrêtons de rendre la guerre raisonnable. Et rendons enfin la paix désirable. »

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