Dean Schneider, le Suisse devenu une star mondiale auprès des lions
À 33 ans, Dean Schneider rassemble plusieurs dizaines de millions d’abonnés grâce à ses vidéos tournées auprès d’animaux sauvages en Afrique du Sud. Derrière les images spectaculaires de l’influenceur suisse se trouve un ancien entrepreneur de la finance qui a entièrement réorienté sa vie autour de la protection animale.
Né le 3 octobre 1992 à Zurich, Dean Schneider développe très jeune une passion pour les animaux, notamment sous l’influence de l’Australien Steve Irwin. Il choisit pourtant d’abord une carrière plus conventionnelle dans la finance. À seulement 21 ans, il fonde sa propre entreprise de planification financière, qu’il développe pendant plusieurs années avant de la céder.
De Zurich à l’Afrique du Sud
En 2017, Dean Schneider quitte la Suisse et s’installe en Afrique du Sud afin de concrétiser un projet longuement préparé. Il y fonde Hakuna Mipaka Oasis, un sanctuaire privé d’environ 400 hectares accueillant notamment des lions, des guépards, des hyènes, des singes et différentes espèces d’antilopes. Son nom signifie « sans limites » en swahili.
Le site n’est pas ouvert aux touristes et son emplacement précis demeure confidentiel pour protéger les animaux. Certains pensionnaires y bénéficient d’une prise en charge permanente lorsqu’un retour dans leur milieu naturel n’est plus possible. La structure mène également des actions de sensibilisation et prend en charge les dépenses liées à la nourriture, aux soins vétérinaires, à la sécurité et à l’entretien des installations.
Des millions d’abonnés fascinés par ses vidéos
La notoriété de Dean Schneider repose principalement sur des séquences montrant sa proximité impressionnante avec les animaux. On le voit courir avec des lions, jouer avec une hyène ou expliquer les comportements d’espèces souvent considérées comme dangereuses. Il présente ces interactions comme le résultat d’une relation patiemment construite et non comme une domestication.
Son compte Instagram dépasse désormais les 12 millions d’abonnés, tandis que sa chaîne YouTube en rassemble plus de 11 millions. TikTok complète ce dispositif numérique mondial. Dean Schneider affirme utiliser cette audience pour « faire entrer les animaux dans le cœur des gens », estimant que les humains protègent plus volontiers ce qu’ils apprennent à connaître et à aimer.
Une communication spectaculaire qui interroge
Cette mise en scène de la proximité avec des prédateurs lui vaut néanmoins certaines critiques. Des spécialistes rappellent que les contacts directs entre humains et animaux sauvages peuvent banaliser leur dangerosité ou encourager d’autres structures à transformer la conservation en attraction. Dean Schneider assure pour sa part que son sanctuaire n’organise aucune interaction touristique.
En 2020, une vidéo dans laquelle il semblait frapper un jeune lion après avoir été griffé avait provoqué une importante polémique et suscité l’intervention de la NSPCA, l’organisme sud-africain chargé de la protection animale. Son entourage avait soutenu qu’il avait uniquement posé une limite à l’animal sans employer une force excessive. L’épisode a durablement alimenté le débat sur ses méthodes, sans toutefois entraîner de condamnation connue.
Un influenceur devenu une véritable marque
Dean Schneider ne se présente plus seulement comme un créateur de contenus. Autour de son nom se sont développés une fondation, des partenariats commerciaux et différents projets destinés à financer Hakuna Mipaka. Son site officiel affirme que les dons versés à la fondation sont entièrement consacrés aux animaux, sans financer les voyages, le marketing ou la production des vidéos.
Son parcours illustre la transformation du militantisme animalier à l’ère des réseaux sociaux. Grâce à des images émotionnelles et immédiatement reconnaissables, le Suisse a construit une communauté comparable à celle de grandes vedettes internationales. Cette popularité lui confère une force exceptionnelle pour sensibiliser le public, mais aussi une responsabilité accrue : démontrer que le spectacle numérique reste réellement compatible avec le respect des animaux sauvages.
Éléonore kervadec
Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.
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