Twitter ressuscite sans Elon Musk, mais son retour se joue devant la justice
Une start-up américaine vient de lancer Twitter.now, un réseau social reprenant le nom, l’oiseau bleu et le vocabulaire de l’ancien Twitter. Operation Bluebird estime que X a abandonné ces marques lors de son changement d’identité, une interprétation vigoureusement contestée par l’entreprise d’Elon Musk.
L’ancien Twitter revient sous une nouvelle direction
Accessible depuis le début de la semaine, Twitter.now ressemble volontairement au réseau social précédant son rachat par Elon Musk. La plateforme permet de publier des « tweets » et de les repartager sous forme de « retweets », avec un logo représentant un oiseau blanc sur fond bleu.
Le projet est porté par Operation Bluebird, une entreprise installée en Virginie. Parmi ses fondateurs figure Stephen Coates, ancien avocat spécialisé dans les marques chez Twitter. Il considère que le passage de Twitter à X, engagé en 2023 après un rachat de 44 milliards de dollars, équivaut à un abandon de l’ancienne identité commerciale.
X tente de bloquer cette résurrection
Operation Bluebird a demandé en décembre 2025 à l’office américain des marques d’annuler plusieurs titres détenus par X, notamment ceux protégeant « Twitter » et « Tweet ». X a répliqué en engageant une procédure fédérale pour contrefaçon et en réclamant l’interdiction du nouveau service. L’entreprise affirme que « Twitter n’a jamais disparu » et demeure sa propriété exclusive.
Le juge fédéral Colm Connolly a exprimé oralement des doutes sur la conservation de certains droits par X, notamment autour du mot « tweet » et du célèbre oiseau. Ces observations provisoires ne constituent toutefois pas une décision définitive. Aucun jugement écrit n’a encore attribué la marque Twitter à Operation Bluebird, et la procédure reste donc ouverte.
Un réseau sans fil imposé par un algorithme
Twitter.now promet de laisser davantage de contrôle aux utilisateurs sur la composition de leur fil d’actualité. Stephen Coates défend une plateforme où la liberté d’expression ne garantit pas automatiquement la visibilité : un message pourrait être publié sans être artificiellement amplifié auprès d’une large audience.
Le service prévoit également un système automatisé de vérification des informations reposant sur Gemini, l’intelligence artificielle de Google. Cette promesse suscite néanmoins des interrogations sur la fiabilité du dispositif, la transparence de ses décisions et la manière dont les contenus contestés seront réellement traités.
Un lancement encore très confidentiel
La première version ne rassemble pour le moment que quelques centaines d’utilisateurs, selon Ars Technica. L’accès anticipé coûte 20 dollars aux « membres fondateurs », qui peuvent notamment réserver leur nom d’utilisateur. Le modèle se distingue donc, à ce stade, de l’inscription gratuite proposée par les grandes plateformes sociales.
Operation Bluebird devra désormais surmonter deux obstacles majeurs : obtenir gain de cause devant la justice et convaincre des utilisateurs déjà sollicités par Threads, Bluesky ou Mastodon. Malgré son changement de nom, X demeure largement dominant. La nouvelle entreprise mise cependant sur la nostalgie d’un symbole universel : l’oiseau bleu qu’Elon Musk avait lui-même choisi de faire disparaître.
La rédaction
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