RMC BFM : CMA Média aurait déprécié près de 500 millions d’euros de valeur après le rachat
Moins de deux ans après le rachat de RMC BFM par CMA CGM, la valeur du groupe audiovisuel aurait fortement reculé. Selon des informations publiées par L’Informé, les actifs de RMC BFM ont fait l’objet d’une dépréciation de 464 millions d’euros dans les comptes de CMA Média. La valeur des actifs serait ainsi passée de 1,2 milliard d’euros à 730,4 millions d’euros à la fin de l’exercice 2025, hors emprunts ayant servi à financer l’acquisition.
Cette dépréciation intervient alors que CMA CGM avait finalisé en juillet 2024 le rachat d’Altice Média, devenu depuis RMC BFM, pour un montant de 1,55 à 1,57 milliard d’euros selon les modalités de l’opération.
Une accumulation de difficultés depuis le changement d’actionnaire
Plusieurs facteurs expliqueraient cette baisse de valorisation. D’abord, le coût des nombreux départs intervenus après le changement de propriétaire, facilité par les clauses de cession dont bénéficiaient les salariés. À cela s’ajoute la perte du leadership de BFMTV sur le marché des chaînes d’information en continu, désormais devancée par CNews depuis la fin de l’année 2024.
Le ralentissement du marché publicitaire télévisé en 2025 a également pesé sur les performances du groupe. Dans ce contexte, CMA Média a engagé un vaste plan d’économies comprenant une cinquantaine de départs volontaires, la mise en vente des neuf chaînes locales BFM Régions ainsi que plusieurs réorganisations au sein de La Tribune et de La Provence.
Un redressement désormais prioritaire
Lors de sa prise de fonctions, la directrice générale de CMA Média, Claire Léost, affichait l’ambition de remettre rapidement le groupe sur une trajectoire de croissance. Désormais, la priorité semble davantage porter sur le redressement financier et la maîtrise des coûts, dans un contexte de forte pression sur les revenus publicitaires.
Ces informations n’ont toutefois pas été officiellement commentées par CMA Média ni par RMC BFM. Une dépréciation comptable de cette nature ne signifie pas nécessairement une perte de trésorerie équivalente, mais traduit la révision à la baisse de la valeur estimée des actifs du groupe au regard de ses perspectives économiques.
Éléonore kervadec
Éleonore Kervadec est journaliste de formation et spécialiste de la communication. Après plusieurs années au sein de directions de la communication de sociétés de production audiovisuelle, elle s’est imposée comme une experte des stratégies d’image, des relations publiques et de la valorisation de contenus médiatiques.
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