Aller au contenu

Télévision · Radio · Presse · Numérique

Tout le fil d’actualité
Télévision

BFMTV accusée de diffuser des propos « racistes » par LFI, la chaîne dénonce une campagne de dénigrement

Partager
BFMTV accusée de diffuser des propos « racistes » par LFI, la chaîne dénonce une campagne de dénigrement
BFMTV accusée de diffuser des propos « racistes » par LFI, la chaîne dénonce une campagne de dénigrement

BFMTV se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique sur son traitement de l’actualité politique. Depuis samedi 24 octobre 2026, plusieurs responsables de La France insoumise accusent la chaîne d’information de laisser s’exprimer des discours qu’ils jugent racistes, notamment dans les émissions de Sonia Mabrouk. Dimanche soir, la direction de BFMTV a fermement contesté ces accusations, dénonçant une « campagne de dénigrement publique » contre ses journalistes. La controverse prend une dimension supplémentaire avec les critiques formulées par les syndicats de la chaîne et les incidents survenus lors de reportages à Trappes et à Paris.

La tension entre BFMTV et La France insoumise s’est accentuée au cours du week-end, dans le contexte de l’attaque meurtrière survenue vendredi 23 octobre à Trappes, dans les Yvelines. Samedi, lors d’une manifestation parisienne, Jean-Luc Mélenchon a vivement interpellé un journaliste de la chaîne qui souhaitait l’interroger. Le dirigeant insoumis a demandé à BFMTV de mettre fin à ce qu’il considère comme des remarques racistes diffusées à l’antenne, avant de refuser de poursuivre l’échange. Le lendemain, Louis Boyard a directement mis en cause la rédaction lors de son passage sur BFMTV. Le député du Val-de-Marne a notamment évoqué de récentes interventions d’Éric Zemmour, dont certaines déclarations sont, selon lui, constitutives de propos racistes. Il a également critiqué l’absence de contradiction qu’il estime constater dans certaines émissions, visant particulièrement « 100 % Mabrouk », présentée par Sonia Mabrouk. Face à ces accusations, le journaliste Loïc Besson a défendu le travail de ses confrères, affirmant que les propos problématiques faisaient l’objet d’une contradiction à l’antenne. Les échanges ont illustré les désaccords entre le parti et la chaîne sur les conditions dans lesquelles les responsables politiques sont invités et interrogés.

Cette confrontation s’inscrit dans un différend plus ancien. Dès septembre, La France insoumise avait annoncé un boycott temporaire des plateaux de BFMTV, reprochant à la chaîne plusieurs déprogrammations de dernière minute, des changements de sujets et une évolution de sa ligne éditoriale. Le parti avait ensuite repris sa participation à certaines émissions, tout en maintenant ses critiques à l’égard du programme de Sonia Mabrouk. Arrivée de CNews, la journaliste fait l’objet de contestations régulières concernant la sélection de ses invités et la place accordée aux personnalités de droite et d’extrême droite. Elle a toutefois répondu aux accusations de déséquilibre en mettant en avant la présence de responsables politiques issus d’autres sensibilités dans son émission. La polémique a également été ravivée par l’intervention du maire de Trappes, Ali Rabeh, invité vendredi sur BFMTV après l’attaque. L’élu avait dénoncé la place accordée, selon lui, aux discours discriminatoires dans le débat médiatique. Ces critiques soulèvent une question sur la responsabilité des chaînes d’information lorsqu’elles invitent des personnalités tenant des propos controversés. Elles ne permettent cependant pas, à elles seules, d’établir un lien de causalité entre une émission particulière et les violences survenues à Trappes.

BFMTV défend son indépendance tandis que ses syndicats critiquent certaines émissions

Face à la multiplication des accusations, la direction de BFMTV a publié un communiqué dimanche 25 octobre pour défendre ses journalistes. La chaîne dénonce des accusations qu’elle juge infondées, formulées depuis quarante-huit heures contre son antenne et plusieurs de ses présentateurs, particulièrement Sonia Mabrouk. Elle estime être la cible d’une campagne publique de dénigrement et refuse que son travail soit instrumentalisé dans le cadre des confrontations politiques précédant l’élection présidentielle de 2027. BFMTV réaffirme son attachement au pluralisme et à la représentation de l’ensemble des sensibilités politiques sur son antenne. Elle indique également se réserver la possibilité d’engager des actions si de nouvelles pressions étaient exercées contre ses équipes. Cette prise de position intervient alors que plusieurs journalistes ont rencontré des difficultés sur le terrain. Samedi 24 octobre, deux reporters de BFMTV ont notamment été pris à partie lors d’un rassemblement à Trappes, certaines personnes présentes leur reprochant la couverture éditoriale de leur chaîne. Les journalistes ont dû quitter les lieux. Ces incidents ont suscité des réactions de soutien à leur égard, la sécurité des équipes de reportage constituant un enjeu distinct des critiques légitimes pouvant être adressées à la ligne éditoriale d’un média.

La situation est d’autant plus sensible que les critiques ne proviennent pas uniquement de responsables politiques extérieurs à BFMTV. Dans un communiqué également publié dimanche, les représentants du Syndicat national des journalistes et de la CGT au sein de RMC-BFM ont dénoncé certaines prises de parole diffusées sur la chaîne. Les syndicats estiment que plusieurs déclarations tenues par des invités contribuent à donner une image raciste de leur média et regrettent l’absence de réaction qu’ils jugent suffisante de la part de la direction ou de certains présentateurs. Ils citent notamment les interventions récentes d’Éric Ciotti et d’Éric Zemmour, tout en alertant sur les conséquences possibles de ces séquences pour les journalistes qui travaillent quotidiennement sur le terrain. Cette contestation interne met en évidence les tensions entre la volonté de proposer des débats ouverts, la nécessité de confronter les déclarations des invités aux faits et les obligations déontologiques d’une chaîne d’information. Pour BFMTV, l’enjeu dépasse désormais la seule polémique avec LFI. La direction doit également répondre aux interrogations d’une partie de ses salariés sur les pratiques éditoriales et préserver les conditions de travail de ses reporters. À quelques mois de la présidentielle de 2027, cette affaire illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les chaînes d’information lorsqu’elles cherchent à concilier pluralisme politique, rigueur journalistique et maîtrise des échanges à l’antenne.

Partager cet article

Votre article, prêt à partager.

Téléchargez le visuel, puis ajoutez-le à votre publication Instagram. Vous pouvez aussi copier la légende avec le lien de l'article.

Prolongez la lecture