f in
Médias internationaux

RTS : le service public suisse accélère sa mutation numérique tout en conservant son leadership en Suisse romande

Par Aimé Kaniki Publié le 07 Juil 2026 à 15h55 4 min de lecture
Partager
RTS : le service public suisse accélère sa mutation numérique tout en conservant son leadership en Suisse romande
RTS : le service public suisse accélère sa mutation numérique tout en conservant son leadership en Suisse romande

La Radio Télévision Suisse (RTS) poursuit sa transformation. Confrontée à l’évolution des usages, à la concurrence croissante des plateformes de streaming et aux débats politiques autour du financement de l’audiovisuel public, elle affiche néanmoins des résultats solides en 2026. Si la télévision et la radio linéaires résistent, c’est surtout sur le numérique que la progression est la plus marquée, avec une stratégie multiplateforme qui devient centrale.

La RTS reste aujourd’hui le média de référence en Suisse romande. Chaque semaine, 80 % des habitants de la région consomment au moins un contenu RTS, que ce soit à la télévision, à la radio, sur son site internet, ses applications ou les réseaux sociaux. Cette capacité à toucher une très large partie de la population constitue l’un des principaux atouts du groupe face aux chaînes françaises, très présentes dans les foyers romands.

Une télévision qui résiste face aux chaînes françaises

Malgré la fragmentation des audiences, les deux chaînes de télévision de la RTS conservent une position dominante. En 2025, 68 % des Romands regardaient encore la télévision chaque semaine, tandis que RTS 1 et RTS 2 affichaient une empreinte hebdomadaire de 51,5 %. En prime time, la part de marché reste quasiment stable à 37,1 %, un niveau qui permet à la RTS de devancer largement TF1, M6 ou encore France 2 sur son territoire naturel.

Les grands rendez-vous d’information demeurent les locomotives de la chaîne. Le 19h30 reste le journal télévisé de référence en Suisse romande, tandis que des magazines comme Temps Présent, Mise au Point, Infrarouge ou A Bon Entendeur continuent d’occuper une place importante dans la grille. Les grands événements sportifs, notamment les compétitions internationales de football, le ski alpin ou encore l’Eurovision, figurent également parmi les meilleures audiences de l’année. Les 20 émissions les plus regardées de Suisse romande en 2025 ont toutes été diffusées sur les chaînes de la RTS.

Le numérique devient le principal moteur de croissance

La progression la plus spectaculaire concerne les usages numériques. Les plateformes Play RTS, rts.ch et les applications mobiles enregistrent 3,979 millions de visites hebdomadaires, soit une hausse de 7,2 % sur un an. Les vidéos et contenus audio dépassent désormais 2 millions de lectures de plus de dix secondes chaque semaine, tandis que les réseaux sociaux totalisent 12,5 millions de vues hebdomadaires, en progression de 19 %.

Cette stratégie porte particulièrement auprès des jeunes. Si 52 % des 15-34 ans consomment chaque semaine les chaînes de télévision ou de radio de la RTS, ce taux grimpe à 68 % lorsque l’on intègre les plateformes numériques et les réseaux sociaux. La direction considère désormais que la croissance passera davantage par les usages digitaux que par les canaux traditionnels.

La radio se réorganise après la fin de la FM

Le paysage radiophonique a profondément changé depuis l’arrêt de la diffusion FM des radios de la SSR fin 2024. Cette décision a provoqué un recul des audiences linéaires : la part de marché des quatre stations de la RTS (La Première, Espace 2, Couleur 3 et Option Musique) est passée de 44,7 % à 38,7 %, tandis que leur empreinte hebdomadaire est tombée de 37,2 % à 30,1 %. Cette baisse est toutefois largement compensée par une progression de 14 % des écoutes numériques via le DAB+, les applications et Internet.

Au-delà des audiences, la RTS poursuit également sa modernisation industrielle. Le groupe poursuit son installation progressive sur son nouveau campus de Lausanne-Ecublens, repense ses méthodes de production et investit davantage dans les contenus numériques, les podcasts, la vidéo à la demande et les formats destinés aux réseaux sociaux. Dans un contexte où la redevance audiovisuelle fait régulièrement l’objet de débats politiques en Suisse, la RTS cherche ainsi à démontrer sa capacité à toucher tous les publics tout en conservant son rôle central dans le paysage médiatique romand.

Partager cet article
Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

Voir tous les articles de Aimé Kaniki →

À lire aussi