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Christel Cherain veut faire d’Opportunity Players le LinkedIn mondial du sport

Par Aimé Kaniki Publié le 14 Sep 2026 à 14h52 4 min de lecture
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Christel Cherain veut faire d’Opportunity Players le LinkedIn mondial du sport
Christel Cherain veut faire d’Opportunity Players le LinkedIn mondial du sport

Christel Cherain n’est pas entrée dans le sport par la tech. Ancienne handballeuse, elle lance en juillet 2024 à Blegny, dans l’orbite liégeoise, Opportunity Players, une plateforme qui se présente comme le réseau social professionnel du sport, valide et non valide. L’idée tient en une phrase qu’elle répète depuis l’origine : une minorité d’athlètes est repérée, une minorité encore plus mince trouve un avenir sportif. Le projet, conçu avec l’entraîneur José Riga aux premiers mois, vise à donner à chaque joueur, quel que soit son niveau, une vitrine capable de générer de l’intérêt. Clubs, coachs, recruteurs, kinés, nutritionnistes, académies et universités sont invités dans le même fil.

Le produit copie volontairement les codes de LinkedIn, avec une touche d’Immoweb et de Tinder revendiquée au lancement. Chaque sportif crée un profil : mensurations, performances, CV généré automatiquement, espace média illimité pour vidéos, photos et articles. L’accès est réservé aux plus de 16 ans, les parents pouvant inscrire leurs enfants. L’abonnement, d’abord annoncé autour de 25 euros par an, s’étage ensuite entre 30 et 110 euros selon les formules. L’application mobile, mise à jour encore début septembre 2026, vend le même argument : pas de publicité, comptes vérifiés, contenu exclusivement sportif.

Des ambassadeurs pour acheter de la confiance

La croissance ne passe pas d’abord par la publicité classique. Elle passe par les noms. Nacer Chadli, Kevin Tumba, Charline Humblet figurent parmi les premiers soutiens. En novembre 2025, Sudinfo comptait 20 000 affiliés et plus d’un million de vues mensuelles sur les réseaux. En mai 2026, La DH faisait état de 40 000 utilisateurs, d’une implantation en Amérique du Nord pilotée par Laurent Ciman et sa femme Diana, et d’une présence en Europe et en Chine. Eden Hazard et Axel Witsel sont entrés au capital comme investisseurs et ambassadeurs. Dominique Monami complète un plateau qui mélange football, tennis, basket et handball.

Christel Cherain vend aussi un cadre moral. « Tolérance zéro » contre le racisme, le sexisme et l’homophobie, communauté « saine » pour que chacun puisse « croire en ses rêves ». Le discours séduit les anciens internationaux en reconversion, sensibles à une image propre après des années de notoriété brute. Il sert surtout à distinguer la start-up des réseaux généraux, où le sport n’est qu’un statut parmi d’autres. Opportunity Players ne veut pas être un Facebook de vestiaire. Elle veut être l’endroit où l’on poste sa vie sportive, pas sa vie privée.

Une ambition mondiale face à un marché déjà saturé

L’enquête révèle pourtant l’écart entre le récit et l’échelle. Quarante mille comptes, même dynamiques, restent modestes à côté des bases de données scouting déjà utilisées par les clubs professionnels. Wyscout, Transfermarkt, les CRM internes des fédérations et LinkedIn lui-même occupent déjà une partie du terrain. Recruter un cadre passé par Facebook et LinkedIn, comme l’annonce la DH, et viser pour 2027 une levée de deux millions d’euros plus un million d’utilisateurs, c’est avouer que la phase ambassadeurs ne suffit plus. Il faudra convertir l’audience en habitude, et l’habitude en revenus.

Cherain dit viser, à terme, une fondation. L’aveu est stratégique : la plateforme marchande précéderait un bras philanthropique, utile pour les sportifs éloignés des circuits. Entre-temps, le modèle reste payant pour des amateurs qui n’ont pas toujours les moyens d’un agent. C’est tout le pari liégeois. Soit Opportunity Players devient vraiment le tuyau manquant entre un lycéen belge, un campus américain et un club chinois. Soit elle reste une vitrine bien née, portée par Hazard et Witsel, dans un marché où être vu ne garantit toujours pas d’être recruté.

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Aimé Kaniki

Aimé Kaniki

Aimé Kaniki est un journaliste expert des médias, créateur et animateur de « L'Hebdo Médias », diffusée en direct chaque vendredi sur Beur FM. Rédacteur en chef d'Infomatin, il a également officié comme journaliste culture et médias pour le magazine Entrevue. Passionné de télévision et de radio, il suit de près l'évolution du paysage audiovisuel français. En dehors de l'antenne, ce mordu de sport voue une véritable passion au football et à la Formule 1.

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