Samuel Paty : pourquoi France 2 repousse son téléfilm « La rumeur » à 2027
France Télévisions a décidé de reporter à 2027 la diffusion de « La rumeur », son téléfilm consacré à l’assassinat de Samuel Paty. Portée notamment par Cécile Bois et Julien Gaspar-Oliveri et réalisée par Rodolphe Tissot, la fiction avait pourtant été produite pour être prête à l’automne 2026, autour du sixième anniversaire de la mort du professeur. Présenté récemment au Festival de la fiction de La Rochelle, l’unitaire devra finalement patienter plusieurs mois avant d’arriver sur France 2.
Ce changement de calendrier s’explique notamment par le retour en salles, le 23 septembre, de « L’Abandon », le film de Vincent Garenq lui aussi consacré à Samuel Paty. France Télévisions ayant participé au financement de ce long-métrage porté par Antoine Reinartz et Emmanuelle Bercot, le groupe public préfère éviter de mettre simultanément en concurrence deux œuvres traitant du même sujet. À cette contrainte s’ajoute la gestion économique de la grille : « La rumeur » représente un coût de production d’environ 1,5 million d’euros et fait partie des programmes importants que France Télévisions doit répartir sur plusieurs exercices.
La production regrette un rendez-vous manqué
Le report suscite toutefois de la déception du côté de la société And So On Media, qui avait organisé la fabrication du téléfilm pour permettre une diffusion à l’automne. Son producteur Hubert Besson estime que les deux œuvres auraient pu cohabiter, chacune proposant une approche différente de la même histoire. Il souligne également l’actualité persistante des questions liées aux violences et aux menaces visant certains enseignants, qui renforçait selon lui la pertinence d’une diffusion à cette période.
France Télévisions assure néanmoins que « La rumeur » sera bien programmée en 2027. Le décalage apparaît donc moins comme une remise en cause éditoriale du projet que comme un arbitrage entre calendrier cinéma, contraintes budgétaires et programmation télévisuelle. Un choix qui illustre les équilibres parfois complexes auxquels le groupe public est confronté lorsqu’il finance plusieurs œuvres portant sur un même événement et doit, dans le même temps, maîtriser le coût de sa grille.




