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Robert Ménard devient chroniqueur dominical de Sonia Mabrouk sur BFMTV

Par Éléonore kervadec Publié le 01 Sep 2026 à 08h58 7 min de lecture
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Robert Ménard devient chroniqueur dominical de Sonia Mabrouk sur BFMTV
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Le maire de Béziers a effectué dimanche 30 août sa première comme intervenant régulier dans la nouvelle émission de Sonia Mabrouk sur BFMTV. Un retour aux sources médiatiques pour l’ancien journaliste et fondateur de Reporters sans frontières, qui a longtemps fréquenté les studios de radio et les plateaux de télévision avant son entrée en politique.

Robert Ménard retrouve un rôle qu’il connaît bien. Depuis dimanche soir, le maire de Béziers est désormais l’un des intervenants réguliers du nouveau rendez-vous dominical de Sonia Mabrouk sur BFMTV. Pour sa première, l’élu a été largement sollicité sur l’immigration, le port du voile, la désobéissance civile ou encore l’enquête visant le maire adjoint LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko.

Un lancement dont Sonia Mabrouk s’est félicitée dès le lendemain. Selon la journaliste, l’émission a réuni jusqu’à 550 000 téléspectateurs, notamment lors des confrontations entre Robert Ménard et les éditorialistes présents en plateau.

Arrivée sur BFMTV pour cette rentrée après avoir quitté CNews, Sonia Mabrouk occupe désormais une place importante dans la nouvelle grille de la chaîne d’information. Son émission, lancée le 24 août, constitue l’un des principaux paris éditoriaux de BFMTV pour la saison 2026-2027.

Une parole libre face aux éditorialistes

Pour cette première dominicale, Robert Ménard n’a pas hésité à prendre ses distances avec plusieurs propositions défendues par le Rassemblement national.

S’il considère que la France pourrait « vivre sans droit du sol », le maire de Béziers juge en revanche qu’une politique d’« immigration zéro » est impossible à mettre en œuvre. Il cite notamment la situation des hôpitaux français et la présence importante de médecins étrangers, plaidant davantage pour une immigration déterminée en fonction des besoins économiques et professionnels du pays.

Même réserve sur la proposition du RN visant à interdire le voile dans l’ensemble de l’espace public.

« Vous croyez réellement qu’on va demain demander à toutes les femmes dans l’espace public de se dévoiler ? », a-t-il interrogé, estimant une interdiction générale difficilement applicable. Il continue en revanche de défendre certaines restrictions, notamment à l’université ou concernant le port du voile par de très jeunes filles.

Le maire de Béziers a également été interrogé sur la désobéissance civile, à quelques semaines de sa comparution prévue le 30 septembre après son refus de célébrer le mariage d’un ressortissant algérien faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.

Robert Ménard a reconnu une forme de « contradiction » entre ses responsabilités de maire, qui l’obligent à célébrer le mariage lorsque les conditions légales sont réunies, et son rôle d’officier de police judiciaire chargé de faire respecter les décisions de l’État.

« Je ne dis pas que j’ai raison », a-t-il reconnu, tout en défendant l’idée que certaines formes de désobéissance puissent être motivées par des convictions profondes ou des considérations éthiques.

Des désaccords également avec LFI

Face aux appels à la désobéissance formulés par certains responsables de La France insoumise dans l’hypothèse d’une victoire du Rassemblement national à une élection, Robert Ménard a toutefois posé une limite nette.

Selon lui, une opposition politique pourrait évidemment manifester, contester et combattre les décisions prises par un gouvernement RN, mais elle ne pourrait pas remettre en cause la légitimité même d’un pouvoir issu des urnes.

Autre prise de position plus inattendue : le maire de Béziers a défendu le principe permettant aux élus locaux de conserver parallèlement une activité professionnelle.

Interrogé sur le cas de Bally Bagayoko, maire adjoint LFI de Saint-Denis visé par une enquête du Parquet national financier, il a estimé qu’il était « absurde » de reprocher par principe à un élu de cumuler un mandat local avec un emploi à plein temps.

Robert Ménard rappelle que les indemnités de nombreux élus municipaux restent insuffisantes pour vivre. À ses yeux, l’enjeu n’est donc pas l’existence d’un autre emploi, mais de déterminer si le travail rémunéré a réellement été effectué.

Avant la politique, une longue carrière dans les médias

Cette arrivée régulière sur BFMTV marque aussi une forme de retour aux sources pour Robert Ménard.

Bien avant son élection à la mairie de Béziers en 2014, celui-ci a construit l’essentiel de sa notoriété dans le journalisme et les médias.

À la fin des années 1970, il participe au mouvement des radios libres en créant à Béziers Radio Pomarède. Il rejoint ensuite Radio France Hérault en 1983, où il se fait notamment remarquer par son goût pour les interviews politiques et les débats.

Deux ans plus tard, en 1985, il participe à la création de Reporters sans frontières. Sous son impulsion, l’association devient progressivement l’une des principales organisations internationales consacrées à la défense de la liberté de la presse et des journalistes emprisonnés ou persécutés à travers le monde.

Robert Ménard en restera pendant plus de vingt ans la figure la plus connue, multipliant les campagnes médiatiques et les actions spectaculaires avant de quitter ses fonctions en 2008.

Il poursuit alors directement sa carrière dans les médias. Il devient chroniqueur sur RTL, où il intervient notamment dans On refait le monde, puis rejoint Sud Radio, où il anime notamment Ménard en liberté. Il apparaît également régulièrement sur i-Télé, l’ancêtre de CNews, comme éditorialiste et débatteur.

Une exposition qui contribue progressivement à faire de lui une personnalité politique autant que médiatique.

Au début des années 2010, il participe également au lancement du site Boulevard Voltaire, avant de s’engager pleinement dans la bataille municipale à Béziers.

De journaliste à maire, puis de nouveau chroniqueur

Élu maire de Béziers en 2014, puis largement réélu, Robert Ménard n’a jamais véritablement disparu des plateaux de télévision. Mais il y intervenait depuis principalement comme responsable politique et élu local.

Son nouveau rôle auprès de Sonia Mabrouk est différent : sa présence est désormais appelée à devenir régulière et éditorialisée, chaque dimanche, au sein du nouveau dispositif de BFMTV.

Une fonction de chroniqueur qui le replace donc dans un univers particulièrement familier.

Pour sa première, Robert Ménard a déjà donné un aperçu de la ligne qu’il pourrait occuper dans l’émission : critique vis-à-vis de la gauche et de La France insoumise, mais également capable de contester ouvertement certaines propositions du Rassemblement national.

Une liberté de ton qui correspond au rôle que BFMTV et Sonia Mabrouk semblent vouloir lui confier : celui d’un responsable politique expérimenté mais aussi d’un ancien journaliste rompu aux confrontations de plateau.

Plus de quarante ans après ses débuts sur les radios libres de Béziers, Robert Ménard retrouve ainsi, chaque dimanche, une place régulière derrière un micro et face aux caméras.

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Éléonore kervadec

Éléonore kervadec

Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.

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