Aurélie Preston, de la téléréalité à l’Église essénienne : une reconversion née après sa garde à vue
Ancienne candidate des « Marseillais » et des « Anges », Aurélie Preston, qui utilise désormais son nom Aurélie Le Pêcheur, a profondément changé de vie. Alors qu’elle doit répondre devant la justice d’accusations liées à un home-jacking qu’elle conteste, elle affirme avoir vécu pendant sa garde à vue une révélation spirituelle qui l’a progressivement conduite vers l’Église essénienne chrétienne, où elle a été consacrée pasteur.
Le parcours d’Aurélie Preston avait déjà été marqué par une exposition difficile à la télévision. Révélée dans « Les Marseillais » puis participante aux « Anges » en 2016, elle avait été la cible de nombreuses moqueries et de séquences de harcèlement particulièrement commentées. Lors d’un épisode des « Anges », d’autres candidats avaient notamment jeté son matelas et l’avaient utilisé pour nettoyer le sol. La diffusion avait provoqué plus de 2 000 signalements auprès du CSA, devenu depuis l’Arcom. Elle a par la suite raconté les conséquences psychologiques de cette période et les difficultés rencontrées après son passage dans la téléréalité.
Sa trajectoire prend un nouveau tournant en 2024. Aurélie Preston est mise en cause dans l’enquête portant sur un violent home-jacking commis à Versailles contre un membre de la famille de son ancien compagnon. Les enquêteurs la soupçonnent d’avoir participé à l’organisation des faits avec son nouveau compagnon. Elle conteste formellement cette version et affirme collaborer avec la justice pour démontrer son innocence. Dans un droit de réponse publié par Le Parisien, elle avait déjà déclaré n’avoir « jamais commandité ni participé volontairement à une quelconque activité criminelle ».
Une révélation pendant trois jours de garde à vue
C’est paradoxalement cette garde à vue qu’Aurélie Le Pêcheur présente aujourd’hui comme le point de départ de sa transformation spirituelle. Dans un long portrait publié par Le Parisien, elle raconte que ces trois jours de retrait forcé du quotidien lui ont permis de se retrouver dans un silence inhabituel, loin des téléphones, des réseaux sociaux et de la stimulation permanente. Elle décrit une période très éprouvante, faite notamment de peur et de pleurs, mais qui aurait également provoqué chez elle un véritable basculement intérieur.
Après cet épisode, elle se rapproche d’abord du christianisme évangélique et se fait baptiser. Mais à la fin de l’année 2025, elle prend ses distances avec ce courant pour rejoindre l’Église essénienne chrétienne. Le mouvement associe des références chrétiennes à une dimension ésotérique et à une importante place accordée aux anges et aux archanges. Il trouve son origine contemporaine dans l’enseignement d’Olivier Manitara, décédé en 2020.
Un mouvement surveillé pour des risques de dérives sectaires
Ce choix religieux attire d’autant plus l’attention que le mouvement essénien auquel elle s’est rattachée fait depuis plusieurs années l’objet de critiques et d’une surveillance de la part d’associations spécialisées dans les dérives sectaires. Le portrait du Parisien rappelle notamment des interrogations anciennes sur son fonctionnement financier, les dons demandés aux fidèles et l’organisation de certaines communautés. Depuis la mort d’Olivier Manitara, différentes branches se disputent également son héritage.
Aurélie Le Pêcheur a rejoint la branche française installée notamment autour de Terranova, dans le sud de la France. Elle a depuis été consacrée pasteur de l’Église essénienne chrétienne. Elle travaille également au développement d’un projet baptisé « Nouveau Ciel », qu’elle souhaite transformer en une forme d’Église en ligne, avec l’ambition à terme de disposer également d’un lieu physique. Elle affirme ne percevoir aucune rémunération grâce à son activité religieuse et dit vouloir clairement séparer ses projets artistiques, professionnels et pastoraux.
Une procédure judiciaire toujours en cours
Cette nouvelle vie n’efface toutefois pas la procédure pénale. Selon des informations publiées durant l’été 2026, Aurélie Preston a été renvoyée devant la cour d’assises des Yvelines dans le dossier du home-jacking de Versailles, avec plusieurs autres personnes. Elle reste présumée innocente tant qu’aucune décision définitive n’a été rendue. Elle continue de nier avoir commandité les faits qui lui sont reprochés.
Son parcours réunit ainsi plusieurs univers rarement associés : téléréalité, musique, influence, procédure judiciaire et désormais engagement religieux. Pour Aurélie Le Pêcheur, la garde à vue qu’elle a vécue comme une épreuve judiciaire représente aussi le moment où elle dit avoir commencé à remettre entièrement en question sa vie. Son évolution vers le pastorat essénien constitue aujourd’hui l’un des épisodes les plus inattendus d’une trajectoire médiatique déjà marquée par de nombreux bouleversements.




