France Inter : Charles Sapin dénonce une « minorité radicalisée » après son départ de la station
Près d’un mois après avoir quitté France Inter, Charles Sapin revient pour la première fois en détail sur la polémique qui avait accompagné son arrivée puis son départ de la station publique. Invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL ce mercredi 14 octobre, le directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles assure avoir reçu de nombreux soutiens en interne et accuse une « minorité radicalisée » d’avoir fait échouer son éditorial politique dominical.
Recruté à la rentrée pour intervenir chaque dimanche matin dans la matinale de France Inter, Charles Sapin n’a finalement tenu que deux éditoriaux. Son arrivée avait déclenché une forte opposition chez certains salariés de Radio France, plusieurs d’entre eux estimant que la ligne éditoriale de Valeurs actuelles était incompatible avec les valeurs du service public. Une grève avait même été envisagée avant que la direction ne cherche une solution de compromis.
Sur RTL, Charles Sapin affirme toutefois que cette opposition ne représentait pas, selon lui, l’ensemble de la rédaction. « J’ai reçu énormément de messages de soutien de journalistes de Radio France, y compris de France Inter », assure-t-il. Il estime que la contestation provenait surtout d’« une minorité radicalisée », composée selon ses termes de « syndicalistes professionnels » et de « grognons ».
Charles Sapin critique directement la direction de France Inter
Le journaliste défend également le projet initial de la station, qui consistait à réunir plusieurs sensibilités politiques dans la grille. Il rappelle que sa chronique ne durait que 150 secondes chaque dimanche matin et estime qu’elle avait été transformée en symbole par ses opposants. Selon lui, France Inter cherchait au départ à créer un espace où différentes sensibilités pouvaient cohabiter dans un contexte politique particulièrement polarisé.
La direction avait finalement proposé de transformer son éditorial en débat contradictoire. Charles Sapin dit ne pas avoir rejeté le principe du débat en lui-même. « Moi, le débat, je l’ai chevillé au corps. J’adore débattre », affirme-t-il. Mais il explique avoir refusé cette nouvelle formule parce qu’elle intervenait, selon lui, après une remise en cause d’un format pourtant validé initialement par la direction.
« Ils n’ont pas la main sur la rédaction »
C’est surtout sur la gouvernance interne de France Inter que Charles Sapin se montre le plus sévère. « À partir du moment où la direction de France Inter valide une proposition de chronique qu’ils n’arrivent pas à imposer à leurs équipes, ça veut dire qu’ils n’ont pas la main sur la rédaction », estime-t-il.
Il ajoute qu’il ne pouvait pas poursuivre dans ces conditions : « Je ne peux pas m’engager avec une rédaction qui ne tient pas parole et n’a pas la main sur ses troupes. » Une critique directe de la capacité de la direction à faire respecter ses propres choix éditoriaux.
Le départ de Charles Sapin avait cristallisé un débat plus large sur le pluralisme à Radio France et sur la place de sensibilités éditoriales très éloignées de celles historiquement associées à France Inter. Son témoignage ne clôt pas cette polémique, mais il en livre désormais une version clairement assumée : celle d’un recrutement validé au sommet, puis empêché selon lui par une contestation interne suffisamment forte pour faire reculer la direction.



