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Radio France : le plafond publicitaire fixé à 70 millions d’euros provoque la colère des radios privées

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Radio France : le plafond publicitaire fixé à 70 millions d’euros provoque la colère des radios privées
Radio France : le plafond publicitaire fixé à 70 millions d’euros provoque la colère des radios privées

Le nouveau plafond publicitaire de Radio France met le feu aux poudres. Un décret publié au Journal officiel fixe désormais à 70 millions d’euros par an le montant maximal des recettes publicitaires du groupe public, sans distinguer les revenus issus du numérique de ceux provenant de la diffusion linéaire. Une décision vivement contestée par l’Alliance de la Radio, qui dénonce un « passage en force » et envisage plusieurs voies de recours.

L’organisation, qui représente les principales radios privées françaises, reconnaît toutefois un point positif : l’ensemble des recettes publicitaires de Radio France, y compris numériques, entre désormais dans le calcul du plafond. Mais elle juge le niveau retenu beaucoup trop élevé. Selon ses chiffres, Radio France avait généré 66,6 millions d’euros de recettes publicitaires en 2025, tout en bénéficiant d’une dotation publique de 652,1 millions d’euros.

L’Alliance dénonce un avantage concurrentiel

Le principal grief concerne l’absence de sous-plafonds entre le linéaire et le numérique. L’Alliance de la Radio souhaitait une limite globale de 52 millions d’euros, composée de 42 millions pour la publicité linéaire et de 10 millions pour le numérique. Elle estime que le dispositif adopté laisse trop de latitude à Radio France sur le marché publicitaire, notamment sur le digital, où le groupe aurait capté près de 40 % du segment radio en 2025.

L’organisation reproche également au gouvernement de ne pas avoir suivi les recommandations de l’Arcom, qui préconisait justement une séparation des plafonds entre les différents supports. Pour l’Alliance, cette distinction aurait permis de mieux encadrer la présence commerciale du service public et de limiter les effets de concurrence sur les groupes privés.

« Le Gouvernement avait le choix »

La présidente de l’Alliance de la Radio, Constance Benqué, a vivement réagi à la publication du décret. « Le Gouvernement avait le choix : écouter l’Arcom ou servir les intérêts commerciaux de Radio France », estime-t-elle. L’organisation réclame désormais une révision immédiate du plafond, ainsi que la mise en place des sous-plafonds de 42 millions d’euros pour le linéaire et 10 millions pour le numérique.

Elle demande aussi le rétablissement d’un contrôle trimestriel du temps publicitaire. L’objectif affiché est de renforcer la transparence et de suivre plus précisément la progression des recettes commerciales du groupe public au cours de l’année.

Un nouveau front entre Radio France et les groupes privés

Ce dossier s’ajoute à un autre sujet de tension entre le service public et les radios privées : le redéploiement de certaines fréquences FM au profit de France Info. Cette décision est déjà contestée devant le Conseil d’État.

Avec ce nouveau décret, le conflit entre Radio France et ses concurrents privés change donc de dimension. L’enjeu ne porte plus seulement sur les fréquences ou les audiences, mais aussi sur le financement publicitaire du groupe public et sur l’équilibre économique global du marché radiophonique français.

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