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Fusions-acquisitions

Vianney d’Alançon rachète VSD et veut relancer l’emblématique magazine français

Par La rédaction Publié le 11 Août 2026 à 18h38 5 min de lecture
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Vianney d’Alançon rachète VSD et veut relancer l’emblématique magazine français
Vianney d’Alançon rachète VSD et veut relancer l’emblématique magazine français

C’est un nouveau changement de propriétaire pour l’un des titres historiques de la presse magazine française. VSD a été racheté par l’entrepreneur Vianney d’Alançon, selon une information publiée par Le Figaro le 7 août 2026. Une opération qui ouvre un nouveau chapitre pour ce magazine créé en 1977, devenu l’un des emblèmes de la presse populaire et du photojournalisme dans les années 1980. Le titre avait déjà connu plusieurs propriétaires et périodes de turbulences économiques au cours des dernières décennies.

Pour Vianney d’Alançon, cette arrivée dans VSD constitue aussi une nouvelle incursion remarquée dans l’univers des médias. Entrepreneur notamment actif dans le patrimoine et le spectacle historique, il avait participé en 2024 au rachat de l’École supérieure de journalisme de Paris, aux côtés d’un consortium d’investisseurs, avant d’en prendre la présidence. Le rachat de VSD lui donne désormais accès à une marque de presse directement connue du grand public.

VSD, une marque qui a marqué les années 1980

Fondé par l’ancien patron d’Europe 1 Maurice Siegel, VSD initialement pour « vendredi, samedi, dimanche » s’était construit autour d’un cocktail mêlant actualité, grandes photographies, enquêtes, célébrités, faits divers et loisirs. Son traitement très visuel de l’information lui avait permis de s’imposer face à une concurrence particulièrement forte. Dans ses grandes années, le titre s’était notamment fait remarquer par ses reportages et sa couverture des sports mécaniques et du Paris-Dakar.

Mais le paysage de la presse s’est profondément transformé. Après le décès de Maurice Siegel, VSD a traversé de nombreux changements de propriétaires et de formules. Le magazine dépose notamment son bilan en 1995 avant d’être repris par Prisma Presse en 1996. Les chiffres illustrent ensuite l’érosion du titre : sa diffusion payée en France était encore de 107 183 exemplaires en 2015, contre 81 689 en 2017. Son chiffre d’affaires était parallèlement passé de 18,94 millions d’euros en 2012 à 6,43 millions en 2018, selon les données historiques compilées pour le titre.

Des années particulièrement mouvementées

En 2018, Prisma cède VSD à l’homme de presse Georges Ghosn et le titre abandonne son rythme hebdomadaire pour devenir mensuel. L’opération ne suffit pas à régler ses difficultés économiques : la société est placée en redressement judiciaire en août 2019. Un plan de redressement est finalement validé en 2021, mais VSD replonge dans la crise et est placé en liquidation judiciaire au début de l’année 2023.

Les dimensions du magazine n’ont alors plus grand-chose à voir avec celles de son âge d’or. En 2023, VSD comptait huit salariés, une dizaine de pigistes et environ 10 000 abonnés, pour 35 000 exemplaires imprimés par numéro. Le titre avait finalement été repris en avril 2023 par Heroes Media, dirigé par Philippe Abreu. Trois ans plus tard, l’arrivée de Vianney d’Alançon confirme donc l’instabilité capitalistique qui accompagne depuis longtemps cette marque historique.

Le défi : transformer la notoriété de VSD en véritable média

Le principal actif récupéré par son nouveau propriétaire est probablement la marque VSD elle-même. Près d’un demi-siècle après sa création, ces trois lettres bénéficient toujours d’une notoriété que devrait coûter extrêmement cher la construction d’un nouveau média à partir de zéro. Mais cette reconnaissance repose largement sur des générations ayant connu l’hebdomadaire dans ses grandes années. Le défi consiste désormais à convertir ce patrimoine éditorial en audience numérique et à attirer de nouveaux lecteurs.

Le chantier dépasse donc une simple relance du magazine imprimé. Face à l’effondrement structurel des ventes de nombreux magazines et à la concurrence des réseaux sociaux, des plateformes vidéo et des médias numériques, VSD doit trouver une identité suffisamment distinctive pour redevenir incontournable. Enquêtes, grands récits, photographie, vidéo et personnalités pourraient constituer des terrains naturels pour une marque historiquement construite sur une information très visuelle. Reste à savoir quelle ligne éditoriale, quels investissements et quel modèle économique accompagneront précisément cette nouvelle période.

Vianney d’Alançon désormais attendu sur son projet éditorial

Ce rachat sera également observé en raison du profil du nouveau propriétaire. Vianney d’Alançon a développé plusieurs activités liées au patrimoine français, notamment autour des châteaux de Saint-Vidal et de La Barben et du projet de spectacle historique Rocher Mistral. Son implication dans l’ESJ Paris l’avait déjà installé dans les débats concernant la formation des journalistes et le pluralisme des médias. Avec VSD, il passe cette fois de la formation à la détention directe d’une marque éditoriale destinée au grand public.

Pour VSD, l’opération ressemble donc autant à une nouvelle chance qu’à un pari. Le magazine possède une histoire, un nom immédiatement identifiable et une place particulière dans la mémoire de la presse française. Il lui manque encore la démonstration qu’une marque emblématique des kiosques des années 1980 peut devenir un média pertinent à l’ère de TikTok, YouTube et de l’intelligence artificielle. Après plusieurs reprises et crises successives, c’est désormais sur ce terrain que sera jugée l’ère Vianney d’Alançon.

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