Yulia Harfouch entre dans le Financial Times comme voix du luxe patrimonial
Ce n’est plus seulement une silhouette. C’est une lecture du marché. Cité vendredi 4 septembre 2026 dans le « Special Report Watches and Jewellery » du Financial Times, Yulia Harfouch apporte au quotidien économique britannique le regard d’une professionnelle qui a traversé les ateliers avant de diriger un média. L’article « Jewelled handbags move beyond the red carpet » interroge le basculement des sacs-bijoux, chez Cartier, Bvlgari, Buccellati ou Van Cleef & Arpels, du tapis rouge vers le patrimoine. La top model devenue entrepreneuse des médias, à la tête de HD Fashion & Lifestyle TV, y est sollicitée non comme égérie, mais comme spécialiste capable de dire pourquoi certaines pièces cessent d’être des accessoires pour devenir des objets de transmission.
Elle s’appuie sur une acquisition précise, un sac-bijou Hermès qu’elle n’a pas choisi pour la saison. « J’ai acheté un sac-bijou Hermès parce que je le voyais comme un véritable héritage », confie-t-elle au journal. Rareté, métaux précieux, pierres et production limitée rapprochent selon elle la pièce d’une œuvre à collectionner davantage que d’un sac traditionnel. Le propos n’est pas improvisé. Plus de dix ans de podiums et de fittings, notamment chez Chanel avec Karl Lagerfeld et pendant trois ans auprès de Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton, lui ont donné accès aux coulisses de la création, des prototypes aux défilés. ESMOD Paris, le concours Ford Supermodel en Russie, les grandes agences : le parcours explique la netteté du diagnostic.
Du fitting des maisons à la direction d’un média du luxe
La parole du Financial Times prolonge une trajectoire déjà documentée. En juillet 2025, Technikart lui consacrait sa couverture et l’entretien « Yulia’s World », la présentant comme égérie, connaisseuse de la couture et dirigeante. Madame Figaro dressait le même portrait d’une femme qui refuse le suivi superficiel des tendances pour inscrire la mode dans l’histoire et la transmission. HD Fashion TV, fondée en Ukraine en 2010, a déplacé ses activités à Dubaï après le déclenchement de la guerre. Sous sa direction, la chaîne couvre Fashion Weeks, savoir-faire, beauté, art et lifestyle, avec une ligne claire : décrypter plutôt que commenter. Visible aux grands rendez-vous, jusqu’au gala de l’amfAR à Cannes en Saint Laurent, Yulia Harfouch parle désormais depuis les deux rives, celle des maisons et celle des écrans.
Le marché qu’elle commente accélère. Cartier a présenté à la Haute Couture parisienne une série de sacs précieux intégrés à Cartier Soir. Bvlgari a confié la maroquinerie à Mary Katrantzou en prolongeant l’imaginaire Serpenti. Buccellati a même remis en production des modèles inspirés de créations des années 1920, après l’intérêt suscité à Venise en 2024. Dans ce paysage, la phrase retenue par le Financial Times le 4 septembre 2026 fonctionne comme une clé. Pour une frange du très grand luxe, certaines pièces ne sont plus seulement faites pour être portées. Elles sont choisies pour être conservées, collectionnées, un jour transmises. Yulia Harfouch ne survole pas le sujet. Elle l’incarne, et c’est précisément ce que le titre britannique est venu chercher.
Aimé Kaniki
Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.
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