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En Uruguay, la radio reste puissante entre grandes stations historiques et nouveaux usages numériques

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En Uruguay, la radio reste puissante entre grandes stations historiques et nouveaux usages numériques
En Uruguay, la radio reste puissante entre grandes stations historiques et nouveaux usages numériques

La radio conserve une place importante dans le paysage médiatique uruguayen. À Montevideo comme dans le reste du pays, les grandes stations historiques restent très identifiées, mais le marché évolue rapidement sous l’effet du streaming, de YouTube, des podcasts et des changements de propriétaires. En 2025, Radio Monte Carlo dominait toujours l’AM, tandis que FM Inolvidable s’imposait sur la bande FM.

Le marché radiophonique uruguayen présente une particularité : les stations AM restent encore très présentes, notamment pour l’information, le débat politique et les programmes de société. Selon la mesure 2025 du Buró de Radios réalisée par Factum à Montevideo et dans son aire métropolitaine, Radio Monte Carlo était la station AM la plus écoutée, devant Radio Sarandí. Monte Carlo affichait environ 1,09 point d’audience en moyenne sur la semaine, un niveau qui lui permettait de conserver une première place déjà occupée lors des précédentes vagues de mesure.

En FM, le paysage est davantage dominé par les formats musicaux. FM Inolvidable, sur 93.1 FM, arrivait en tête en 2025 avec 2,60 points de rating individuel. Ce résultat confirme une séparation assez nette entre les usages : l’AM reste fortement associée à l’information et aux émissions parlées, tandis que la FM domine davantage sur la musique et le divertissement.

Monte Carlo et Sarandí restent des références

Radio Monte Carlo est l’une des grandes marques historiques de la radio uruguayenne. Elle émet sur 930 kHz à Montevideo et demeure une référence pour l’information, les débats et le sport. La station appartient à Monte Carlo S.A., dont la structure actionnariale a encore évolué ces dernières années, preuve que les actifs radiophoniques traditionnels restent stratégiques sur le marché uruguayen.

Radio Sarandí conserve également une place importante dans le paysage de l’information. La concurrence entre ces stations est particulièrement forte sur les matinales, où se concentrent les interviews politiques, les éditorialistes et les grands rendez-vous d’actualité.

Le poids persistant de ces radios montre que l’Uruguay reste un marché où la parole radiophonique conserve une forte influence politique et médiatique. À Montevideo, certaines émissions matinales restent de véritables lieux de passage obligés pour les responsables politiques, les dirigeants économiques et les personnalités publiques.

Le marché commence pourtant à bouger

L’année 2026 marque aussi plusieurs évolutions dans la propriété des radios. L’un des dossiers les plus significatifs concerne M24, station qui avait cessé ses activités à la fin de 2025. En février 2026, le média indépendant La Diaria a annoncé avoir engagé le processus de rachat de trois fréquences : 97.9 FM à Montevideo, 102.5 FM à Maldonado et 90.9 FM à Colonia.

L’objectif annoncé était de lancer La Diaria Radio sur ces fréquences dès avril 2026, parallèlement à ses émissions déjà proposées sur YouTube et son site. Le projet illustre parfaitement l’évolution du secteur : un média historiquement centré sur la presse écrite et numérique cherche désormais à construire une offre audio multiplateforme combinant FM, streaming et vidéo.

Cette opération a aussi relancé le débat sur la concentration et la transparence dans le secteur. L’Association de la presse uruguayenne avait notamment exprimé des inquiétudes fin 2025 concernant la vente des fréquences de M24, la situation des salariés et la nécessité de connaître précisément les futurs propriétaires de ces actifs.

Un secteur très encadré par les pouvoirs publics

Comme dans beaucoup de pays, les fréquences radiophoniques uruguayennes restent étroitement réglementées. Les transferts de licences doivent recevoir l’approbation des autorités, notamment de l’Unité de régulation des services de communication, l’URSEC.

En septembre 2025, par exemple, le gouvernement avait autorisé le transfert de 99,07 % du capital de Comando S.A., société exploitant Radio Clarín AM 580, à Roberto López Rodríguez.

Les autorités continuent également de contrôler l’utilisation effective des fréquences. En mai 2026, le gouvernement a ainsi révoqué l’autorisation accordée à la radio communautaire La Gaviota sur 103.3 FM à Montevideo après avoir constaté que la station n’émettait plus depuis plusieurs années.

La radio doit désormais composer avec YouTube et le streaming

Le principal bouleversement est toutefois numérique. Comme dans le reste de l’Amérique latine, de nombreuses émissions uruguayennes ne sont plus consommées uniquement via un récepteur radio. Les studios sont désormais filmés, les séquences sont publiées sur YouTube et les interviews circulent sur les réseaux sociaux.

Cette transformation modifie progressivement la définition même d’une station. Une émission matinale peut être écoutée en FM ou AM, regardée en direct sur YouTube puis consommée plusieurs heures plus tard sous forme d’extraits ou de podcasts.

L’arrivée de La Diaria sur les fréquences de M24 illustre bien cette convergence. Le média ne construit pas simplement une radio traditionnelle : il cherche à faire fonctionner simultanément antenne, site internet, streaming et vidéo.

Un marché petit mais très concurrentiel

Avec une population d’environ 3,5 millions d’habitants, l’Uruguay reste un marché médiatique relativement réduit. La concurrence est néanmoins forte, en particulier à Montevideo, où se concentrent les principales stations nationales, les annonceurs et les personnalités médiatiques.

Cette petite taille explique également pourquoi les chiffres d’audience peuvent paraître modestes en comparaison de la France, de l’Espagne ou de l’Argentine. Dans les mesures du Buró de Radios, un point de rating correspondait en 2025 à environ 13 719 personnes dans la zone étudiée. Radio Monte Carlo représentait ainsi environ 15 000 auditeurs moyens selon certaines périodes de mesure.

Mais l’influence d’une station ne se limite plus à son audience instantanée. Les radios uruguayennes multiplient désormais les contenus numériques, les vidéos et les podcasts, ce qui élargit considérablement leur audience au-delà du direct.

Le marché uruguayen illustre donc une évolution que l’on retrouve ailleurs : la radio traditionnelle ne disparaît pas, elle devient progressivement un média audio et vidéo multiplateforme. Les fréquences AM et FM restent essentielles, mais l’avenir du secteur se jouera de plus en plus sur la capacité des stations à transformer leurs marques historiques en véritables médias numériques.

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