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Télévision

Le petit écran vietnamien, un quasi-monopole sans équivalent en Europe

Par Aimé Kaniki Publié le 20 Juin 2026 à 15h21 3 min de lecture
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Le petit écran vietnamien, un quasi-monopole sans équivalent en Europe
Le petit écran vietnamien, un quasi-monopole sans équivalent en Europe (dr)

Le paysage médiatique au Vietnam offre un contraste saisissant avec celui de la France. Fortement encadré par l’État, il repose sur un modèle où les principaux groupes audiovisuels, comme Vietnam Television (VTV), dominent largement. Avec plus de 70 % de part d’audience cumulée pour ses chaînes nationales, VTV structure l’essentiel de la consommation télévisuelle, là où en France le paysage est beaucoup plus fragmenté.

Au Vietnam, on compte environ 100 millions d’habitants et plus de 70 millions d’internautes, avec une pénétration mobile massive. La télévision reste très regardée, notamment en soirée, mais les plateformes numériques explosent. À titre de comparaison, la France affiche une consommation TV en baisse continue, autour de 3h10 par jour en moyenne, tandis que le Vietnam reste au-dessus des 3h30 quotidiennes.

Une télévision encore ultra-dominante

En juin 2026, les programmes les plus populaires au Vietnam restent très marqués par l’information et le divertissement familial. Le journal du soir de VTV, diffusé à 19h, rassemble régulièrement plus de 20 millions de téléspectateurs, un niveau sans équivalent en France où le Journal de 20 heures de TF1 dépasse rarement les 5 à 6 millions.

Les émissions de télé-crochet comme “Rap Việt” ou “The Masked Singer Vietnam” dominent également les audiences, avec des pics dépassant les 30 % de part de marché. À titre de comparaison, en France, The Voice ou Mask Singer oscillent plutôt entre 15 et 25 %, signe d’une concurrence bien plus forte.

Le boom du digital et des plateformes locales

Le Vietnam connaît une croissance fulgurante du numérique, portée par des acteurs locaux comme Zalo ou des plateformes vidéo nationales. YouTube et TikTok y sont également ultra-dominants, avec des usages quotidiens massifs, notamment chez les moins de 35 ans.

En France, si ces plateformes sont aussi très présentes, la régulation est plus forte et les diffuseurs traditionnels tentent de résister via des offres comme France.tv ou TF1+. Au Vietnam, la frontière entre télévision et digital est beaucoup plus poreuse.

Des contenus très ancrés localement

Les fictions vietnamiennes rencontrent un succès massif. Des séries familiales diffusées sur VTV1 ou VTV3 peuvent atteindre 25 à 30 % de part d’audience. Le public privilégie des récits proches de son quotidien, là où la France mise davantage sur des formats policiers ou des coproductions internationales comme HPI.

Le sport constitue également un levier puissant. Les matchs de football de l’équipe nationale vietnamienne dépassent régulièrement les 40 % de part d’audience, un niveau comparable aux grandes soirées des Équipe de France de football lors des compétitions majeures.

Un système sous contrôle… mais en mutation

Contrairement à la France, où l’audiovisuel est encadré par des autorités indépendantes comme Arcom, le Vietnam conserve un contrôle étatique fort sur les contenus. Cela se traduit par une ligne éditoriale très cadrée, notamment pour l’information.

Mais le pays évolue rapidement. La pression du digital, l’ouverture économique et l’influence des formats internationaux poussent les médias vietnamiens à se réinventer. Là où la France cherche à préserver son modèle face aux géants mondiaux, le Vietnam, lui, construit un écosystème hybride, entre contrôle public et explosion des usages numériques.

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Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

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