Sud Ouest entre en négociations exclusives avec Rossel pour son rachat
Le groupe belge Rossel, déjà propriétaire de plusieurs titres régionaux français dont La Voix du Nord, négocie le rachat du groupe Sud Ouest. Estimée à une centaine de millions d’euros, l’opération donnerait naissance au troisième acteur de la presse quotidienne régionale en France.
La famille Lemoîne s’apprête à tourner une page historique. Actionnaire à environ 80 % du groupe Sud Ouest, elle est entrée en négociations exclusives avec Rossel France en vue de céder la maison mère du quotidien bordelais. L’opération pourrait être finalisée avant la fin de l’année 2026, après la consultation des représentants du personnel et l’obtention des autorisations nécessaires.
Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, le rachat atteindrait une centaine de millions d’euros. Le nouvel ensemble afficherait un chiffre d’affaires cumulé supérieur à 400 millions d’euros et deviendrait le troisième groupe français de presse régionale, derrière SIPA-Ouest-France et EBRA, propriétaire notamment du Progrès, du Dauphiné libéré et des Dernières Nouvelles d’Alsace.
Les syndicats attendent des garanties sur l’emploi
Le groupe Sud Ouest emploie environ 700 salariés, dont 230 journalistes. Son quotidien principal était encore diffusé à 164 000 exemplaires par jour en 2025, selon l’ACPM. L’entreprise possède également Charente Libre, La République des Pyrénées, la société événementielle Côte Ouest et le producteur audiovisuel Écrans du Monde.
Après plusieurs restructurations et 81 départs enregistrés en 2024, un nouveau plan prévoit une cinquantaine de départs volontaires ou de non-remplacements d’ici à 2028. Le SNJ demande donc au potentiel repreneur de suspendre les suppressions de postes et de présenter un projet de réinvestissement dans les rédactions. Le syndicat accueille néanmoins plus favorablement l’intérêt de Rossel que celui d’autres groupes précédemment évoqués, tout en assurant qu’il jugera le repreneur sur ses décisions concrètes.
Une alliance pour atteindre une taille critique
Pour la famille fondatrice, cette cession représente une « décision lourde », adoptée à l’unanimité par la cinquantaine d’actionnaires. Tristan Lemoîne, vice-président du conseil d’administration, présente Rossel comme un groupe familial solide, attaché à des valeurs communes et respectueux de l’indépendance éditoriale de ses publications.
Rossel emploie déjà 1 700 personnes en France et possède notamment La Voix du Nord, Le Courrier picard et L’Union-L’Ardennais. L’acquisition de Sud Ouest porterait la part française à près de la moitié de son chiffre d’affaires. Les deux groupes mettent en avant la possibilité de mutualiser leurs moyens et leurs expertises, notamment pour financer la transformation numérique, investir dans l’intelligence artificielle et mieux protéger les contenus journalistiques.
La rédaction
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