Romane Turquin, cette jeune actrice et réalisatrice encore largement sous-cotée
Elle n’est pas encore un visage installé du cinéma français, mais son parcours mérite déjà davantage d’attention. Actrice, réalisatrice, scénariste, créatrice de contenu et professionnelle du digital, Romane Turquin construit depuis plusieurs années une trajectoire particulièrement complète. Entre théâtre, courts métrages, fiction et communication numérique, elle avance sans brûler les étapes. Et à seulement quelques projets visibles, elle apparaît déjà comme l’un de ces profils encore très sous-cotés que le milieu pourrait rapidement regarder de beaucoup plus près.
Romane Turquin appartient à cette génération de jeunes artistes qui ne se contentent plus d’attendre qu’un rôle arrive. Elle joue, écrit, réalise, produit du contenu et maîtrise en parallèle les outils permettant de faire exister un projet auprès du public. Sa carrière de comédienne commence à prendre forme. Sa fiche IMDb la crédite notamment dans « Les Aventures de Santini » et « Hors Procédure », deux productions datées de 2026. À cela s’ajoute une expérience théâtrale déjà concrète.
En avril 2026, elle figure ainsi dans la distribution de « À tes amours, à tes rêves ! Avant expiration… », spectacle construit d’après Anton Tchekhov et mis en scène par Claude Viala au Théâtre de l’Opprimé à Paris. La production a été jouée à six reprises entre le 9 et le 18 avril. Romane Turquin y interprète notamment Anna Petrovna et Elena, confirmant une volonté de travailler le jeu au-delà de la seule fiction audiovisuelle.
Une actrice qui préfère aussi créer ses propres rôles
Mais c’est probablement derrière la caméra que son profil devient encore plus intéressant.
Romane Turquin a réalisé « Le Cri de trop », un court métrage autour du harcèlement de rue et de la sororité, présenté au Nikon Film Festival. Elle expliquait alors avoir voulu transformer son intérêt pour le cinéma en projet concret après avoir terminé ses études et commencé à travailler dans le digital. Le projet raconte la confrontation d’une jeune femme à un homme menaçant dans une rue parisienne. L’un des intérêts de cette réalisation est qu’elle révèle déjà plusieurs thèmes qui semblent traverser son univers : la condition féminine, les rapports humains, la peur, la solidarité et les mécanismes de domination.
Son travail de réalisatrice se poursuit avec « Le Gars », pour lequel elle signe à la fois la réalisation et le scénario. Le court métrage, également présenté au Nikon Film Festival, s’intéresse cette fois à l’emprise et à la confiance à travers une relation qui commence par une simple voix et quelques mots. Dans sa présentation, Romane Turquin se définit elle-même comme une femme de 25 ans installée à Paris pour devenir actrice et cite parmi les sujets qui la touchent le féminisme, l’écologie, l’amour et l’amitié. Elle explique apprendre à utiliser la fiction cinématographique pour les mettre en scène.
Cela peut sembler modeste, mais c’est précisément ce qui rend son parcours crédible : elle ne cherche pas encore à se présenter comme une cinéaste accomplie. Elle construit progressivement son langage.
Un profil beaucoup plus complet qu’une simple fiche de casting
Romane Turquin possède surtout un deuxième univers professionnel qui la distingue fortement de nombreux jeunes comédiens.
Diplômée en marketing digital et e-commerce à Sup de Pub, après une licence Information et Communication à l’Université Lumière Lyon 2, elle travaille également dans le webmarketing. Son profil Malt détaille des compétences allant du SEO au social media en passant par l’UX, la gestion de sites web, la rédaction et la stratégie de communication. Elle a notamment travaillé chez NEXXLED comme responsable SEO et social media, après une expérience chez Adcom dans la communication et le référencement. Ce parcours pourrait sembler éloigné de son ambition artistique. Il est au contraire particulièrement cohérent avec l’évolution actuelle du métier.
Aujourd’hui, un jeune acteur ou réalisateur doit souvent savoir bien davantage que jouer devant une caméra. Comprendre les réseaux sociaux, développer son image, produire des vidéos, fédérer une communauté ou encore maîtriser les mécanismes de diffusion peut devenir un avantage considérable. Romane Turquin possède déjà cette culture.
Créatrice de contenu depuis 2020
Son profil Malt indique également une activité de créatrice de contenu depuis 2020. Elle mentionne des partenariats réalisés sur TikTok avec plusieurs marques, parmi lesquelles La Roche-Posay, Nature et Moi, Deep et Cabaïa.
Elle produit par ailleurs ses propres vidéos sur YouTube et prend en charge plusieurs étapes de fabrication : organisation, écriture, tournage, montage puis communication. C’est probablement là que se trouve l’une des clés de son potentiel. Romane Turquin sait déjà passer de l’idée au produit fini. Elle maîtrise aussi bien l’écriture d’un projet que sa fabrication et sa diffusion. Dans un secteur audiovisuel où les carrières deviennent de moins en moins linéaires, cette polyvalence peut faire une vraie différence.
Pourquoi Romane Turquin est encore sous-cotée
Dire qu’une jeune actrice est « sous-cotée » ne signifie évidemment pas qu’elle devrait déjà être tête d’affiche d’un grand film. Son parcours reste en construction et sa filmographie demeure encore courte.
Mais le décalage entre son niveau actuel d’exposition et la diversité de ce qu’elle entreprend est réel. Elle joue au théâtre, apparaît dans des fictions, écrit, réalise des courts métrages, travaille son propre univers artistique et dispose parallèlement d’une véritable expertise dans la communication numérique. Peu de jeunes profils peuvent déjà présenter une palette aussi large. Surtout, Romane Turquin donne l’impression de ne pas attendre qu’une industrie décide seule de son avenir. Lorsqu’elle ne joue pas, elle crée. Lorsqu’elle ne réalise pas, elle développe d’autres compétences. Cette capacité à multiplier les expériences sans abandonner une ligne artistique personnelle constitue sans doute sa principale force.
Sa présence dans « Les Aventures de Santini » et « Hors Procédure » en 2026 ajoute désormais une nouvelle étape à cette progression. Elle n’est pas encore connue du grand public. Son nom ne suffit pas encore à faire vendre un film ou remplir une salle. Mais c’est justement ce qui rend le moment intéressant : Romane Turquin se trouve encore dans cette période où une carrière peut basculer grâce à un rôle, une rencontre ou un projet plus exposé. À ce stade, une chose apparaît déjà clairement : son profil dépasse largement celui d’une jeune actrice qui attend son prochain casting. Romane Turquin écrit, réalise, joue et comprend déjà la manière dont une œuvre se construit et trouve son public. Une polyvalence encore discrète aujourd’hui, mais qui pourrait bien rendre son nom beaucoup moins confidentiel demain.




