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« Le Parisien » double son déficit avec 71,3 millions d’euros de pertes

Par Noé Tifault Publié le 18 Août 2026 à 11h00 4 min de lecture
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« Le Parisien » double son déficit avec 71,3 millions d’euros de pertes
« Le Parisien » double son déficit avec 71,3 millions d’euros de pertes

Le quotidien « Le Parisien – Aujourd’hui en France » a enregistré une perte nette record de 71,3 millions d’euros en 2025, selon les chiffres révélés par « L’Informé ». Malgré une recapitalisation de 150 millions d’euros par LVMH et plusieurs mesures d’économies, la situation financière du titre continue de se dégrader.

Une perte nette presque doublée en un an

La situation financière du « Parisien » s’est fortement détériorée en 2025. Le quotidien a enregistré une perte nette de 71,3 millions d’euros, contre 38,4 millions en 2024. Son déficit a ainsi progressé de près de 86 % en un an, atteignant un niveau inédit pour le journal détenu par LVMH depuis 2015.

La perte d’exploitation s’est également creusée de 48 %, pour atteindre 50,7 millions d’euros. Le coût exceptionnel du plan de restructuration, évalué à 11,5 millions d’euros, a aggravé le résultat annuel, mais ne suffit pas à expliquer l’ensemble du déficit. Les difficultés apparaissent donc largement structurelles et liées au fonctionnement courant du titre.

Un chiffre d’affaires en baisse de 9,6 %

Le chiffre d’affaires du « Parisien » a reculé de 9,6 %, passant de 147,7 millions d’euros en 2024 à 134,7 millions d’euros en 2025. La comparaison sur dix ans illustre l’ampleur de l’érosion : en 2016, les revenus du quotidien dépassaient encore 205 millions d’euros. Plus d’un tiers de l’activité du titre a donc disparu en une décennie.

Les ventes en kiosque ont chuté de 16,7 %, pour atteindre une moyenne quotidienne de 24 275 exemplaires. La diffusion numérique a progressé de 5,58 %, à 100 298 exemplaires en moyenne, mais cette croissance reste insuffisante pour compenser le recul du papier. Le titre stagne parallèlement autour de 110 000 abonnés numériques, encore loin de l’objectif de 200 000 fixé plusieurs années auparavant.

Les économies ne produisent pas encore leurs effets

La direction avait pourtant engagé une réorganisation destinée à moderniser la rédaction et à accélérer sa transition numérique. Deux plans de départs volontaires ont été lancés, tandis que les effectifs sont passés de 459 à 430 salariés. Malgré cette diminution, les dépenses ont augmenté de 4,88 millions d’euros en 2025, selon les éléments rapportés par « L’Informé ».

D’autres mesures ont depuis été décidées : limitation des embauches, réduction des notes de frais et préparation du déménagement des équipes parisiennes vers Puteaux en 2027. En juin 2026, la direction du groupe Les Échos-Le Parisien a également annoncé un projet de suppression de 61 postes dans différentes fonctions, en épargnant provisoirement les rédactions. La nouvelle dirigeante, Michèle Benbunan, affirme vouloir adapter la structure de coûts à la baisse des revenus.

LVMH contraint de renflouer à nouveau le titre

LVMH avait déjà recapitalisé « Le Parisien » à hauteur de 150 millions d’euros à la fin de 2025, afin de reconstituer ses fonds propres et d’éviter une situation juridique critique. Depuis son rachat par Bernard Arnault, le quotidien a bénéficié de plusieurs injections financières, dont plus de 80 millions d’euros en 2018 et 65 millions en 2022. Les nouvelles pertes pourraient obliger l’actionnaire à intervenir de nouveau.

Cette dépendance financière relance les interrogations sur l’avenir du titre. En 2025, l’hypothèse d’une vente à Vincent Bolloré avait provoqué une grève et une vive réaction de la Société des journalistes et des syndicats, inquiets pour l’indépendance éditoriale du quotidien. La recapitalisation de LVMH avait temporairement éloigné ce scénario. Avec une perte nette de 71,3 millions d’euros, « Le Parisien » doit désormais démontrer que sa réorganisation éditoriale et numérique peut enrayer durablement l’érosion de ses revenus.

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Noé Tifault

Noé Tifault

Noé Tifault est journaliste pour TVMag.info, le média qui décrypte les médias. Ayant débuté dans l'actualité internationale, il a collaboré avec Opinion Internationale et le magazine Entrevue avant de rejoindre la rédaction. Passionné de podcasts, il suit de près l'évolution des nouveaux formats audio et l'actualité du paysage médiatique français.

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