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TV78, survivante du Plan Câble, cherche encore un modèle hors subventions

Par La rédaction Publié le 16 Sep 2026 à 11h36 3 min de lecture
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TV78, survivante du Plan Câble, cherche encore un modèle hors subventions
TV78, survivante du Plan Câble, cherche encore un modèle hors subventions

Créée en 1992 pour accompagner la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, TV78 est l’une des rares télévisions locales franciliennes des années 1990 encore à l’antenne. Installée à Guyancourt, éditée par la SEM Média de l’Ouest Parisien, elle couvre tout le département. L’audience tient. Le modèle économique, lui, reste accroché à l’argent public.

Une chaîne née du câble, sauvée par les élus

Le Plan Câble des années 1980-1990 a multiplié les chaînes de quartier. La plupart ont disparu. TV78 a tenu, grâce à un actionnariat public-privé. Saint-Quentin-en-Yvelines détient 40,5 % du capital, le Département 35 %, SFR un peu plus de 8 %. Le reste se répartit entre communes et opérateurs. Le budget tourne autour de 1,3 million d’euros. Laurent Mazaury, ancien président devenu député, toujours administrateur, résume trente ans de survie : « les élus locaux ont porté un véritable combat pour permettre à cette chaîne de vivre ».

En 2026, l’agglomération reconduit 829 000 euros de contribution de service public, dans le cadre d’un contrat d’objectifs 2024-2026. C’est l’essentiel des ressources. Sans cette ligne, la SEM n’équilibre pas une rédaction d’une quinzaine de personnes, un canal 30 sur les box et un site. Au conseil communautaire de février, des élus ont d’ailleurs rappelé l’alternative : considérer la subvention comme acquise, ou revoir la gestion face à la baisse possible des concours publics.

Une audience de proximité, pas un compte d’exploitation

TV78 se vend comme média « 100 % Yvelines » : JT, sport, culture, municipales, formats courts. Canal 30 chez Orange, SFR, Free et Bouygues, live YouTube 24 heures sur 24 depuis 2025, site, podcasts, TikTok. YouTube dépasse 45 000 abonnés. Des chiffres anciens parlaient de 250 000 téléspectateurs hebdomadaires et d’une pénétration technique élevée dans le département. Ces volumes restent modestes à l’échelle francilienne. Ils suffisent à justifier une mission de service public local. Ils ne suffisent pas à attirer une régie publicitaire capable de remplacer la collectivité.

Le printemps 2026 l’a montré. La chaîne a multiplié débats et cartographies pour les municipales. Elle coproduit un quiz patrimonial avec Le Petit Futé, des « Capsules temporelles » avec le musée de SQY, un plateau au Salon de l’agriculture avec le Département. Cette agitation éditoriale prouve une rédaction encore vivante. Elle ne diversifie que marginalement les recettes.

Le dilemme de toutes les télés locales

Le sort de TV78 éclaire le secteur. Les chaînes locales de service public vivent d’un contrat avec le territoire qui les finance. Plus elles réussissent à exister hors de l’antenne câble d’origine (box, YouTube, réseaux) plus leur coût de production augmente, sans que la publicité locale suive. SFR au capital rappelle l’héritage du câble. Cela ne fait pas un modèle digital.

La fragilité n’est pas seulement comptable. Elle est politique. Une SEM dont les deux premiers actionnaires sont une agglomération et un département s’expose, à chaque budget, à la question de l’utilité. Couvrir 262 communes yvelinoises avec 1,3 million d’euros impose des choix : moins de plateau, plus de formats courts, davantage de partenariats. Ou accepter que la télé locale reste un service subventionné, comme une médiathèque audiovisuelle.

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