Sam Zirah reçoit François Asselineau et lance une émission politique pour la présidentielle de 2027
Sam Zirah franchit une nouvelle étape dans sa diversification éditoriale. Le créateur de contenus a lancé dimanche 1er novembre « Le meilleur candidat », une émission politique diffusée sur YouTube à l’approche de la présidentielle de 2027. Pour inaugurer ce format, il a choisi François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), dans un entretien mêlant programme électoral, confidences personnelles et séquences inspirées des réseaux sociaux.
Après s’être imposé dans l’univers de la téléréalité, Sam Zirah poursuit son rapprochement avec le monde politique. Dimanche 1er novembre, à 17 heures, l’animateur a lancé sur sa chaîne YouTube un nouveau rendez-vous intitulé « Le meilleur candidat ». L’objectif est de proposer aux personnalités engagées dans la course à l’Élysée un entretien différent des interviews politiques traditionnelles. Pour ce premier numéro, François Asselineau, président de l’UPR, a accepté de se prêter à l’exercice. À 69 ans, l’ancien haut fonctionnaire espère réunir les 500 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle de 2027, après avoir échoué à se qualifier en 2022.
Le choix de François Asselineau permet à Sam Zirah d’inaugurer son émission avec une personnalité politique particulièrement présente sur Internet. Le président de l’UPR défend depuis plusieurs années la sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. Son invitation s’inscrit dans la volonté affichée par le créateur de contenus de recevoir des responsables de différentes sensibilités politiques, sans limiter son programme aux personnalités les plus présentes sur les grandes chaînes de télévision.
Douze cartes pour interroger les candidats autrement
Le concept de « Le meilleur candidat » repose sur un dispositif simple : l’invité doit tirer à l’aveugle douze cartes correspondant à différentes thématiques. Parmi elles figurent notamment « Programme », « Polémique », « Rumeur », « Réseaux », « Story time », « Small talk » ou encore « Ma commu ». Chaque carte permet d’aborder un aspect de la personnalité du candidat, de son parcours ou de ses positions politiques. L’émission entend ainsi mêler les questions de fond à des échanges plus personnels, dans un cadre moins formel que celui des plateaux d’information traditionnels.
Pour ce premier numéro, François Asselineau revient sur ses propositions politiques, sa vision de la fonction présidentielle et ses critiques de plusieurs responsables politiques, parmi lesquels Marine Le Pen, Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal. Il évoque également Vladimir Poutine, la guerre en Ukraine et le Frexit. L’entretien aborde aussi les accusations d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel formulées à son encontre par d’anciens collaborateurs, accusations qu’il conteste. Ces différents sujets illustrent la volonté de Sam Zirah de combiner les dimensions politiques, personnelles et controversées du parcours de son invité.
François Asselineau confronté aux codes de la génération Z
L’émission ne se limite toutefois pas aux échanges politiques. Sam Zirah introduit également des séquences inspirées des tendances numériques et du langage des jeunes internautes. François Asselineau est notamment invité à reproduire le phénomène viral du « 67 » et à deviner la signification de certaines expressions populaires auprès de la génération Z. Ces moments plus légers participent à l’identité du programme, qui cherche à rapprocher les personnalités politiques des usages culturels de son audience.
Cette approche correspond à la méthode développée depuis plusieurs années par Sam Zirah. Initialement connu pour ses longs entretiens avec des candidats de téléréalité, l’animateur a progressivement élargi son champ d’intervention aux sujets de société et à la politique. Il a notamment reçu des personnalités issues de différentes formations, dont Olivier Faure, Rima Hassan, Jean-Philippe Tanguy ou encore Aurore Bergé. Son positionnement repose sur des entretiens approfondis dans lesquels les questions personnelles occupent une place importante, avec l’ambition affichée de rendre les responsables politiques plus accessibles à des publics qui ne suivent pas nécessairement les médias d’information traditionnels.
YouTube devient un terrain stratégique pour la présidentielle
Avec « Le meilleur candidat », Sam Zirah confirme la place croissante des créateurs de contenus dans la communication politique. Selon RTL, il rassemble plus de 6,5 millions d’abonnés et de personnes qui le suivent sur l’ensemble de ses réseaux sociaux. Cette audience représente un potentiel de visibilité important pour les candidats, notamment auprès des jeunes générations. Les entretiens diffusés sur YouTube permettent par ailleurs des formats longs, moins contraints par les durées habituelles des journaux télévisés et des émissions politiques.
Cette évolution pose néanmoins des questions sur la nature de ces nouveaux espaces médiatiques. Les personnalités politiques peuvent y développer leurs propositions et leur image dans un environnement différent de celui des rédactions traditionnelles. L’enjeu est alors de trouver un équilibre entre la liberté éditoriale des créateurs, l’accessibilité des échanges et la nécessité de confronter les affirmations des invités à des questions précises. Sam Zirah revendique pour sa part une démarche pluraliste et assure vouloir recevoir des représentants de l’ensemble des courants politiques.
L’Arcom s’intéresse aux interviews politiques sur les plateformes
Le développement de ces nouveaux formats attire également l’attention de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. À l’approche de la présidentielle de 2027, l’Arcom a engagé une concertation avec plusieurs créateurs de contenus afin d’examiner les questions de pluralisme et de traitement des personnalités politiques sur les plateformes numériques. Les entretiens diffusés sur YouTube peuvent désormais atteindre des audiences comparables à celles de certains programmes télévisés, sans être nécessairement soumis aux mêmes règles concernant les temps de parole.
Sam Zirah a confirmé avoir été sollicité dans le cadre de ces échanges. Il souligne toutefois qu’aucun dispositif précis de décompte du temps de parole ne lui a été présenté à ce stade. L’animateur s’interroge notamment sur la manière dont d’éventuelles règles pourraient être appliquées à des émissions qui ne sont pas exclusivement politiques et dont les invités restent libres d’accepter ou de refuser les sollicitations. Il affirme néanmoins qu’il respecterait les obligations qui pourraient être instaurées.
Une nouvelle étape dans la transformation des médias politiques
Le lancement de « Le meilleur candidat » illustre une évolution plus large de la couverture des campagnes électorales. Les responsables politiques ne s’adressent plus uniquement aux électeurs par l’intermédiaire des journaux télévisés, des radios ou de la presse écrite. Ils multiplient également les apparitions dans les podcasts, les émissions numériques et les entretiens diffusés sur les réseaux sociaux. Ces nouveaux espaces permettent de toucher des audiences différentes, mais contribuent aussi à modifier les codes de l’interview politique.
Pour Sam Zirah, ce programme représente une étape supplémentaire dans la construction d’une offre éditoriale qui dépasse désormais largement la téléréalité. Pour François Asselineau, cette première invitation constitue une occasion de présenter ses propositions et son parcours à un public potentiellement différent de son audience habituelle. Reste à savoir quelles autres personnalités accepteront de participer à « Le meilleur candidat » et comment l’émission évoluera au fil de la campagne présidentielle. Son lancement confirme en tout cas que YouTube occupe désormais une place importante dans les stratégies de visibilité des responsables politiques français.



