Maroc : le journaliste Ali Lmrabet remis en liberté, l’enquête se poursuit
Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a été remis en liberté ce mercredi 15 juillet après avoir été présenté au procureur du Roi près le tribunal de Casablanca. Le parquet a décidé de ne pas ordonner son placement en détention à ce stade de la procédure, tout en maintenant ouverte l’enquête déclenchée à la suite de plusieurs plaintes pour diffamation déposées à son encontre.
Âgé de 66 ans, Ali Lmrabet avait été interpellé dimanche à son arrivée à l’aéroport de Tanger, où il revenait après plusieurs années passées en Espagne. Figure historique de la presse indépendante marocaine, il vit en exil depuis de nombreuses années et demeure l’une des voix les plus critiques à l’égard des autorités marocaines.
Une enquête toujours en cours
Selon les autorités judiciaires, les investigations se poursuivent afin de déterminer si les faits reprochés au journaliste sont susceptibles de donner lieu à des poursuites devant les juridictions compétentes. Aucune décision n’a encore été prise quant à une éventuelle mise en examen ou à un renvoi devant un tribunal.
L’interpellation d’Ali Lmrabet avait suscité de nombreuses réactions d’organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse. Plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières (RSF), avaient exprimé leur inquiétude face à cette nouvelle procédure visant un journaliste connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir marocain.
Une figure de la presse indépendante
Ali Lmrabet s’est imposé au début des années 2000 comme l’un des principaux représentants du journalisme indépendant au Maroc. Fondateur des hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, il a été condamné en 2003 pour « outrage au roi » avant d’être gracié en 2004. Il avait ensuite été interdit d’exercer le journalisme au Maroc pendant dix ans, entre 2005 et 2015, à la suite d’une condamnation pour diffamation liée à des déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf.
Son retour sur le territoire marocain, après plusieurs années d’absence, a immédiatement attiré l’attention des autorités. Son arrestation puis sa remise en liberté ravivent le débat sur la situation de la liberté de la presse au Maroc, régulièrement pointée du doigt par les organisations internationales de défense des journalistes.
Les ONG restent mobilisées
Si Ali Lmrabet est désormais libre de ses mouvements, son dossier est loin d’être clos. Les organisations de défense des droits humains suivent attentivement l’évolution de la procédure et appellent les autorités marocaines à garantir le respect des droits de la défense ainsi que les principes d’un procès équitable, dans le respect de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.
La décision finale dépendra désormais des conclusions de l’enquête menée par le parquet, qui devra déterminer si les accusations de diffamation justifient ou non l’ouverture de poursuites judiciaires.
La rédaction
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